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Par Mariame Tighanimine

Pourquoi faire du business peut être la meilleure des thérapies

Mariame Tighanimine au Global Entrepreneur Summit
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Mariame Tighanimine au Global Entrepreneur Summit


Et si faire du business était bien plus qu’un moyen de gagner de l’argent? Et si cela pouvait être une forme de thérapie, un moyen d’apprendre à avoir confiance en soi et à ne plus craindre l’échec? C’est en tout cas ce que j’ai pu observer en accompagnant des femmes aux trajectoires compliquées, à qui le business a d’abord été proposé comme un débouché face à un marché du travail qui ne leur ouvrait pas ses portes, pour finalement se révéler être une véritable thérapie. Une leçon de vie que je partage aujourd’hui.

 

Faire du business pour s’enrichir…

Avant toute chose, il est important de rappeler que n’importe qui peut faire du business, et qu’on peut faire du business sans se lancer dans l’entrepreneuriat. Comme le montre la chercheuse Saras Sarasvathy, à l’origine de la théorie de l’effectuation, un entrepreneur est avant tout une personne qui part d’une idée simple (voire pas d’idée) et qui la développe en s’appuyant sur trois ressources, à savoir sa personnalité, ses connaissances et son réseau. Ces ressources, tout le monde en dispose, et chacun peut donc les utiliser pour développer son business, qu’il s’agisse de la vente de fruits et légumes à la sortie du métro ou d’une application de location et de livraison de vêtements à la demande.

Le business n’est pas réservé à une élite, il peut s’exercer par tous et partout.

Cela fait maintenant cinq ans qu’à travers différents projets et outils, je tente, avec mon associé, de montrer que le business n’est pas réservé à une élite, qu’il peut s’exercer par tous et partout et qu’il existe des manières très différentes de faire du business. Nous nous sommes d’abord adressés à des femmes car nous considérons que le business est un formidable outil d’empowerment. Nous avons fini par également travailler avec des jeunes, qui rencontraient les mêmes difficultés que les femmes sur un marché du travail ne leur proposant que peu d’opportunités et de stabilité.

Les missions locales, les associations d’insertion, les associations de femmes, les allocataires du RSA, les vendeuses et vendeurs de rue (de maïs, de roses, de bouteilles d’eau à l’unité), ce sont plus de 500 personnes un peu partout en Ile-de-France, femmes et jeunes adultes, que nous avons rencontrés, formés et dotés d’outils afin qu’ils puissent se garantir un revenu ou complément de revenu lorsqu’ils occupaient des emplois précaires et devenir des Business Persons

C’est grâce à cette expérience, ainsi qu’à la définition large et non élitiste que nous proposons du business, que nous avons pu monter au centre de l’entrepreneuriat de Sciences Po* un cours réservé à des étudiants extérieurs à l’école. Nous sommes accompagnés dans cette tâche par l’organisation Her Equality Rights for Autonomy, une fondation britannique présente dans les Balkans, aux États-Unis et depuis peu en France, qui lutte contre le trafic humain et l’exploitation des personnes en initiant leurs bénéficiaires à l’entrepreneuriat.

 

… Mais aussi pour se “guérir”

Notre challenge était donc le suivant: enseigner le business à des femmes (et un homme!) qui n’en n’avaient jamais fait, ne maîtrisaient pas toutes le français, sortaient tout juste d’une expérience d’exploitation humaine, cumulaient parfois deux jobs précaires dans la journée, mais qui avaient la ferme intention de vouloir développer leur propre affaire. Un challenge que nous avons eu plaisir à relever avec des participantes que nous n’avons pas traitées différemment des autres étudiants que nous avons l’habitude d’avoir, diplômés ou illettrés, jeunes ou vieux, femmes ou hommes, actifs ou inactifs.

“Notre vision du business est basée sur le bon sens et fait la part belle au potentiel économique jusqu’ici inexploité.”

D’abord venues avec des idées très différentes, du food truck à la customisation de vêtements en série en passant par le service à la personne et le secrétariat personnalisé, elles sont chacune reparties avec un business prêt à l’emploi que nous avons construit ensemble, en n’ayant de cesse de faire la démonstration que l’on pouvait (et devait!) lancer son business avec les moyens dont on dispose. Une vision du business basée sur le bon sens et faisant la part belle à leur potentiel économique jusqu’ici inexploité.

Vous êtes mieux qu’un psychologue”, “Je n’ai jamais été aussi fière de moi”, “Je n’aurai plus jamais peur de me lancer”, “Je n’écouterai plus les esprits négatifs de mon entourage”, “Je sais maintenant que je suis capable de produire quelque chose même si je n’ai pas grand chose”, tels étaient les commentaires que nos participantes ont notés dans leurs bilans personnels. Nous n’avons perdu personne en cours de route. Malgré leur occupations et situations personnelles, elles étaient toutes assidues, ponctuelles et motivées. En plus de leur avoir enseigné comment créer leur produit ou service, nous leur avons permis de se projeter dans le futur, d’avoir confiance en elles, de sentir leur emprise sur leur vie.

 

Lancez-vous car il n’y a pas de bonnes ou mauvaises raisons de faire du business

À force d’entreprendre, de croiser et d’accompagner des centaines d’autres entrepreneurs, nous avons pu lister les différentes raisons qui empêchent les gens de se lancer; le manque d’argent, que l’on met souvent en tête des freins au lancement, arrive bien loin derrière le manque de confiance en soi, la peur de l’échec, l’attitude négative ou encore le manque de compétences. Ces freins, pour la plupart psychologiques, ne sont donc pas insurmontables, la preuve avec nos participantes. Surtout, ils ne sont pas spécifiques au business. Une preuve supplémentaire que la discipline que constitue ce dernier, différente de l’entrepreneuriat, doit être intégrée à son quotidien, que l’on soit étudiant, salarié ou retraité.

En résumé, tout le monde a le droit et le devoir d’avoir un projet. Et pour ce faire, il suffit de mobiliser les trois fameuses ressources communes à toutes et à tous:

1. Qui vous êtes: une même idée n’aboutira pas au même résultat selon la personne qui mène le projet.

2. Ce que vous avez ou connaissez: éducation, expérience, métier, savoir-faire, savoir-être.

3. Qui vous connaissez: votre succès dépend de votre capacité à mobiliser des personnes autour de votre projet. Cela peut être pour demander le prêt d’un local, du savoir-faire pour créer un produit.

Vous n’avez donc plus qu’à vous lancer. Pour vous enrichir, vous guérir, vous divertir… Ou pour ce que vous voulez! Il n’y a pas de bonnes ou mauvaises raisons de faire du business.

*Ce centre accueille la première chaire de France dédiée à la recherche sur les femmes et l’entrepreneuriat. 


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