culture

Série documentaire

Pour Arte, elle tire le portrait de la “Noire Amérique”

En huit épisodes de 5 minutes, Caroline Blaché retrace dans Noire Amérique l’apport culturel des artistes afro-américains à l’histoire des États-Unis. À voir.
Pam Grier, DR
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Dans quelques jours s’achèvera le deuxième mandat du premier président noir des États-Unis, Barack Obama. Son élection restera hautement symbolique et changera à jamais la représentation des noirs en Amérique et dans le monde. Pourtant, la colère n’a pas cessé de progresser dans les rues américaines, alors que des citoyens noirs continuent d’être régulièrement abattus par la police, donnant naissance au mouvement Black Lives Matter. Pour Arte, la jeune historienne Caroline Blaché s’est plongée dans les archives de la culture afro-américaine et, en collaboration avec Florent de la Tullaye, a tiré le portrait de cette Noire Amérique en huit épisodes de 5 minutes, tous accessibles sur le site de la chaîne. Interview express.

Comment est né le projet de Noire Amérique?

Au départ, l’idée était de réfléchir à la contribution des artistes afro-américains à l’histoire des États-Unis. De fil en aiguille, j’ai élargi l’angle culturel à l’angle social, je voulais montrer comment aujourd’hui, la jeune génération reprend le flambeau du Black Power des années 60-70. Plutôt que de parler pour la énième fois d’Angela Davis, du jazz et de Martin Luther King, j’ai voulu montrer des visages contemporains comme Beyoncé ou Kendrick Lamar, qui font passer des messages, malgré les critiques qu’on peut parfois leur faire. Et bien sûr, je voulais parler du mouvement Black Lives Matter, qui a été lancé par plusieurs jeunes femmes.

Les débats qui agitent les afro-américains sont-ils pris en compte par les candidats à la présidentielle?

Oui, même si l’électorat afro-américain ne se sent pas représenté par Donald Trump et Hillary Clinton, deux candidats blonds aux yeux bleus. Du côté démocrate, une partie de l’establishment noir soutient Hillary Clinton, mais le mouvement Black Lives Matter n’a appelé à voter pour aucun des deux candidats. Côté Républicains, des personnalités noires comme Colin Powell ou Condoleeza Rice ont désavoué publiquement Donald Trump, qui symbolise la peur d’une partie de l’Amérique de voir disparaître son identité blanche. Mais c’est un fait, l’Amérique blanche va disparaître, car c’est un pays de migrations. Et les discussions qui ont lieu là-bas ont un écho chez nous, en France, où les afro-descendants sont nombreux. L’histoire n’est pas la même, mais j’ai trouvé intéressant de faire des États-Unis une sorte de miroir à ce qui se passe chez nous.

Es-tu optimiste sur l’avenir des afro-américains?

Même s’il y a encore énormément de racisme aux États-Unis, l’histoire du pays s’écrit lentement, en partie à travers les films ou la musique, d’où mon intérêt pour la culture afro-américaine. Aujourd’hui, la jeune génération se réapproprie cette histoire et l’assume de plus en plus. Quand Michelle Obama déclare qu’elle vit à la Maison-Blanche, un lieu construit par des esclaves, alors qu’elle-même est descendante d’esclaves, elle montre que les choses changent. De même, quand Beyoncé évoque dans Lemonade ses parents originaires d’Alabama et de Louisiane, son enfance au Texas et les cheveux afro de sa fille, elle dit qu’elle est fière d’être noire et d’avoir le pouvoir.

Propos recueillis par Myriam Levain


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Pam Grier, DR - Cheek Magazine
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