culture

Expositions

Les 8 expos à ne pas manquer cet été

Pauses parfaites pour se rafraîchir (les idées) et voyager (intérieurement), les expositions estivales offrent un éventail de possibilités culturelles pour tous les goûts. Sélection.  
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.


De l’impressionniste Berthe Morisot, considérée comme l’une des fondatrices du mouvement impressionniste et et à laquelle le Musée d’Orsay rend hommage pour la première fois, aux photographies drôles et engagées de la Chinoise Pixy Liao, en passant par les chefs-d’œuvre photographiques de Tom Wood ou Sally Mann, l’été 2019 est une fois encore l’occasion rêvée pour flâner engagée dans les musées français. 

 

Futures of Love

Courtesy the artist and Deborah Schamoni, Munich

© Amalia Ulman, Dignity 01, 2017 – Photographie Rag Ultra Smooth 305, cadre en métal, 61 x 46 cm – Courtesy the artist and Deborah Schamoni, Munich

Quoi? À quoi ressemblera la vie amoureuse et sexuelle dans les années à venir? C’est le sujet sur lequel s’est penchée la quarantaine d’artistes invité·e·s dans cette expo d’anticipation. Entre dystopie, fantasme et espoir, on se frotte tour à tour à de dérangeantes mais néanmoins nécessaires questions, comme la dématérialisation et la marchandisation des relations, mais aussi l’utilisation du sentiment amoureux par la science ou les nouveaux modes de procréation. Ambiance Black Mirror garantie.

Mentions spéciales: pour les sculptures d’Anna Uddenberg où des femmes prennent la pose dans des positions improbables pour la beauté du selfie, la photo très “digne” d’Amalia Ulman et les tableaux sous Viagra de Pamela Rosenkranz. 

Infos: Jusqu’au 20 octobre (fermeture estivale du 5 au 26 août) aux Magasins Généraux, 1 Rue de l’Ancien Canal, 93500 Pantin. 

 

Prince.sse.s des villes

Newsha-Tavakolian,-Listen,-2011,-Installation-video

© Newsha Tavakolian, Listen, 2011, Installation-vidéo

Quoi? Tout d’abord, merci au Palais de Tokyo pour ce titre inclusif, ça fait du bien. En allant digguer dans les scènes artistiques émergentes de Dacca, Lagos, Manille, Mexico et Téhéran, les commissaires d’expo sortent des sentiers battus de l’art contemporain pour provoquer collisions culturelles, chaos visuel, trafic sensoriel. On en ressort secoué·e mais bien plus vivant·e, comme après une traversée la nuit à pleine vitesse, d’une mégalopole, bruyante et saturée.

Mentions spéciales: aux sculptures queer de Chelsea Culprit, tout droit sorties d’une nuit interdite à Mexico, aux vidéos muettes de Newsha Tavakolian représentant des chanteuses interdites de se produire seule sur scène à Téhéran.

Infos: Jusqu’au 8 septembre au Palais de Tokyo, 13 Avenue du Président Wilson, 75116 Paris.  

 

Margaret Harrison – Danser sur les missiles

MH_Good Enough_2 Margaret Harrison Good Enough to Eat 2, 1971 © Collection particulière

© Margaret Harrison, Good Enough to Eat 2, 1971, Collection particulière

Quoi? La première rétrospective en France de l’artiste-activiste britannique Margaret Harrison, cofondatrice du London Women’s Liberation Art Group en 1970. Longtemps négligé, son travail accède aujourd’hui à une nouvelle visibilité et résonne avec les discours actuels sur le genre et l’identité sexuelle. Incisif, intersectionnel et pop.

Mention spéciale: à son Superman en talons aiguilles. C’est l’une des œuvres qui provoqua la fermeture par la police du premier solo show d’Harrison en 1971. Le traitement du corps masculin a été considéré comme trop provocateur. Le dessin représentant une femme dans un sandwich, lui, n’a pas posé de problème…

Infos: Du 28 juin au 6 octobre 2019, au 49 NORD 6 EST – Frac Lorraine, 1 bis Rue des Trinitaires, Metz. 

