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Dossier Femmes et pouvoir / En partenariat avec le CFPJ

3 bonnes raisons d’aller voir Les Suffragettes

Pour la première fois au cinéma, un film raconte l’histoire des suffragettes, ces femmes britanniques qui se sont battues pour obtenir le droit de vote. Avec Carey Mulligan dans le rôle-titre, voici 3 bonnes raisons d’y aller.
© Pathé Distribution
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Parce que c’est un film de femmes

Faire un film sur les suffragettes, ces femmes britanniques qui, au début du XXème siècle, se sont battues -et l’ont parfois été- pour obtenir le droit de vote, impliquait forcément de faire la part belle aux actrices féminines. Ici, Carey Mulligan, Helena Bonham Carter et Meryl Streep entraînent dans leur sillage toute une flopée d’actrices, des rôles secondaires aux nombreuses figurantes. Une représentation massive de femmes à l’écran mais aussi derrière la caméra, où elles sont nombreuses à avoir porté le projet, à commencer par Sarah Gavron, réalisatrice du film. Suivent la scénariste Abi Morgan, les productrices Faye Ward et Alison Owen, la chef décoratrice Alice Normington, ou encore la costumière Jane Petrie. 

Une affiche bienvenue, après une année où les inégalités hommes-femmes ont régulièrement été dénoncées à Hollywood. D’autant plus qu’ici, les femmes incarnées vont à l’encontre des clichés habituels: pas de potiches ni d’ingénues, mais des femmes issues de tous les milieux, fortes, engagées et déterminées à mener leur combat. “Jusqu’alors, les femmes de classes sociales différentes ne se mélangeaient pas. Le mouvement pour le suffrage des femmes leur a permis de se parler pour la première fois dans un véritable esprit de communauté et de générosité”, a rappelé Carey Mulligan pendant la promotion du film.

 

Pour Carey Mulligan, une fois de plus parfaite

On l’a adorée dans DriveShame, ou encore Gatsby le Magnifique. Carey Mulligan se révèle incroyable de justesse dans le rôle de Maud Watts, une jeune ouvrière qui travaille dans une blanchisserie. Mariée et mère d’un petit garçon, elle rejoint les suffragettes et sacrifie sa vie personnelle pour cet engagement. Ici, sa justesse d’interprétation nous émeut, elle n’en fait jamais trop, ni trop peu. Lauréate d’un BAFTA en 2010 pour Une Éducation, elle était le premier choix de l’équipe du film pour interpréter Maud. “Carey Mulligan fait partie des rares actrices capables d’être d’une justesse et d’une sincérité absolues, même si elles n’ont que quelques lignes de dialogue. Elle a ce talent incroyable de se glisser dans la peau des personnages qu’elle interprète. Elle est juste, captivante et possède une présence extraordinaire à l’écran”, a déclaré, admirative, Sarah Gavron.

Les Suffragettes et le droit de vote des femmes

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Son perfectionnisme aussi la distingue. Pour ce film, Carey Mulligan a accepté de ne pas être maquillée pour donner plus de vérité à son personnage et n’a pas lâché des mains Hard Way Up, l’autobiographie d’Hannah Mitchell, une jeune ouvrière sans éducation devenue figure de proue du mouvement des suffragettes. Elle parvient même à nous faire oublier la faible présence de Meryl Streep, qui ne fait qu’une apparition dans le film, et qu’on aurait aimé voir davantage.

 

Parce qu’en 2015, le combat continue

Le générique de fin nous interpelle en mentionnant quelques dates-clés de l’obtention du droit de vote pour les femmes dans le monde: 1901 en Australie, 1918 au Royaume-Uni, 1944 en France, 1954 en Colombie, 1971 en Suisse, 1974 au Portugal… Alors que les Saoudiennes voteront pour la première fois cette année. “Ce film ne raconte pas une histoire sur une époque révolue, sans lien avec ce que nous vivons aujourd’hui. Il ne s’agit pas d’un évènement historique figé dans le passé mais d’un mouvement général qui est toujours d’actualité”, a d’ailleurs commenté Carey Mulligan. Aujourd’hui, la lutte pour l’égalité continue, que ce soit en matière de salaires, ceux des femmes étant encore inférieurs à ceux des hommes, de répartition des tâches ménagères ou de parité dans les instances de décision.

En nous rappelant à quel point la lutte pour l’égalité des droits fût une bataille difficile -“La guerre est le seul langage que les hommes comprennent” dit l’une des protagonistes-, ce film invite le spectateur à s’interroger. Quand Carey Mulligan, Helena Bonham Carter et leurs comparses sacrifient leurs vies personnelles, subissent les coups, les injures, les humiliations ou séjournent en prison, nous pouvons nous poser cette question: et nous, jusqu’où serions-nous prêtes à aller pour défendre nos droits et lutter contre certaines inégalités qui persistent?

Marine David

Les Suffragettes, Sarah Gavron. En salles le 18 novembre.


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