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“Célibataire, mode d’emploi”: pourquoi cette rom com avec Rebel Wilson rate le coche

Hollywood tente de renouveler la rom com, en racontant l’histoire de quatre filles modernes. Mais les clichés ont la peau dure et leurs aventures restent bien trop lisses pour changer la donne.
Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros
Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros

Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros


La rom com n’est plus à la mode. Alors pour raconter des histoires d’amour, les scénaristes d’Hollywood tentent ce qu’ils peuvent. Avec Célibataire, mode d’emploi, ils posent une question simple: et s’il fallait arrêter de courir après l’idéal du couple et apprendre à vivre avec soi-même? Pour résoudre cette problématique, ils suivent l’itinéraire de quatre profils modernes. Lucy (Alison Brie) est obsédée par le couple et cherche l’homme parfait en enchaînant les rendez-vous sur des sites de rencontres, via un algorithme qu’elle a élaboré pendant ses longues soirées de solitude au coin du feu. Robin (Rebel Wilson), est la célibataire fière de l’être, qui change de partenaire chaque soir. Meg (Leslie Mann) est la working girl typique, qui a parfaitement réussi sa vie d’obstétricienne mais en a oublié d’avoir une vie personnelle. Et enfin, il y a le personnage principal, qui rassemble toutes ces problématiques. Se sentant trop dépendante de son petit ami “parfait”, Alice (Dakota Johnson) décide de le quitter pour se trouver. Mais il lui faut un guide pour évoluer dans le monde impitoyable du célibat à New York.

 

Célibataire mode d'emploi Dakota Johnson Leslie Mann © Warner Bros

Dakota Johnson et Leslie Mann © Warner Bros

 

Toutes les mêmes

Questionner comment quatre femmes répondent à l’injonction de se “caser”: sur le papier, l’idée est plutôt intéressante. Mais il y a un sérieux manque de recherche. Au moment des nominations aux Oscars, un montage qui circulait sur Twitter montrait les quatre prétendantes au titre de meilleure actrice comme “la même femme à cinq âges différents”. C’est exactement ce qu’on peut reprocher à Célibataire, mode d’emploi, qui montre quatre expériences assez similaires et de vrais archétypes: quatre filles blanches hétéros et plutôt aisées, qui vivent à New York et ont le même genre de préoccupations. Quitte à faire un film choral, autant pousser l’étude plus loin et arrêter de tourner autour du même personnage. Mais le but ici est de divertir, et cet objectif s’avère bien trop restrictif. Alors les différences entre les quatre filles resteront minimes et terriblement “first world problems”: l’une doit squatter chez sa sœur, l’autre n’a pas le wifi dans son appart… Toujours est-il que toutes peuvent passer leur nuit à s’enfiler des cocktails dans des bars new-yorkais sans se soucier de l’addition.

 

Leslie Mann Dakota Johnson Célibataire mode d'emploi © Warner Bros

© Warner Bros

 

Cinquante nuances de clichés

Le film ne s’éloigne pas tant des clichés véhiculés par des rom coms plus old school comme Le Journal de Bridget Jones, et la morale du film est aussi lisse que son héroïne interprétée par Dakota Johnson (la star de Fifty Shades of Grey). Certaines se casent, d’autres font la fête, d’autres font des treks à la montagne pour se trouver et avoir des révélations dignes d’un livre de développement personnel. D’accord, les héroïnes sont plutôt libérées. Mais le film leur conseille quand même de ne pas oublier de s’épiler et de compter le nombre de bières qu’elles peuvent ingurgiter avant de coucher avec un mec. Rien de bien révolutionnaire sous le soleil d’Hollywood.

 

Celibataire mode d'emploi Anders Holm Dakota Johnson © Warner Bros

Anders Holm et Dakota Johnson © Warner Bros

 

Des actrices sous-utilisées

Reste que les quatre actrices réussissent à sauver quelques scènes du film. Alison Brie apporte, comme toujours, un mélange génial d’innocence et d’excentricité. Dans une scène mémorable, elle commence à découper le bas de sa gaine avec des ciseaux devant les enfants d’une bibliothèque, médusés par ce geste. Rebel Wilson, elle aussi, est géniale en fêtarde jusqu’au-boutiste, mais son personnage manque un peu de substance pour apporter autre chose qu’une punchline occasionnelle. Les gags tombent souvent à plat, et c’est dommage avec une dynamique de groupe qui aurait pu fonctionner à plein régime. Le “guide du célibat” se transforme au fur et à mesure en comédie somme toute très traditionnelle. Il faudra encore qu’Hollywood se déleste de ses normes et de ses limitations pour produire la rom com du futur. On l’attend.

Pauline Le Gall

En salles le 2 mars 2016.

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Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros - Cheek Magazine
Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros

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Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros - Cheek Magazine
Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros

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Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros - Cheek Magazine
Dakota Johnson et Rebel Wilson © Warner Bros