 

Pixy Liao – Une relation expérimentale

Pixy-Liao,-Start-your-day-with-a-good-breakfast-together,-from-the-Experimental-Relationship-series,-2009

© Pixy Liao, Commencer la journée en prenant un bon petit-déjeuner ensemble, tirée de la série Une Relation expérimentale, 2009. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

Quoi? Depuis 2007, la photographe chinoise Pixy Liao se met en scène avec Moro, son petit ami japonais, de cinq ans son cadet. Jusque là rien d’extraordinaire. Sauf qu’elle structure ses images de façon à apparaître au‐dessus de lui, afin de le toiser, ou encore complètement habillée alors qu’il est nu. L’idée? Prendre le contrepied de nos attentes en matière de rôle attribué à un genre.

Mention spéciale: à Moro, le boyfriend: “Il m’a permis de me rendre compte que les relations hétérosexuelles n’avaient pas besoin d’être standardisées. L’objectif de cette expérience est de faire éclater le modèle inhérent aux relations hétéros pour laisser la place à de nouvelles formes d’équilibre”, explique Pixy Liao. 

Infos: Du 1er juillet au 22 septembre aux Rencontres de la Photographie, Croisière, Boulevard Émile Combes, Arles. 

 

At the Gates

- Artists’ Campaign to Repeal the Eighth Amendment (Áine Phillips), R-E-P-E-A-L, 2017 vue de l'exposition At the Gates, La Criée centre d'art contemporain, Rennes, 2019 courtesy de l’artiste – photo : Benoît Mauras

© Artists’ Campaign to Repeal the Eighth Amendment (Áine Phillips), R-E-P-E-A-L, 2017 vue de l’exposition At the Gates, La Criée centre d’art contemporain, Rennes, 2019 courtesy de l’artiste – photo: Benoît Mauras

Quoi? Une expo qui se fait l’écho de la lutte pour l’émancipation des femmes et pour leur droit à disposer de leur corps en mettant à l’honneur les voix puissantes et singulières d’artistes engagées. L’occasion de voir entre autres le film Sorcières, mes sœurs de Camille Ducellier ou d’admirer les bannières colorées du groupe Artists’ Campaign to Repeal the Eighth Amendment, utilisées pour manifester contre l’interdiction de l’avortement en Irlande (enfin légal depuis 2018). 

Mention spéciale: à la ville de Rennes qui propose également Créatrices, l’émancipation par l’Art au Musée des Beaux-Arts, avec plus de 80 œuvres féministes.

Infos: du 15 juin au 25 août 2019, La Criée Centre d’Art Contemporain, Rennes.

 

Tom Wood – Mères, Filles, Soeurs 

Tom-Wood,-Walking-Through-Shoes,-1991

© Tom Wood, Walking Through Shoes, 1991

Quoi? Comme à son habitude, le “Photie Man” (le type à l’appareil photo), comme l’appellent les Liverpuldien·ne·s, rend toute sa beauté au banal et au quotidien avec cette série spéciale “ladies”. L’Irlandais touche ici du doigt la complicité féminine, fait ressentir l’intime, avec cette justesse et cette pudeur qui lui sont propres. Ces clichés, posés ou saisis sur le vif, pris dans la rue entre 1970 et 1990, sont présentés aux côtés d’une sélection de la collection personnelle de cartes postales et de photographies de famille de Tom Wood. De quoi découvrir une autre facette du personnage.

Mention spéciale: au bienveillant Martin Parr qui le qualifiait dès 1998 de “génie méconnu de la photographie britannique”.

Infos: Du 1er juillet au 22 septembre aux Rencontres de la Photographie, Salle Henri-Comte, 28 Rue de l’Hôtel de ville, 13200 Arles. 

 

Sally Mann – Mille et un passages

Sayra and Neil Meyerhoff. © Sally Mann

Gorjus1989, Sally Mann, Gelatin Silver print. Sayra and Neil Meyerhoff © Sally Mann

Quoi? La première rétrospective d’envergure d’une figure majeure de la photographie américaine. Son œuvre se lit comme un journal intime teinté de mélancolie, dans lequel Sally Mann interroge, à travers les portraits des membres de sa famille, les passages entre adolescence et âge adulte, entre vie et mort. L’expo montre aussi très bien son attachement à son Sud natal et les questions fortes et provocantes, sur l’histoire, l’identité, la race et la religion, qui touchent cette terre mais transcendent aussi les frontières géographiques et nationales.

