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Par Les Martiennes

Bye Bye chère secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, bonjour les clichés

Bye Bye chère secrétaire d'Etat aux Droits des femmes, bonjour les clichés

Au début du quinquennat de François Hollande, celui-ci se présentait comme le président des femmes. Il prétendait vouloir œuvrer (plus que ses prédécesseurs en tout cas) pour l’égalité femmes/hommes. Ses nominations pour un gouvernement Valls III prouvent encore qu’il s’agissait d’un engagement de façade et que quatre ans après, on est encore loin du compte. Décryptage de ce remaniement.

Depuis sa création en 2012, le ministère des Droits des femmes dirigé par NajatVallaud-Belkacem a été petit à petit vidé de toute sa substance.

Depuis sa création en 2012, le ministère des Droits des femmes dirigé par Najat Vallaud-Belkacem a été petit à petit vidé de toute sa substance. Première étape en 2014, à la faveur d’une promotion de cette dernière et d’un premier remaniement, ce ministère est intégré à celui de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. Quel lien établir entre ces fonctions? Nous n’avons toujours pas la réponse. Quatre mois plus tard, quand Najat-Vallaud-Belkacem devient ministre de l’Éducation nationale, Pascale Boistard est nommée secrétaire d’État des Droits des femmes auprès de la ministre de la Santé Marisol Touraine. A défaut de connaître la question, elle fait preuve de bonne volonté pour tenter de maîtriser sa fonction. Son bilan est faible, s’il se mesure au nombre de projets de loi portés. En revanche, elle a tenté d’exercer une influence pour faire parler d’initiatives féministes. C’est déjà ça.

Les femmes sont encore cantonnées à la maison et à la sphère familiale.

Mais finalement, coup de théâtre aujourd’hui, soit 18 mois après l’arrivée de Pascale Boistard: Laurence Rossignol récupère le dossier en devenant ministre de plein exercice de la famille, de l’enfance et des droits des femmes. La bonne nouvelle: il s’agit d’une féministe revendiquée. La mauvaise: les femmes sont dorénavant liées aux dossiers de la famille et de l’enfance, comme n’ont pas manqué de le relever Osez le féminisme et d’autres personnalités sur TwitterPourquoi c’est une maladresse? Parce que les sujets touchant les droits des femmes sont beaucoup plus larges que la la famille et les enfants. A vrai dire, ceux-ci concernent tout le monde… Le signal envoyé? Les femmes sont encore cantonnées à la maison et à la sphère familiale.

A noter aussi  que les cinq ministères régaliens –Affaires étrangères, Défense, Finances, Intérieur, Justice– restent occupés par des hommes.

Rappelons que le temps partiel subi, les inégalités salariales, les violences faites aux femmes, l’éternel plafond de verre, la faible représentation dans les sphères de pouvoir politique ou économique n’ont rien à voir avec la famille. A noter aussi  que les cinq ministères régaliens –Affaires étrangères, Défense, Finances, Intérieur, Justice– restent occupés par des hommes. Les responsabilités de la famille, des enfants, de la culture, de l’environnement, des affaires sociales, de la santé, de l’exclusion sont dévolus aux femmes. Dans l’inconscient collectif, ces thèmes sont typiquement “féminins”, car ils sont liés au care. Un idée qui repose sur le préjugé que les femmes seraient faites pour s’occuper des autres. Un stéréotype regrettable digne de John Gray  et de son ouvrage Les Hommes viennent de Mars et les femmes viennent de Vénus. Cette vision est à l’opposé de notre engagement et de nos valeurs.

Sur 19 ministres (si on prend en compte le Premier ministre), 10 sont des hommes et 9 des femmes.

La seule chose dont on peut se réjouir, c’est que François Hollande ait conservé la parité Ou presque: sur 19 ministres (si on prend en compte le Premier ministre), 10 sont des hommes et 9 des femmes. En revanche, la parité est parfaite pour les secrétaires d’ÉtatPar ailleurs, un autre secrétariat d’État aux fonctions obscures a fait son apparition, comme l’ont noté Les Nouvelles News. Il s’agit du secrétariat d’État à “l’égalité réelle”. “Qu’est-ce que cela signifie?”, demande le site. On s’interroge encore. A un an de l’élection présidentielle, nous doutons de sa quelconque efficacité.