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Par Fiona Schmidt

Les gens, merci de ne pas me souhaiter une “bonne fête de la femme” le 8 mars

Et pendant que vous y êtes, remballez aussi votre rose offerte pour tout achat d’un aspirateur sans fil ni sac, votre kir royal offert pour Madame et votre gloss enrichi en particules d’empowerment.
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Et pourtant, tout avait si bien commencé… Enfin non: c’est justement parce que les choses n’avaient pas si bien commencé que ça pour les femmes qu’un jour de mars 1911, un syndicat d’ouvrières américaines organisa la première manifestation visant à obtenir le droit de vote, le droit au travail et la fin des discriminations au travail. L’idée était bonne, et grâce à la multiplication de ce genre d’initiatives partout dans le monde, les femmes ont fini par obtenir un package prometteur de droits assez cool, accompagnés de chouettes goodies qui ne fonctionnent hélas pas toujours très bien, comme la fin des discriminations au travail, par exemple. Ça fait 107 ans qu’on nous la promet, celle-ci, soit le temps qu’il faut pour bâtir une cathédrale correcte, mais apparemment, hier comme aujourd’hui, il est plus facile de cimenter des pierres que des promesses. Quoi qu’il en soit, tous les 8 mars depuis 1977 et l’officialisation de la journée par les Nations Unies, puis par la France en 1982, le monde entier fait la fête aux femmes d’une façon qui s’éloigne de plus en plus de son objet initial, qui, je le rappelle pour celles qui y verraient surtout l’occasion de s’offrir un brushing à -20% avec le code promo “GIRL POWHAIR”, consiste à faire le bilan des avancées sociales, politiques et économiques en matière d’égalité femmes-hommes, et surtout, à faire entendre revendications et propositions pour un avenir plus équitable.

Les joujous stéréotypés pour féministes en mousse font depuis deux semaines une percée remarquée en tête de gondoles de nos commerces de proximité.

Alors bien sûr, il y a les manifestations spontanées ou organisées partout dans le monde par des collectifs féministes qui se mobilisent toute l’année en faveur des droits des femmes. Souhaitons d’ailleurs qu’en l’an 1 après Harvey Weinstein, l’onde de choc #MeToo apporte un nouvel écho à ces “questions de bonnes femmes” enfin devenues fondamentales aux yeux d’une partie grandissante de l’opinion publique. Hélas, cette popularité toute fraîche risque d’être encore plus violemment braquée par le marketing, et le thème de cette journée censée mettre la lumière sur les inégalités et l’activisme en milieu rural est déjà oblitéré par l’opportunisme de géants de la distribution qui voient en la Journée internationale des droits des femmes, opportunément abrégée “Journée internationale de la femme” pour en émousser les aspects les plus contondants, l’occasion de nous fourguer les mêmes merdes inutiles que pour Noël ou la Saint-Valentin, en légèrement moins rose (quoique…). Chocolats réservés aux femmes, t-shirts imprimés “Woman”, soutifs, vibromasseurs, maquillage, bouquets de fleurs et autres joujous stéréotypés pour féministes en mousse font depuis deux semaines une percée remarquée en tête de gondoles de nos commerces de proximité.

Acheter une culotte estampillée ‘Feminist’ le 8 mars pour avoir la sensation de la porter une fois dans l’année, ce n’est pas ‘mieux que rien’.

Eh oui, il semblerait que le 8 mars soit devenu une fête commerciale comme une autre, une sorte de Saint-Valentin onaniste, avec ses affichettes promo couleur gilet de sécurité bombardées de points d’exclamation auto-satisfaits. Or résumer les droits des femmes à une boîte de chocolats en forme de tétons, c’est un peu comme de réduire l’amour à un bouquet sous cellophane estampillé “Le dire avec des fleurs”. C’est une parodie d’empowerment à laquelle il est important de ne surtout pas participer. Car acheter une culotte estampillée “Feminist” le 8 mars pour avoir la sensation de la porter une fois dans l’année, ce n’est pas “mieux que rien”. Ce n’est pas “l’intention qui compte”. La journée de la femme est elle aussi pavée de bonnes intentions: n’hésitons pas à les boycotter ou plutôt, à les girlcotter. Le 8 mars, et les 364 autres jours de l’année.


2. L’Asia Argento gate ou la revanche minable des machos

Les révélations du New York Times accusant l’actrice italienne d’avoir agressé sexuellement un mineur et acheté son silence ont ragaillardi les détracteurs de #MeToo.
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3. Il est temps que les politiciens argentins laissent aux femmes le droit d’avorter dans un cadre légal

Le 8 août 2018, le Sénat argentin votera en faveur ou en défaveur d’une loi sur la dépénalisation de l’avortement. Chaque jour, jusqu’au 8 août, MUMALA et d’autres organisations se rassemblent devant le palais du Sénat et sur la place de Mai à Buenos Aires. La mobilisation de la société civile est là pour mener ce grand changement auquel fait face l’Argentine. Réflexion sur ces quelques jours passés auprès de celles et ceux qui mènent ce long combat.
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