Mention spéciale: au catalogue de l’expo, qui permet de rapporter chez soi un peu de l’intensité et de la beauté obsédante de ces photographies tout à la fois expérimentales et élégiaques.

Infos: du 18 juin au 22 septembre au Jeu de paume, Paris.

 

Berthe Morisot

Chasse aux papillons, 1874 Huile sur toile, 46 x 56 cm Paris, musée d'Orsay, RF 1681 Photo © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Chasse aux papillons, 1874 Huile sur toile, 46 x 56 cm Paris, musée d’Orsay, RF 1681 Photo © Musée d’Orsay, Dist. RMN-Grand Palais / Patrice Schmidt

Quoi? Depuis 1941, aucun musée parisien n’avait rendu hommage à Berthe Morisot: le Musée d’Orsay corrige le tir en proposant, enfin, de redécouvrir la modernité de cette figure majeure de la peinture. En 1874, elle est la seule femme à exposer avec ceux que l’on appellera bientôt les “impressionnistes”, et on la considère comme la cofondatrice du mouvement avec Monet, Degas, Renoir ou Manet. Ses tableaux sont une exploration de l’identité moderne qu’elle a délibérément voulu ambiguë.

Mention spéciale: à cette phrase écrite dans un carnet, en 1891: “Je ne crois pas qu’il y ait jamais eu un homme traitant une femme d’égale à égal, et c’est tout ce que j’aurais demandé, car je sais que je les vaux.” Morisot, parce qu’elle les vaut bien.

Infos: du 18 juin au 22 septembre 2019 au Musée d’Orsay, 1, rue de la Légion d’honneur, 75007 Paris. 

Sophie Peyrard 


1. Blachette, l’illustratrice made in France préférée de Rihanna

L’illustratrice de 29 ans, inconnue il y a encore quelques années, croule sous les projets et demandes de collaborations. Elle a dû quitter son poste de cadre pour enfin vivre de sa passion: le dessin. En plus de son coup de crayon stylé, c’est son regard engagé, son humour et son goût pour dessiner des femmes racisées qui font sa singularité. 
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

2. Alma, Meryem Aboulouafa, Charli XCX: 3 musiciennes Cheek à écouter en ce moment

Ces trois musiciennes viennent de sortir un album: on les a écoutés et approuvés pour vous. 
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

3. A l'écran, les personnages de femmes queers prennent enfin de l'épaisseur

Avec Douglas, Feel Good, Twenties ou encore Work in progress, des humoristes queers à la féminité hors-norme et aux vies peu conventionnelles racontent leurs expériences et leurs points de vue. Une première. 
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

4. Jehnny Beth explore son désir et sa sexualité dans un premier album solo brûlant

Sur scène, avec Savages, Jehnny Beth est explosive, sexuelle. En solo, elle explore le désir sur un premier album brûlant d’intensité, To Love Is To Live, qui devance la sortie d’un recueil de nouvelles érotiques.
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

5. Comment l'art menstruel continue de se renouveler

Ces dernières années, une nouvelle génération d’artistes féministes se réapproprie le sang menstruel pour en faire la matière première d’installations, de tableaux et de performances. Un courant qui, même si loin d’être neuf, n’a pas fini de faire couler de l’encre.
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

6. Dans son roman, Sarah Barukh ausculte une amitié féminine née dans les 90's

Envole-moi est le troisième roman de Sarah Barukh, qui nous fait découvrir une amitié intense entre deux ex-ados des années 90. 
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.

7. “Vénus”: cette nouvelle websérie LGBT+ a besoin de vous

En cours de développement mais déjà prometteuse, la websérie LGBT+ Vénus a besoin de votre contribution pendant sa campagne de crowdfunding. 
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste. - Cheek Magazine
© Pixy Liao, Ça n’a jamais été facile de te porter, tirée de la série “Une relation expérimentale”, 2013. Avec l’aimable autorisation de l’artiste.