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Rencontres

Angoulême: 5 dessinatrices de la génération Y à découvrir d'urgence

La 42ème édition du Festival de la BD, qui a eu lieu ce week-end à Angoulême, a été l’occasion de découvrir quelques jeunes dessinatrices ayant déjà signé chez des éditeurs ou qui s’auto-publient. Passage en revue, avec selfies dessinés par leurs soins.  

Emelie Östergren

Emilie Ostergren

Autoportrait par Emelie Östergren © Clémentine Gallot pour Cheek Magazine / The Duke and His Army, DR 

Sur le stand dédié à la bande dessinée scandinave, on rencontre cette Suédoise de 32 ans, originaire de Stockholm, qui s’est fait remarquer par son trait tourmenté et enfantin. Auteure des albums Evil Dress et The Duke and His Army, cette diplômée en dessin classique a étudié l’illustration.

Tes inspirations, ta technique?

Mes inspirations sont multiples, elles vont de la narration du cinéma muet au théâtre, en passant par la pop culture ou David Lynch. Récemment, je suis devenue fan de Rutu Modan (Ndlr: Fauve d’or en 2014 pour La Propriété), sa technique est parfaite et m’inspire énormément. Ma technique à moi ressemble à de la gravure avec un stylo.

Ton actu?

Mon nouveau livre, Bortbytingen, est une adaptation, ma première, d’un conte folklorique de la grande écrivaine suédoise Selma Lagerlöf. C’est à propos d’un couple qui adopte un troll à la place d’un bébé! C’est un projet très différent de ce que je fais d’habitude. C’est aussi la première fois que je viens à Angoulême.  

Tes projets?

Ma prochaine bande dessinée s’appellera Dreamcatcher, il paraît que c’est aussi le titre d’un livre de Stephen King, mais je m’en fiche! Il s’agira de harcèlement des enfants et de la construction de l’identité. C’est inspiré par l’histoire de ma mère, quand elle était petite.

 

 Yoon-Sun Park

Yoon Sun Park

Autoportrait par Yoon-Sun Park © Clémentine Gallot / L’Aventure de l’homme-chien (éditions Misma), DR 

Cette timide Coréenne de 34 ans a notamment publié Le Jardin de Mimi et L’Aventure de l’homme-chien, cocasses aventures d’animaux anthropomorphes. Originaire de Séoul, installée en France depuis 2008, elle a suivi des études de design visuel et se dit néophyte en bande dessinée.

Ton style?

J’ai beaucoup de styles différents, j’utilise souvent une plume, de l’encre de Chine et de l’aquarelle. Je dessine plutôt pour les adultes mais je travaille aussi pour une revue coréenne pour enfants.

Ta dernière publication?

L’Aventure de l’homme-chien. C’est compliqué à résumer: un garçon n’arrive pas à devenir fonctionnaire, il décide alors de devenir chien policier. Les gens le prennent pour un chien, mais pas pour un fonctionnaire! Haha!

Ta particularité?

Depuis ce livre, je me dessine sous forme de petite poule, je ne sais pas très bien expliquer pourquoi. (Rires.)

 

Sarah Bédoucha, Myriam Schüssler et Babé, alias La Camaraderie

La Camaraderie

Autoportrait La Camaraderie © Clémentine Gallot pour Cheek Magazine / Sur leur stand à Angoulême © Clémentine Gallot pour Cheek Magazine 

Les trois vingtenaires rigolardes, membres du collectif belge La Camaraderie, basé entre Bruxelles et Liège, méritent bien leur nom. Elles se sont rencontrées à l’École supérieure des Arts Saint-Luc à Liège. 

Les débuts de La Camaraderie?

On a monté le collectif il y a trois ans, en revenant d’Angoulême. On avait vu des trucs chouettes au festival, qui nous avaient donné envie de faire quelque chose, de nous créer du boulot en faisant nos propres fanzines et nos livres parce qu’on savait qu’on ne trouverait jamais de job dans la BD. Nos références, au début, c’était L’Association ou Cornélius, mais aussi les 48h BD au Québec, des gens à peine plus âgés que nous. On aime bien aussi la maison d’édition belge L’employé du moi. Tout ce qu’on gagne, on l’investit dans le collectif avec une aide de l’Académie des beaux arts de Liège.

Vos dernières publications?

On publie régulièrement un journal et aussi des tout petits formats alambiqués, à la photocopieuse, en gravure, bref tous types d’impressions. Sarah et Myriam ont travaillé ensemble sur un livre, dont chacune signe une page alternativement: ce sont des témoignages de femmes sur l’avortement mises en regard avec des gravures du visage de la mère de Myriam, décédée. Mais on fait aussi des trucs joyeux! 

Vos projets?

On propose deux ateliers, à Liège et Bruxelles, et on voudrait inaugurer notre propre atelier dans cette dernière ville. Et collaborer: on a une idée de résidence avec le collectif du Cagibi à Lille.

 

Marion Fayolle

Marion Fayolle

Autoportrait Marion Fayolle © Clémentine Gallot pour Cheek Magazine / Les Coquins (éditions Magnani), DR 

À 26 ans, Marion Fayolle travaille avec les éditions Magnani où elle dessine pour la jeunesse. Sortie il y a trois ans et demi des Arts déco de Strasbourg, section illustration, installée à Lyon depuis, elle vient pour la cinquième fois au festival d’Angoulême. On connaît sa patte depuis La Tendresse des pierres et Les Coquins, mini manuel érotico-rigolo.

Les débuts des Coquins?

J’ai commencé à faire cette série de dessins pour la revue Nyctalope dont je m’occupe, une revue laboratoire. J’étais partie sur des petits dessins coquins et humoristiques, avec un rapport surréaliste entre deux personnages.

La suite?

Après avoir fait une quinzaine de dessins, j’ai décidé de poursuivre avec un petit ouvrage qu’on peut cacher sous le manteau.

Tes projets?

Mon nouveau livre sera comme une comédie musicale, mais il est un peu tôt pour en parler.

 

Margaux Chetteau

Margaux Chetteau OK

Autoportrait Margaux Chetteau © Clémentine Gallot pour Cheek Magazine / Bocal (Les Siffleurs), DR 

Fraîchement diplômée du master en bande dessinée d’Angoulême, la dessinatrice de 23 ans, fan d’Edward Gorey, a monté avec d’autres anciens élèves l’association Les Siffleurs. Une première pour eux, au festival.

Ta technique?

Je travaille plutôt à l’encre et au pinceau sec ou à la mine de plomb. Je suis très noir et blanc en ce moment, mais j’essaye de me mettre un peu à la couleur.

Ton style?

Dans l’asso, on est plutôt branchés fantastique, on joue sur les codes. On fonctionne comme un atelier de création, en se donnant des thèmes, comme par exemple “le double” ou “la tempête”, et on en fait une collection. Ou un recueil. 

Tes projets?

On planche déjà sur un livre collectif sur le thème du château, avec plusieurs auteurs.

Propos recueillis par Clémentine Gallot


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