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Par Myriam Levain

Pour la génération Y, il y aura un avant et un après 2015

© Capucine Bailly pour Cheek Magazine
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Il y a des années qui restent dans les livres d’histoire et 2015 en fera indubitablement partie. Dans 30 ans, des étudiants plancheront certainement en dissertation sur nos douze derniers mois, comme nous avons planché avant eux sur l’année 1936 ou l’année 1968. Et s’il leur sera alors possible d’analyser avec du recul l’enchaînement des évènements merdiques qui ont ponctué notre année, pour l’heure, nous, on a juste hâte d’en terminer et de passer le plus rapidement possible à 2016. Un peu comme lorsqu’un lendemain de cuite particulièrement difficile, on se couche à 20h, en se disant que demain est un autre jour.

Le problème, c’est qu’on a beau s’accrocher très fort à l’idée que le 1er janvier 2016, tout sera différent, on sait très bien que les perspectives ne seront pas plus réjouissantes simplement parce qu’on aura changé de calendrier sur le mur du bureau. Les risques d’attentats seront toujours aussi élevés, tout comme le pourcentage d’électeurs du Front national. Sans oublier le taux de chômage qui ne baisse pas, et la température de la planète qui continue de grimper. Bref, le 31 décembre, il n’y aura pas vraiment de quoi sortir le champagne. Et surtout, il n’y aura pas encore de réponses à toutes les questions que 2015 a soulevées.

Dans un pays frappé par le désinvestissement du militantisme classique, quelles seront nos réponses?

Si les attentats de janvier avaient ouvert une plaie dans notre conception du vivre-ensemble à la française, ceux de novembre ont suscité un traumatisme qui va nous marquer longtemps. Ont-ils créé une génération Bataclan? Ils en ont sans doute créé plusieurs, et la jeunesse parisienne, clairement visée dans les attaques, est particulièrement sous le choc. Déjà, sur les terrasses à nouveau bondées, on entend que “rien ne sera plus comme avant”, que les adulescents sont devenus adultes, qu’une nouvelle guerre commence en France.

La jeunesse a envie de s’engager, oui mais comment? Dans un pays frappé par le désinvestissement du militantisme classique, quelles seront nos réponses? La COP21 a montré que même avec des moyens d’expression limités, la créativité avait toujours réponse à tout: on ne pourrait pas manifester pour cause d’état d’urgence? On afficherait la protestation symboliquement, via des milliers de chaussures immortalisées dans les médias de la planète entière. Et on rappellerait au monde par la même occasion que, oui, notre génération est capable de se bouger.

On sait, nous, qu’il y aura un avant et un après pour notre génération, même si elle est loin de parler d’une seule voix.

D’ailleurs, souvenez-vous, quelques mois plus tôt dans cette année pourrie, quand la photo du petit Aylan a produit le choc que l’on connaît dans les consciences, les réponses ont été nombreuses. Déjà, le pays commençait à sortir d’une certaine torpeur individualiste, qui a volé en éclats le soir du 13 novembre, lorsque la panique des attentats a réuni des victimes et des riverains, des rescapés et des flics, nous forçant à nous interroger sur le sens qu’on veut donner à ce mot: solidarité. Et si les critiques envers la jeunesse n’ont pas tardé à réapparaître après les attentats, on sait, nous, qu’il y aura un avant et un après pour notre génération, même si elle est loin de parler d’une seule voix, les élections régionales viennent de nous le rappeler.

Certes, l’avenir ne nous a jamais semblé aussi sombre, mais on réalise désormais qu’on va tous avoir un rôle à jouer pour réparer notre pays cassé. Nos voisins espagnols le font, pourquoi pas nous? La génération Y prouve régulièrement qu’elle est pleine de ressources -encore trop peu valorisées par ses aînés-, il n’y a aucune raison qu’elle se dérobe face à l’urgence apparue en 2015 en France. Faisons-lui confiance pour réagir. Là, elle sort à peine d’une gueule de bois monumentale -voire est encore en pleine descente- amorcée un 7 janvier, et toujours pas achevée un 13 décembre.

Difficile de prévoir quand on apercevra la lumière au bout du tunnel qu’a constitué cette année merdique mais, avouons-le, on va quand même être très contents de passer à 2016.


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© Capucine Bailly pour Cheek Magazine

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