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8 chansons de rap masculin qui rendent hommage aux femmes

Le magazine en ligne Madame Rap prouve avec cette playlist que les rappeurs sont loin d’être tous misogynes. 
Capture d'écran du clip de “Keep Shining” de Shad
Capture d'écran du clip de “Keep Shining” de Shad

Capture d'écran du clip de “Keep Shining” de Shad


On répète souvent que hip hop et sexisme font bon ménage. Ce que l’on dit moins, c’est que de certains rappeurs produisent un discours pro-féministe, loin des clichés de gros machos versus femmes-objets. A la veille de la Journée Internationale des Droits des Femmes, Madame Rap vous a sélectionné 8 morceaux de rap masculin qui rendent hommage aux femmes.

 

1 – Médine – Combat de Femme

Le rappeur du Havre Médine souligne dans ce titre les inégalités de genre qui marquent la vie des femmes. Sans porter de jugement et en évitant l’écueil moraliste, Médine se contente de décrire la situation d’une sœur, d’une mère et d’une épouse. On n’est pas encore au summum du féminisme, mais c’est un début!

“Combattre au féminin et ce depuis les premiers âges

Et quel que soit leur nom, elles sont synonymes de courage

Le visage qui réconforte nos carcasses

Éloigne du tracas, soulage des sarcasmes

Au moindre problème, se jette dans l’arène

Combat de lionnes, combat de princesses et de reines”

 

2 – IAM – Une Femme seule

Ode aux mères célibataires, ce morceau traite des conséquences de la monoparentalité sans chichis et sans mièvreries. Le groupe marseillais rappelle que ce phénomène sociétal touche des milliers de femmes et les ampute dans leur désir d’accomplissement personnel et professionnel. 

“Elle étudiait pendant qu’elle s’occupait de la maison, de frotter, de laver

Les fils qui ne comprenaient pas la regardaient

Se souviennent désormais de l’avoir toujours vu trimer

Si je vous parle de cette manière sincère, ouverte

C’est que cette femme seule était ma mère”

 

3 – D’  de Kabal – #JesuisFemme (Emeraldia Ayakashi Remix)

Avec ce remix concocté par Emeraldia Ayakashi, résidente de Madame Rap, D’ de Kabal met en scène des situations de harcèlement et dénonce les agressions sexistes. Le clip s’achève sur les messages “Ne plus laisser faire” et “Entre l’enregistrement de ce titre et la sortie du clip, 20 femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex, ici en France”. On rappelle que chaque année en France, au minimum 216 000 femmes sont victimes de violences physiques et/ou sexuelles de la part de leur (ex) compagnon.

“On pourra vous prendre au sérieux

Quand vous voterez des lois contre le harcèlement sexuel

Et quand vous ferez le ménage dans vos partis politiques

Gangrénés par des abuseurs ou des violeurs

On pourra vous prendre au sérieux

En attendant, par respect pour toutes celles

Qui meurent de la main de leur conjoint ou ex

Fermez vos gueules”

 

4 – 2Pac – Keep Ya Head Up

2Pac a toujours cultivé une certaine ambivalence et une image de gangsta fragile, pouvant tout autant rapper Wonda Why They Call U Bitch (“On se demande pourquoi tu te fais traiter de salope”) que cet hymne antisexiste. En effet, Keep Ya Head Up célèbre l’indépendance des femmes et leur droit à disposer de leur corps comme elles l’entendent. Un chouïa paternaliste, mais néanmoins savoureux.

“Et puisque nous venons tous d’une femme

Tenons notre nom d’une femme et notre game d’une femme

Je me demande pourquoi nous volons nos femmes

Pourquoi nous les violons, nous les détestons

Il est temps de tuer pour nos femmes

De les guérir et d’être sincères envers elles”

 

5 – The Beastie Boys – Sure Shot

On peut dire que les Beastie Boys reviennent de loin. En 1986, le groupe hip hop punk s’apprête à sortir un premier opus intitulé Don’t Be A Faggot (“Ne sois pas une tapette”), qui devient finalement Licensed to Ill, sous les pressions de leur maison de disques, outrée par l’homophobie du titre initial. Le contenu de l’album, notamment le morceau Girls, est une belle apologie de la misogynie. Mais avec le temps, les New-Yorkais murissent et développent un discours opposé. Sure Shot est un exemple de cette reconversion. 

“Je veux dire quelque chose que j’aurais dû dire depuis longtemps

Il faut en finir avec le manque de respect envers les femmes

A toutes les mères, les sœurs, les épouses et les amies

Je veux offrir mon amour et mon respect jusqu’au bout”

 

6 – Black Star (Mos Def & Talib Kweli) – Brown Skin Lady

Avec Brown Skin Lady, le duo de Brooklyn loue la beauté des femmes noires et s’insurge contre la culture populaire, qui érige des femmes blanches, stéréotypées et photosphopées en exemples de perfection. Un poétique remède anti-clichés.

“Sans maquillage tu es belle

A quoi sert de te peindre le visage

On ne parle pas de standards européens de beauté ce soir

Eteins la télé et pose ton magazine

Dis-moi ce que tu vois dans le miroir

Et regarde la preuve d’une présence divine”

 

7 – Common – The Light

Depuis ses débuts en 1992, Common s’attache à produire un discours qui tranche avec les clichés habituels du hip hop. Pas de “bitch” dans ses lyrics, pas de filles à poil dans ses clips, mais un rap conscient empreint de sonorités jazz et néo soul. The Light est construite comme une lettre d’amour, adressée à Erykah Badu, sa compagne de l’époque.

“C’est important que l’on communique

Et que l’on branche cette union sur la bonne fréquence

Je ne t’appelle jamais ma salope ou même ma belle

Il y a tant dans un nom et tellement plus en toi

Peu de gens comprennent l’union d’une femme et d’un homme

Ils pensent qu’elle se matérialise dans le sexe et un frisson”

 

8 – Shad – Keep Shining

Rappeur canadien né au Kenya de parents Rwandais, Shad s’est toujours employé à questionner les stéréotypes de genre et à promouvoir les droits des femmes dans ses textes. Il explique cet intérêt pour le sujet “parce que nous sommes tous des êtres humains, tous nos problèmes sont liés et nous entravent tous tant qu’ils ne sont pas résolus”.

“Et je suis connu pour parler des femmes sur un titre ou deux

Je parle aux femmes, mais je ne peux pas parler à leur place

On a besoin des femmes pour ça, plus de femmes qui rappent

Même des titres comme For Women de Talib Kweli

Ne sont encore que la vision de la moitié du monde”

Madame Rap


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