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Par Béatrice Moulin et Clara Deletraz

Pourquoi le futur du travail s'écrit au féminin

Béatrice Moulin et Clara Deletraz © Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine
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En 2016, les femmes sont toujours victimes de fortes inégalités au boulot. Pourtant, la vague de changements qui déferle sur le marché du travail semble annoncer une nouvelle ère. Et cette fois, le futur du travail pourrait bien être féminin!

 

It’s a man’s world

Alors bien sûr, pour le moment, les chiffres ne vont pas dans ce sens et les hommes occupent encore la plupart des postes de pouvoir, dans tous les domaines. En politique, il n’y a que deux femmes chefs d’État au sein du G20. À la tête des grandes entreprises, seule une femme est PDG d’un groupe du CAC40. Et même le monde de l’entrepreneuriat n’échappe pas à la règle puisque 70% des entrepreneurs sont des hommes. Alors que les femmes sont en moyenne plus diplômées que les hommes, les écarts de salaire -en leur défaveur!- restent énormes (20% d’écart en moyenne, à compétences égales) et ne se réduisent que très lentement. À ce rythme, il faudrait attendre 118 ans pour atteindre la parité dans le monde.

“Même si les mentalités évoluent, on pardonne encore rarement aux femmes d’afficher clairement leur ambition.”

Mais, pire que les chiffres, il y a notre imaginaire collectif. Le succès au travail est encore aujourd’hui associé quasi-exclusivement à des valeurs dites “masculines”: le pouvoir, l’autorité, la compétition, l’action… Ce qui a longtemps obligé les femmes à adopter des codes masculins pour s’imposer dans ce monde d’hommes. Et, même si les mentalités évoluent, on pardonne encore rarement aux femmes d’afficher clairement leur ambition, comme le prouvent les récentes polémiques autour de Marissa Meyer, PDG de Yahoo, attaquée dès son arrivée à la tête du portail Web en 2012.

 

Work as we know it is dead

Mais aujourd’hui, ce monde du travail créé par les hommes pour les hommes, à l’ère industrielle, est à bout de souffle. Nous sommes de plus en plus nombreux à avoir envie d’autre chose: 91% des salariés, hommes et femmes confondus, se disent “désengagés” dans leur travail. Ils ont de nouvelles aspirations et rejettent ces valeurs dites “masculines”. Ils sont en quête de sens, d’émotion, de coopération, d’épanouissement et d’équilibre entre vie privée et vie professionnelle… Bref des valeurs culturellement plutôt féminines! À chaque époque, sa compétence-clef, et comme le résume parfaitement le chroniqueur tech Dov Seidman: “Nous sommes passés d’une économie industrielle -où l’on embauchait des bras-  à une économie de la connaissance -où l’on embauchait des têtes- et maintenant une économie humaine -où l’on embauche des cœurs.

“On a plus que jamais besoin de cœur, c’est-à-dire de compétences telles que l’empathie, le relationnel, la créativité,  la coopération.”

Les ordinateurs remplacent de plus en plus nos cerveaux pour les tâches techniques et analytiques (planifier, analyser, calculer, classer). En revanche, on a plus que jamais besoin de “cœur”, c’est-à-dire de compétences telles que l’empathie, le relationnel, la créativité,  la coopération, la capacité à naviguer en environnement incertain et faire plusieurs choses en même temps; des qualités souvent associées au féminin. Bref, dans un monde du travail en pleine recomposition, les femmes pourraient bien être cette fois les mieux placées pour profiter pleinement de toutes ces transformations.

 

Who runs the world… Girls?

La transition est d’ailleurs bien en marche et les chiffres en témoignent. Si les jobs de transaction et de production sont en déclin, les industries basées sur “l’interaction sociale” sont aujourd’hui en pleine croissance: aux États-Unis, la part de l’éducation et de la santé dans l’emploi global a plus que doublé tandis que celle des loisirs et de l’hospitalité a augmenté de 50%. Or, les femmes sont plutôt surreprésentées dans ces professions: en France, 97 % des aides à domicile et des secrétaires, 90 % des aides-soignants ou encore 66 % des enseignants sont des femmes.

L’ère du “switch” serait donc celle d’une économie plus humaine qui valorise les qualités du “féminin”. Une bonne nouvelle qui devrait pousser les femmes à assumer leur féminité et affirmer leur singularité. Ce n’est que par cette réappropriation identitaire, qui rend obsolète la guerre entre les sexes, qu’elles pourront sortir d’une dualité forcément mutilante. L’opportunité est là, aux femmes de la saisir.


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