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Par Caroline Langlois

Décrocher un boulot enceinte: mission impossible?


Je suis journaliste, j’ai 31 ans, et je suis enceinte de quatre mois. Autant vous dire que dans ma branche -qui compte de plus en plus de précaires*- on n’attend pas d’avoir décroché un CDI (c’est-à-dire que les poules aient des dents) pour fonder une famille. Lorsque je suis tombée enceinte, j’avais donc conscience que j’aurais besoin que mon meilleur ami depuis six ans, Paul (Emploi), me soutienne dans cette nouvelle aventure.

Fort heureusement (parce que je n’aime pas m’acoquiner trop souvent avec mon ami Paul), une consœur m’a parlé d’un job dont la description de poste me convenait parfaitement. Et le fait que je sois enceinte ne semblait pas poser de problème. Mieux! Ils avaient désespérément besoin d’une journaliste dotée de mon expérience, et j’étais la seule candidate en lice! “Waouh, pensais-je, il n’est donc pas impossible de décrocher un emploi avec un polichinelle dans le tiroir!” Mais c’était ce qu’on appelle chez moi mettre la peau de l’ours avant les bœufs…

“Vu ta situation, personne d’autre ne va te proposer de boulot.”

En dehors de la description du poste, je ne savais pas grand-chose des modalités du contrat. Si ce n’est que l’employeur souhaitait que je facture chaque mois mes prestations plutôt que de me payer en salaire. Je ne vais pas rentrer dans les détails, mais pour faire court, journalisme et entreprenariat ne sont pas légalement compatibles, et il m’est donc absolument impossible de “facturer” mon travail. Premier os (D’ours. Ou de bœuf. Je m’y perds).

Mais monsieur l’employeur n’en démordait pas. Hors de question, pour lui, de payer des cotisations salariales trop élevées (non mais il ne manquerait plus que les employés réclament des congés payés, c’te blague!). Il acceptait donc, grand prince, de me faire un contrat, à condition que j’accepte un salaire (très) en dessous de mes prétentions. “Et je serais toi (oui, dans la grande famille des médias, on se tutoie beaucoup), j’accepterais ma proposition car vu ta ‘situation’ -regard vers mon ventre- personne d’autre ne va te proposer de boulot”. Gloups. je ravalais mon envie de, au choix: lui mettre ma main dans la gueule/lui cracher sur les chaussures, et je réclamais 24 heures de réflexion.

Dans l’inconscient collectif (y compris dans le mien), une femme enceinte, c’est un boulet pour un employeur.

Pour tout dire, je n’ai pas réfléchi longtemps. J’ai besoin de travailler, certes, mais j’ai aussi trop d’estime pour mon boulot pour accepter de me brader ainsi. J’ai donc fini par décliner sa malhonnête proposition. Il n’empêche que ce très mauvais deal, je l’ai tout de même envisagé. Car il faut être clair, dans l’inconscient collectif (y compris dans le mien), une femme enceinte, c’est un boulet pour un employeur.

À ce stade, petit rappel de la loi.  Le code du travail précise que:

– L’employeur ne peut vous refuser un emploi à cause de votre état de grossesse (mais dans les faits, comment prouver qu’on vous refuse un poste pour cette raison?)

– Vous n’êtes pas tenue de déclarer votre grossesse lors d’un entretien d’embauche (vous vous voyez, vous, passer cette “ info” sous silence? Imaginez la tête de votre employeur si vous lui annoncez, une fois le contrat signé, que vous êtes enceinte! Selon moi, commencer un boulot par un aussi gros mensonge -par omission, certes- c’est carrément malhonnête).

– Enfin, votre grossesse ne peut être la cause de l’interruption de votre période d’essai (mais fort heureusement pour l’employeur, il y a des milliards d’autres raisons valables pour rompre une période d’essai).

Selon les textes, vous êtes donc tranquille. La réalité, je l’ai apprise à mes dépens, est bien moins rose layette… Pourtant, suis-je moins performante parce que je suis enceinte? Durant la grossesse, mon expérience a-t-elle moins de valeur que celle d’un homme? Personnellement, je me sens en pleine capacité de mes moyens intellectuels. Et pour cause: pendant 9 mois, j’ai deux cerveaux!

* Le nombre de journalistes pigistes et en CDD augmente depuis 2010: en 2012, ils représentent 21,3% de l’ensemble des journalistes titulaires de la carte de presse, selon les chiffres de l’Observatoire des métiers de la Presse http://www.metiers-presse.org/pdf/1380185936.pdf. Mais c’est un autre (et vaste) sujet…


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