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Par Girlshood

Lettre à mon stérilet


Cher Mimi,

Cinq années de cohabitation intra-utérine nous attendent, alors tu permets que je t’appelle Mimi, n’est ce pas? Un surnom presque affectueux pour éviter un nom qui fait peur. Mirena.

On dirait le nom d’une gorgone grecque. Ou d’un monstre de l’Odyssée. Certaines vont de Charybde en Scylla, moi je vais de Leeloo en Mirena. Je préfère être honnête, malgré ta petite taille, tu m’impressionnes (une phrase que j’ai déjà dû sortir à mon ex en d’autres circonstances, pour le rassurer). Je ne peux pas m’empêcher d’angoisser pour nos futures années de vie commune, pour des raisons médicales gynécologiques que je n’expliquerai pas ici (j’ai un nombre de caractères limité mais tu peux en avoir une idée ), et aussi suite à cet article sur lequel je suis tombée, le hasard faisant bien les choses, deux jours avant d’aller te chercher à la pharmacie.

On t’accuse, Mimi. On t’accuse de faire grossir les femmes, de les faire pleurer, d’endormir leur libido, bref, tu nous fais le même effet que certains mecs (deuxième fois que je fais référence à mon ex dans cette lettre, une preuve de l’étendue de ta magie noire), sauf que toi, tu es recommandée par les gynécos. Et malgré tout ce que j’ai lu à ton sujet, malgré les sourires crispés sur les visages de mes copines quand je leur parle de toi, malgré les témoignages et les vidéos YouTube, à l’heure où je t’écris, une bouillotte sur mon ventre tente vainement d’apaiser la rencontre entre mon utérus et toi.

La pose du stérilet, c’est un peu comme un accouchement. Ça fait partie des secrets les mieux gardés de l’humanité.

Je ne sais pas si cela relève du masochisme ou de la résignation contraceptive. Il y a sans doute des deux. Et sûrement aussi de l’espoir, comme celui qui me fait dire en sortant du Planning familial: “mais non, ça va aller, je vais aller bosser”. La pose du stérilet, c’est un peu comme un accouchement. Ça fait partie des secrets les mieux gardés de l’humanité. Et quand tu demandes si ça fait mal, on te répond “Tu sais, la douleur, c’est relatif”. En général quand on te répond ça, c’est mauvais signe. Cette règle s’applique aussi aux questions concernant les tatouages ou la sodomie.

Mimi, la douleur, c’est relatif, et tu m’as relativement fait mal. Pour ne pas me concentrer sur la douleur, j’ai réfléchi à autre chose; la mort de Simone Veil, mon mec dans la salle d’attente qui hier encore pensait qu’un stérilet se mettait dans le bras, ou des interrogations d’ordre plus pratique, tu sais le genre qu’on n’ose pas poser à la gynéco quand elle dit “vous avez des questions?”. Oui, j’ai des questions. “Quel est le sens de la vie?” en est une, mais je me demande aussi, Mimi, si tu vas glisser dès que je vais m’asseoir sur les toilettes. Si tu vas piquer tel un scorpion quand quelqu’un viendra toquer au col de mon utérus. Si, en attrapant ma cup, je ne risque pas de t’attraper aussi, et rejouer un épisode de la saga Saw sur le tapis de ma salle de bains. Et quand je rigole, tu risques de bouger? Et si un jour je fais l’amour la tête à l’envers, on ne sait jamais, tu vas remonter jusqu’à me perforer l’utérus? Et comment faire si mes boules de geisha s’emmêlent dans ton fil? Ça ne va pas te faire mal si je fais du vélo sur des pavés? Et pourquoi, surtout, pourquoi, alors que des tas de plaintes ont été déposées contre toi, pourquoi ma gynéco dit de toi que tu es notre sauveur à toutes?

J’ai peur, Mimi. Peur que tu me donnes de la barbe, des kilos en trop, des idées dépressives (j’en ai déjà assez). Peur que tu me confisques ma libido que je découvre enfin, un an après avoir arrêté une pilule prescrite quand j’ai passé le brevet des collèges. J’ai peur mais j’ai envie de tenter l’expérience avec toi. Et puis, comme dit ma gynéco, “il est plus facile de se séparer de sa contraception que de se séparer de son mec”. Pour la troisième fois, mon ex acquiescerait.

Utérinement tienne,

B.

Ce papier a été initialement publié sur le site de Girlshood.


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