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Par Caroline De Haas

Les 343 salauds sont en fait 19


Tout d’abord, une précision: je ne parlerai pas dans ce billet des 343 connards. Ils n’existent pas. À l’heure actuelle, ils sont moins de 20 à avoir signé le torchon qui sera publié dans l’inénarrable Causeur en novembre.

 

Si on m’avait dit qu’un jour, je remercierais Élisabeth Lévy, j’aurais sans doute balayé l’hypothèse d’un revers de main. Et pourtant… Avec son initiative des 19 machos, Causeur valide ce que les féministes -rejointes ces dernières années par de nombreux parlementaires, élu(e)s locales et locaux intellectuel(le)s ou associations- soulignent depuis des décennies. La prostitution est une violence à l’intersection de toutes les formes de dominations: le Nord sur le Sud, les hommes sur les femmes, les blancs sur les noirs et les riches sur les pauvres. D’ailleurs, il suffit de regarder les signataires de l’appel pour que cela saute aux yeux: il s’agit d’un texte de quelques privilégiés qui, sentant leurs droits ancestraux décliner, ont décidé de réagir.

Le monde bouge, à toute allure. Il y a 50 ans, les femmes n’avaient pas le droit ni d’avorter, ni de travailler sans l’autorisation de leur conjoint.

Au fond, on pourrait presque les comprendre. Ils vivent, comme nous, dans un monde qui change. Et manifestement, ça les inquiète beaucoup. Il y a à peine 70 ans, les femmes n’avaient pas le droit de vote. Il y a 50 ans, elles n’avaient pas le droit ni d’avorter, ni de travailler sans l’autorisation de leur conjoint. Il y a encore 25 ans, le viol conjugal n’était pas reconnu. Le monde bouge, à toute allure. L’émancipation des individus, en particulier des femmes a fait des progrès considérables. Certes, l’égalité est loin d’être acquise. Les freins sont nombreux: les stéréotypes sexistes qui polluent nos écrans, nos imaginaires (ou les publicitaires qui travaillent pour Darty), un système économique basé sur le profit et la captation des richesses par quelques-uns, ou encore l’exploitation permanente d’un travail domestique effectué gratuitement par les femmes.

 

Mais le monde bouge envers et contre tout, grâce notamment aux mobilisations féministes de plus en plus nombreuses aux quatres coins du globe. Revenons à nos 19 larrons. Ce monde qui bouge les stresse. Parce qu’ils ont compris que l’égalité des droits entre les femmes et les hommes impliquait forcément que ceux qui aujourd’hui dominent allaient perdre quelques privilèges. Et parmi ceux-ci, il y a la possibilité de disposer librement du corps des femmes.

Ils parlent de la liberté de ces femmes en situation de prostitution dont l’espérance de vie ne dépasse pas 40 ans? De celles des 3000 à 8000 personnes mineur(e)s prostituées en France?

Alors évidemment, il faut trouver des arguments pour habiller l’initiative. Elle aurait vocation à défendre la liberté, notamment sexuelle. Mais de quelle liberté parlent-ils? De celle des personnes prostituées, qui sont à 90% des personnes étrangères, souvent sans papiers et exploitées par des réseaux mafieux, violents et surpuissants économiquement? Ils parlent de la liberté de ces femmes en situation de prostitution dont l’espérance de vie ne dépasse pas 40 ans? De celles des 3000 à 8000 personnes mineur(e)s prostituées en France?

Les signataires de l’appel ont oublié que la liberté ne peut pas se penser sans l’égalité. Parce que la liberté toute seule, c’est la loi du plus fort. Et le plus fort encore aujourd’hui, c’est souvent le mâle, blanc, de plus de 50 ans, disposant d’un revenu largement supérieur à celui de la moyenne des salarié(e)s. 


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