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Elles ont crée Belleville, une maison d'édition consacrée aux littératures étrangères et engagées

Dorothy Aubert et Marie Trébaol, deux éditrices parisiennes, ont lancé la maison Belleville en 2015. Elles donnent ainsi la parole à des autrices et auteurs militant·e·s, venu·e·s de Turquie, d’Arménie ou encore d’Égypte, et nous entraîne à la découverte de nouvelles cultures. Entretien express.
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D’un coté, il y a Dorothy Aubert, 34 ans, éditrice et passionnée de voyages, de littérature, de romans graphiques, de cinéma indépendant, de rencontres. De l’autre, Marie Trébaol, 33 ans, éditrice, globe trotteuse également qui aime “les ports et la mer, lire en marchant, apprendre en lisant, la photo, les gens, le débat, les rires”. À elles deux, elles ont fondé la maison d’édition Belleville, du nom du quartier parisien où elles ont chacune posé leurs valises. Des valises qu’elles ont toutes deux trimballées aux quatre coins de la planète. 

Dorothy Aubert se souvient notamment de ses envies d’ailleurs, éprouvées après cinq ans passés dans diverses maisons d’éditions: “J’avais des fourmis dans les jambes… Je suis donc partie pour un long voyage, à la découverte du livre d’ailleurs. Deux mois en librairie française à Istanbul, durant l’été de la révolte de Gezi, puis à Bucarest, dans la jolie librairie Kyralina, ensuite l’Amérique latine et le Moyen-Orient un sac sur le dos. Deux ans plus tard, retour à Paris, d’attaque pour lancer Belleville!” Avec sa complice Marie Trébaol, rencontrée dans une grande maison d’édition où elles ont travaillé pendant un an, elles se lancent donc pour “créer la maison idéale, celle qui publierait les livres que nous rêvions de lire. Des voix d’ailleurs, de contrées moins explorées, des romans qui ouvrent une fenêtre sur le monde, et emmènent le lecteur en voyage dans une culture.

Comment vous est venue l’idée de Belleville Éditions?

Tout a commencé au moment du voyage. C’était l’occasion rêvée d’aller défricher des territoires parfois délaissés par l’édition classique. Aller à la rencontre des libraires, des auteur·e·s, des lecteur·rice·s d’ailleurs. Nous constations toutes les deux que, lorsque l’on préparait une escapade, on cherchait les romans, les films, la musique, l’art qui pouvaient déjà donner le pouls de ce que l’on allait rencontrer sur place. C’est ainsi que nous avons choisi de publier des auteur·e·s turc·que·s, moldaves, arménien·ne·s, égyptien·ne·s.. . Nous avons également donné au projet un aspect connecté: pour chacun de nos titres, nous créons un espace web dédié au livre, relayant des articles, de la musique et des galeries photos liées à l’univers du roman. Un moyen pour nous de montrer les décors et d’éclaircir certains points d’une culture, pour montrer que la littérature étrangère peut être accessible à tous. 

Pourquoi se concentrer sur une littérature étrangère, populaire et engagée?

Nous souhaitions donner la voix à celles et ceux que l’on entend moins. À titre personnel, nous avions envie de lire des féministes turques, des brésilien·ne·s du Nordeste et non de Rio ou São Paulo, des égyptien·ne·s qui parlent de femmes et de sensualité… Nous trouvions dommage de limiter la littérature d’un pays à une actualité politique ou à de simples “bonnes histoires” transposables un peu partout. On peut lire un bon roman, et s’ouvrir l’esprit par la même occasion, découvrir des aspects d’une culture, comprendre mieux une société par l’humain. Nous cherchons des voix qui cassent les codes, qui proposent quelque chose de différent, et qui sont toujours très ancrées dans leur pays. Nous voulons proposer des voyages par la lecture, dans une ville, une époque, une problématique, sociale, politique ou humaine. 

Des coups de cœur récemment? 

Nous sommes très fières de notre dernier programme qui donne la voix à deux générations de féministes en Turquie. Leylâ Erbil, est une immense autrice et unique femme à avoir été nommée pour le prix Nobel. Son roman, Une drôle de femme, raconte l’histoire d’une apprentie poétesse aux idéaux socialistes dans la République conservatrice des 50’s. Nous l’avons mis en parallèle avec Ne tournez pas la page de Seray Şahiner, jeune autrice aux multiples facettes, voix montante du féminisme, qui parle dans ce texte poignant de violences conjugales, en s’inspirant de faits divers malheureusement banals en Turquie aujourd’hui. Pour la rentrée, nous préparons aussi un magnifique roman arménien qui parle d’homosexualité dans un pays où elle n’est pas du tout acceptée.

Propos recueillis par Audrey Renault


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