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Par Adeline Anfray

Pourquoi notre nouveau magazine Wyylde parlera de cul librement

L'artiste Julia Palombe, chroniqueuse dans Wyylde, DR
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L'artiste Julia Palombe, chroniqueuse dans Wyylde, DR


Le 11 février dernier, accompagnée de toute mon équipe, j’annonçais devant une foule en délire (enfin presque) la naissance de Wyylde, premier bimestriel hybride “sexo-lifestyle”. Alliance peu courante me direz-vous, à l’heure où la sexualité est soit traitée de façon explicite au rayon des revues pornographiques, de manière médicale sur les forums santé à coups de thématiques anxiogènes comme les mycoses et autres MST, ou l’été dans les féminins, qui ne manqueront pas de vous dire comment “atteindre l’orgasme à tout prix”.

Il nous a alors semblé qu’une place était à prendre et il nous a paru opportun de proposer un titre que l’on espère innovant et décalé pour parler sexo autrement, et surtout légèrement, avec humour, et sans culpabilisation, pression ou jugement. Un titre qu’on aurait tous envie de lire, car toutes les sexualités y seraient représentées. Notre choix de mettre Buck Angel (Ndlr: un trans né femme devenu homme, américain militant, qui a refusé la phalloplastie) en couverture du premier numéro n’est donc pas anodin. Ni celui de présenter une interview croisée d’un couple de libertins dont le monsieur est en fauteuil roulant, ou de ne pas uniquement s’adresser aux femmes, mais bien à tous. Il se veut la voix de tous ceux qui prônent une sexualité créative et festive.

“Donner une parole libre, faire tomber les complexes, dédramatiser la chose, c’est aussi s’émanciper.”

L’idée est de traiter le sexe, non pas comme un sujet angoissant qui donne des maladies honteuses, mais plutôt comme une source de plaisir et de liberté. Parce que donner une parole libre, faire tomber les complexes, dédramatiser la chose, c’est aussi s’émanciper. Parce que la sexualité, c’est pas si grave finalement, c’est même plutôt sympa!

En effet, même si les années 70 ont vu les femmes (et les hommes) s’émanciper sexuellement, il semblerait que le sexe fasse toujours l’objet de tabous et que les femmes soient encore soumises à de fortes pressions exercées sur leur sexualité. Selon l’essayiste Thérèse Hargot, “nous sommes simplement passés du devoir de procréer à celui de jouir […] La nouveauté, ce sont les notions de performance et de réussite, qui se sont introduites au cœur de la sexualité”, déclarait-elle au Figaro, et si l’on en croit la presse féminine classique, la vie des femmes d’aujourd’hui ne serait (ou ne devrait être) qu’une succession d’orgasmes, au risque de passer pour une loseuse du sexe. Désormais le sexe, forcément débridé, hautement qualitatif, fortement récurrent et hétéro-centré, est devenu obligatoire. Ce basculement de la norme est la source de nouvelles angoisses, qui viennent s’ajouter à celles déjà bien installées, qui pèsent sur le corps des femmes.

“On défend l’idée qu’il n’y a pas de bon ou mauvais sexe.”

En outre, les exigences sociales qui poussent les femmes à se conformer aux désirs de l’autre semblent être à leur comble, et aiguisent leurs inquiétudes quant à leur physique. En plus de la peur de vieillir et de grossir, d’être mal épilée, mal habillée/maquillée/coiffée, on assiste à l’émergence des angoisses liées à l’apparence des organes intimes, et du coup, au boom de la chirurgie esthétique du vagin et de la vulve (entre 2001 et 2010, selon les statistiques des services de santé britanniques, le nombre de labioplasties a ainsi été multiplié par cinq).

C’est dans ce contexte paradoxal que nous avons décidé de lancer Wyylde. Et de façon tout aussi paradoxale, nous avons choisi d’essayer de nous libérer/délivrer de ce carcan en parlant du sexe dans tous ses états: quand ça marche pas (et que c’est pas si grave) avec les témoignages drôles des lecteurs, quand c’est polémique ou avant-gardiste avec les portraits (coucou Gaspar Noé!) et les interviews, quand c’est franchement WTF avec les insolites ou le shopping, quand c’est sérieux avec l’enquête centrale, quand c’est ailleurs avec le Love Trotteur, quand c’est la nuit, à plusieurs, ou tout(e) seul(e)…

Bref, on ne pense qu’à ça! Surtout, on défend l’idée qu’il n’y a pas de bon ou mauvais sexe, que c’est comme on le sent, quand on le sent, et avec qui on le sent. Que le sexe, c’est la vie. En tout cas, on y a mis beaucoup, beaucoup, beaucoup d’amour.


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L'artiste Julia Palombe, chroniqueuse dans Wyylde, DR - Cheek Magazine
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