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Par Sophie Beaulieu

Pourquoi mon fils aura le droit de se déguiser en princesse

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Je fais partie de ces nombreux parents qui ont promené leur nouveau-né en poussette Yoyo et se sont un jour entendu dire: “Oh qu’elle est mignonne!” Alors que le bébé, la prunelle de mes yeux, est un garçon. Pourtant, il était habillé en bleu marine. J’aurais dû lui mettre un truc bleu, bleu. Pourtant, il a bien une tête de garçon, me dit ma mère. Mais pourquoi ai-je été un peu vexée? Parce qu’on nous demande, dès la naissance (et même avant) de bien distinguer les garçons et les filles. À l’éphémère vexation a alors succédé la prise de conscience: mon combat féministe se trouvait là, à la sortie des berceaux, et j’ai décidé de lutter contre les codes ultra genrés de la petite enfance. Un combat de chaque instant…

Entre 0 et 3 ans, les enfants n’ont aucun préjugé genré.

Mon fils est en crèche parentale. Les enfants, je les vois donc beaucoup. Et le constat est sans appel: un petit d’un an n’a PAS de prédisposition ni de préférence pour un garage à voiture ou une poussette à poupée. Garçons et filles dorlotent et bordent des bébés en plastique, crient tchoutchou en tirant des petits trains, aiment qu’on fasse des bulles ou qu’on leur fasse une couette dans les cheveux. Tous jouent à la dînette. Tous veulent le ballon. Tous rient et pleurent autant. Tous chipotent, chamaillent et ripostent de la même façon. Entre 0 et 3 ans, les enfants n’ont aucun préjugé genré.

Mais malheureusement, leurs goûts sont souvent déjà orientés…  Les stéréotypes liés au genre sont très ancrés dans les comportements, les réactions et le vocabulaire des adultes. Ils croient que les différences sont “innées”. Mais ne voient pas qu’ils influent sur elles. Regardez comme les petits garçons sont encouragés à taper dans un ballon. On les applaudit s’ils y arrivent, alors qu’on fait beaucoup moins attention si c’est une petite fille. Mais si la petite fille prend un balai, on le remarque, on rit, on l’encourage. Si c’est un garçon, on dira que “les enfants jouent avec n’importe quoi” ou bien qu’il est maniaque! On va offrir un camion poubelle à son fils parce qu’on a vu qu’il les montrait du doigt dans la rue. Alors que beaucoup de petits s’émerveillent devant ces engins qui sont très impressionnants pour n’importe quel enfant qui découvre le monde.

Les petites filles ont le droit de vouloir être des super héros.

La phrase “c’est bien un truc de garçon” est la plupart du temps mal utilisée, liée aux stéréotypes casse-cou qu’on associe au sexe masculin. Les petites filles, elles, seraient toujours “plus calmes”, comme on l’entend souvent. Mais pas du tout! Elles sautent, tapent et mordent autant, quand certains petits garçons restent assis à feuilleter un livre pendant de longues minutes.

Super U a lancé une campagne de jouets non genrés, bravo! Il faut continuer. Les petites filles ont le droit de vouloir être des super héros. Les vêtements roses et bleus, les fleurs contre les bolides sur les bodys sont autant de codes que les enfants enregistrent comme étant leur univers, leur identité. Le monde commercial veut à tout prix distinguer les sexes et leur assigne des jeux et des couleurs.  Même les sites de vente en ligne branchés et dont la sélection de vêtements est plutôt mixte continuent de séparer les catégories garçons et filles. Pour les enfants de 0 à 3 ans, il faudrait pourtant les réunir. Il s’agit de leur donner un maximum de chances de se choisir, de pouvoir aimer des trucs de garçon / fille sans être taxés de bizarre, d’efféminé ou de garçon manqué.

D’ailleurs, ce qui devrait toujours motiver nos choix de vêtements pour nos bambins, c’est le confort. Une petite fille en jupe sera désavantagée par rapport à un garçon si elle veut grimper, sauter et se rouler par terre. La célèbre pédagogue Maria Montessori prônait les vêtements qui facilitent le développement de la liberté et de l’indépendance. Tous en legging alors! Donnons-leur la même liberté de mouvement et d’exploration!

Élever mon fils de deux ans me convainc que c’est avant tout la personnalité et non le sexe qui distingue un enfant d’un autre.

Les mots qu’on choisit trahissent aussi nos codes ultra-genrés d’adultes. Les compliments ou les critiques que l’on adresse à une petite fille sont plus systématiquement liées à son physique alors qu’on évoque une attitude, un trait de caractère chez le garçon. Par exemple, on trouvera dommage qu’une petite fille peu souriante ne soit pas “gracieuse” (c’est bien connu, une fille doit sourire) mais dommage qu’un petit garçon ne soit pas “sympathique” dans le même cas. On surnomme le petit garçon “petit gars”, et la fille “ma poupée”…

Attention, je ne dis pas qu’il ne faut pas les différencier. Je ne parle pas d’éducation dégenrée ou neutre (où le sexe de l’enfant n’est pas dévoilé par les parents) dont l’aspect expérimental m’effraierait. Mais élever mon fils de deux ans me convainc que c’est avant tout la personnalité et non le sexe qui distingue un enfant d’un autre. Un petit enfant est une éponge, il enregistre tout. Avoir des parents conscients des stéréotypes de genre, qui essayent de ne pas influencer ses goûts et ses comportements, est pour lui un pas vers la culture de l’égalité.

Apprenez à n’en avoir rien à faire que votre pépite soit confondue avec l’autre sexe.

Sollicitez votre enfant autant pour jouer au ballon, se coiffer, border son doudou, que pour lancer une machine à laver, passer l’éponge ou faire couler le bain. Tous les enfants aiment être impliqués. Mais si les garçons voient constamment leur mère s’affairer seule dans la maison, sans être invités à participer, ils n’ont aucune chance de faire autrement quand ils seront adultes.

Lisez (entre autres) les histoires de Lou et Mouf par Jeanne Ashbé, avec enfant et doudou non genrés! Évitez les livres où les animaux femelles ont l’air maquillés avec de longs cils, les dessins animés où la maman est en permanence en cuisine (il y en a beaucoup), évitez la télé en général… Habillez- les colorés et mixtes en Tootsa Macginty. Et surtout apprenez à n’en avoir rien à faire que votre pépite soit confondue avec l’autre sexe. Un jour viendra où elle ou il voudra se déguiser en princesse, et pourquoi pas?


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