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C.L.I.T: Quand deux militantes féministes se mettent au rap pour en dénoncer la misogynie

Les militantes Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles, alias C.L.I.T., ont réalisé une vidéo parodique du St Valentin d’Orelsan et Gringe. Drôle, mais pas que(ue). 
Capture d'écran de “Saint-Valentin”
Capture d'écran de “Saint-Valentin”

Capture d'écran de “Saint-Valentin”


Grâce à des morceaux antisexistes, certaines ont bâti toute une carrière (comme Yelle et son Je veux te voir, réponse “chattue” -tentative d’alternative à “couillue”- au très misogyne Girlfriend de TTC). D’autres, comme Le Meufisme, avec Vahina Giocante en rappeuse vénère, avaient réussi à twister la fête des mères 2015 de la meilleure façon possible. 

En cette Journée internationale des droits des femmes, où se bousculent les pires et les meilleures initiatives, il est un duo qu’on n’attendait pas forcément sur ce terrain-là. Elvire Duvelle-Charles et Sarah Constantin, respectivement réalisatrice et journaliste, toutes deux militantes féministes connues pour leurs actions au sein de Femen, ont laissé libre cours à leur flow pour rapper leur ras-le-bol de la misogynie dans les textes de rap. 

Résultat, C.L.I.T, un “duo parodique et féministe”, qui détourne ici le morceau St Valentin d’Orelsan et Gringe à base de lyrics bien léchées, un peu comme si Valérie Solanas avait fusionné avec Keny Arkana: “J’espère que t’as prévu tout un tas d’antidouleurs / On va dépuceler ta p’tite bite de soi-disant rappeur” ou autres “j’te le dis gentiment, j’suis pas là pour faire de sentiments / j’suis là pour te couper tes dix centimètres”. 

 

 

Pas seulement drôle, la vidéo rappelle aussi, en générique de fin, les chiffres terrifiants et étroitement liés à la culture du viol en France. Pour sa sortie, Sarah Constantin et Elvire Duvelle-Charles ont rédigé un communiqué de presse, qu’on vous reproduit ci-dessous dans son intégralité. 

“C’est en apprenant la relaxe du rappeur Orelsan poursuivi pour ses textes violents envers les femmes que C.L.I.T, duo parodique et féministe, est né. En France, le sexisme semble avoir un statut juridique tout particulier: on appelle ça de la liberté d’expression. Orelsan n’aurait donc rien à se reprocher, puisque ce n’est pas lui qui appelle à violer les femmes, mais son personnage. Mais attendez, si on remplace ‘femme’ par ‘noir’, ‘arabe’ ou ‘juif’, ça s’appelle de l’incitation à la haine non? Le sexisme serait-il moins grave que le racisme? Se faire discriminer pour son sexe moins grave que de se faire discriminer pour sa couleur de peau? Cette parodie de Saint-Valentin d’Orelsan, où le ‘clit’ remplace la ‘bite’, se veut être un miroir des propos sexistes que nous entendons quotidiennement dans les textes de rap, que ce soit ceux de Booba, Karris, Seth Gueko ou Vald, pour ne citer qu’eux. Arrêtons avec cette excuse qui cautionne les textes faisant l’apologie de la culture du viol et de la misogynie sous prétexte que le rap est un moyen d’expression violent. Les rappeurs qui cumulent les millions de vues sur YouTube ont une responsabilité face à leurs fans, ils font partie de la culture pop. En France, une femme se fait violer toutes les 7 minutes et plus d’une centaine de femmes meurent chaque année sous les coups de leur conjoint. Près d’un tiers des 18-24 ans pensent que les femmes peuvent prendre du plaisir à être forcées lors d’une relation sexuelle. Alors, ne serait-il pas temps de faire changer les choses?”

F.K.


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Capture d'écran de “Saint-Valentin” - Cheek Magazine
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Capture d'écran de “Saint-Valentin” - Cheek Magazine
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