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Par Les Pauline

Je suis une fille et je voyage seule

Les Pauline à Montréal, Canada, DR
Les Pauline à Montréal, Canada, DR

Les Pauline à Montréal, Canada, DR


Je m’appelle Pauline, tout comme mon amie d’enfance, Pauline, avec qui j’ai monté le blog Les Pauline où l’on partage nos expériences de voyage à travers le monde depuis trois ans. Et bien qu’on adore partir à deux en mode girlsquad, on fait aussi partie de ces filles qui “osent” partir en solo: oser se découvrir, oser aller vers les autres, oser se retrouver avec soi-même, oser ne pas avoir peur… Et découvrir que l’on est capable de beaucoup de choses.

Aujourd’hui, le voyage est un vrai besoin pour notre génération: V.I.E, Working Holiday, tour du monde… On ne part plus simplement en vacances mais vivre une véritable aventure. Preuve en est, d’après une vaste enquête de Mondial Assistance menée dans 11 pays, seule une infime proportion des 18-30 ans ne s’est jamais envolée vers l’étranger: en France, ils ne sont que 4%. Mais alors que le voyage est totalement banalisé, pourquoi est-ce si difficile d’être une fille et d’oser voyager seule?

Quel intérêt de partir solo? Tu n’as pas d’amis ou quoi?” 

Un acte aussi ordinaire que de prendre son sac à dos ou sa valise et de monter dans un avion seule est encore beaucoup trop vu  comme un acte de rébellion, d’inconscience ou limite de dépression. Nombreuses sont les idées reçues qui ressortent invariablement quand une fille parle de son projet. “Tu es plus vulnérable!”, “Comment feras-tu si tu te retrouves toute seule dans une ruelle la nuit?”, “Tu n’as pas peur de tomber en panne pendant ton road trip?”, “Non mais vu ton sens de l’orientation…”, “Quel intérêt de partir solo? Tu n’as pas d’amis ou quoi?” Entre le regard des autres, les freins de notre société et la peur de s’ennuyer (ou de se faire agresser), il est très dur de se lancer… Mais pourtant, une fois l’expérience achevée, on a qu’une hâte: recommencer.

Les Pauline à HorseShoe Bend, USA, DR

 

“Tu vas te faire agresser, c’est sûr”

Le stéréotype qui a sans doute la dent la plus dure est celui de la vulnérabilité. Que ce soient nos parents, les collègues, ma boulangère, tous ont tendance à penser qu’une femme en voyage, seule qui plus est, est la proie rêvée pour toutes les agressions du monde. Leurs craintes sont en partie fondées, car oui, que l’on soit à Paris, Pékin ou Sydney, être une femme aujourd’hui, c’est être la proie potentielle de slut-shaming et autres joyeusetés dans la rue. Mais pas plus en voyage qu’ailleurs, malheureusement. On ne dit pas qu’il ne faut pas être vigilante ou ne pas avoir conscience de potentiels dangers, mais il ne faut pas que cela devienne une barrière alors dédramatisez tout ça et lancez-vous!

On oublie bien souvent qu’être une femme qui baroude seule, c’est aussi être aidée en permanence. Les locaux ou autres voyageurs font en général preuve d’une grande bienveillance et, il faut le dire… d’un peu d’admiration! En voyage solo en Amérique du Nord en ce moment même, je vais souvent au resto (ma passion) toute seule et fais toujours l’objet d’une incroyable curiosité de la part des serveuses ou cuistots qui me parlent, me conseillent et me prennent sous leurs ailes! Bref, faites confiance à votre instinct, renseignez-vous sur le pays visité, respectez ses cultures et les règles minimum de sécurité (la bague de fiançailles à 40 000 dollars reste à la maison) et faites-vous confiance! Surpasser ses peurs et a priori, c’est déjà le début de l’aventure, non?

L’un des freins majeurs n’est ni l’argent, ni le temps ni la sécurité, mais la peur de se retrouver seule.

En voyage solo, on se retrouve parfois seule avec soi-même. Monter une tente, changer une roue ou se retrouver dans la jungle, tant de challenges qui nous semblent impossibles, mais qui au final se révèlent assez simples à relever quand on n’a pas d’autre choix que de trouver une solution à son problème. Même si parfois, il faut bien le dire, on découvre ses limites… Faire un feu aux États-Unis par exemple s’est révélé être plus dur que je ne le pensais: législation compliquée, petits problèmes techniques, j’avais décidé d’abandonner quand d’autres voyageurs de passage m’ont invitée à partager des marshmallows grillés autour d’un feu de camp. Voyager seule, c’est aussi pouvoir compter sur la bienveillance des personnes rencontrées sur la route.

 

 

“Tu n’as pas peur de t’ennuyer toute seule?”

Quand Pauline et moi parlons de nos voyages solo avec des copines, on se rend compte que l’un des freins majeurs n’est ni l’argent, ni le temps ni la sécurité, mais plutôt la peur de se retrouver seule. Alors disons-le une bonne fois pour toutes, les filles: même à l’autre bout du monde, voyager seule, c’est ne jamais l’être vraiment. Entre les nouvelles technologies (Facebook, WhatsApp, Skype, welcome to 2017!) qui permettent de rester en contact avec ses proches ou de rencontrer de nouvelles personnes (Merci les groupes Facebook de voyageuses, comme We Are Backpackeuses) et les rencontres faites au fil du voyage, on ne se sent que rarement seule. Voyager en solitaire inspire la confiance, l’entraide, la solidarité: le contact s’établit très facilement. Les amitiés se créent rapidement, que ce soit pour partager une randonnée, une soirée ou même une partie de l’aventure. Il faut comprendre que, lors d’un voyage, et encore plus en solo, on n’est plus du tout dans le même état d’esprit que celui de la vie quotidienne: plus ouverte aux autres, moins timide, plus attentive et donc plus encline à la rencontre.  Si vous en doutez, on vous conseille de partir en Asie ou en Amérique du Sud: on n’a jamais rencontré autant de voyageurs et voyageuses solo que là-bas!

Voyager seule, c’est surtout être libre.

Bien sûr que la solitude pourra être parfois pesante: dans “voyager seule”, il y a en effet le mot “seule”. Mais il faut savoir apprivoiser et savourer ces moments: écrire un carnet de voyage, trier ses photos, préparer la sortie du lendemain… Dans une société où tout va très vite et où l’on ne prend jamais le temps, un moment pour se retrouver est un luxe qu’il ne faut pas gâcher.

Car, oui, le voyage en solo c’est surtout accepter d’être seul avec soi-même: assumer la solitude, prendre le temps de se (re)découvrir et partager tout ça avec de nouveaux amis autour d’une bière ou pourquoi pas sur Facebook avec sa mamie connectée.

Une fois passées ces appréhensions, on se rend compte que voyager seule, c’est surtout être libre! Libre de voyager comme on en a envie. Entre amis, en couple ou en famille, on est souvent tributaires des désirs des uns et des autres: on a toutes vécu ce moment où on veut visiter ce musée, mais notre pote/notre mec/notre mère veut plutôt chiller à l’hôtel… Les compromis, c’est épuisant, et une fois seule, tout est possible: je fais ce que je veux, quand je le veux! En solo, je suis à mon rythme et mes envies guident mes choix, ce qui signifie zéro frustration et 100% liberté. Alors, vous attendez quoi pour vous lancer?

Le blog voyage des Pauline, c’est par ici


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