culture

Cinéma / Violette

3 choses à savoir sur la protégée de Simone de Beauvoir

L’immense écrivain Violette Leduc est à l’honneur du biopic Violette signé Martin Provost (Séraphine). Trois choses à découvrir sur cette femme à la vie si riche, magistralement interprétée par Emmanuelle Devos.
© TS Productions / Michael Crotto
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Une femme torturée

Violette Leduc était une femme malheureuse. Brisée, torturée, obsédée par la littérature et l’amour. Toute sa vie, elle lutte contre le sentiment d’être “une ratée”, “une mal aimée, comme elle se décrit dans L’Affamée en 1948. Mais de son mal-être, elle tire sa force. Violette est un personnage qui se bat contre le monde dans lequel elle essaye de s’imposer. Lorsqu’elle rencontre Simone de Beauvoir en 1945, Violette tombe amoureuse de Simone qui ne l’aime pas. Alors que Violette lui écrit dans une lettre le 17 mai 1956 “Je suis un désert qui monologueBeauvoir répond: “Mais il y a des fleurs dans le désert!” C’est à partir de la publication du livre La Bâtarde en 1964, préfacé par Simone de Beauvoir, que Violette commence à s’affranchir de ses souffrances.

Une femme scandaleuse 

Violette Leduc est une insoumise, une femme moderne dans une société qui peine à évoluer. Elle propose une littérature et un ton jusqu’alors inconnus pour une femme. Dans les années 40, alors qu’elle se réfugie en Normandie pendant la Seconde Guerre mondiale, elle écrit déjà sur l’amour, l’identité sexuelle. Elle réfléchit sur la création mais aussi sur l’homosexualité masculine et féminine. Son écriture est audacieuse autant dans sa forme que dans les sujets abordés. Toute sa vie, elle revendiquera sa liberté.

Une pionnière de l’érotisme féminin

Dans La Bâtarde, son premier grand succès littéraire, Violette Leduc écrit: “La littérature mène à l’amour, l’amour mène à la littérature”. Pour l’auteure, puisqu’il s’agit d’écrire l’amour dans sa globalité, il s’agit d’écrire aussi la sexualité et l’érotisme. Son œuvre est imprégnée d’expériences liées à la sexualité: une naissance illégitime, des relations sexuelles avec femmes et hommes, l’avortement et les plaisirs solitaires. Entre censure et autocensure, la pionnière de cette langue a posé les bases d’un érotisme littéraire féminin.

Jules Marco

Violette, de Martin Provost. 2h19. En salles le 6 novembre 2013. 


1. Céline Sciamma, Monia Chokri: à Cannes, l’avortement comme vous ne l’avez jamais vu

Céline Sciamma dans sa romance lesbienne de la fin du XVIIIème, Portrait de la jeune fille en feu, et Monia Chokri dans son Bridget Jones québécois La Femme de mon frère dépeignent toutes les deux l’avortement comme nous ne l’avons jamais vu.
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2. Cowboys femmes, cowboys noirs: Cannes réinvente une vieille figure de la virilité

Journaliste, enseignante et autrice de l’essai Sex and the Series, Iris Brey interroge les représentations genrées dans les films du festival de Cannes 2019. Cette chronique est réalisée en partenariat avec Les Inrockuptibles. 
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4. Les 10 films les plus Cheek de Cannes 2019

Presque tous réalisés par des femmes, ces 10 films présentés au festival de Cannes 2019 nous font très, très envie. 
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6. “Il fallait que je vous le dise”: Aude Mermilliod raconte son IVG en bande dessinée

Dans Il fallait que je vous le dise (éditions Casterman), l’autrice et dessinatrice Aude Mermilliod raconte avec honnêteté et sensibilité son expérience de l’IVG. Elle espère briser le silence qui règne toujours autour de ce sujet.
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7. De Goa à Lyon, Tracy de Sá imprègne son rap de féminisme intersectionnel

À l’occasion du festival marseillais Intersections et de la sortie de son premier album Commotion, la rappeuse Tracy de Sá nous a livré son parcours, de Goa à Lyon tout en revenant sur son engagement politique et son amour pour le hip-hop. Portrait d’une rappeuse féministe intersectionnelle.
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