culture

“Disobedient Daughters”, l'expo qui casse les stéréotypes autour des femmes asiatiques

“Objet sexuel”, “soumises”, “toutes pareilles”: au centre Metro Arts de Brisbane, en Australie, l’exposition Disobedient Daughters, organisée par la commissaire sino-australienne Sophie Cai, réunit neuf artistes et collectifs de photographes démantelant les stéréotypes de genre et d’ethnicité assignés aux femmes asiatiques.
© Mihyun Kang, “My Midori”
© Mihyun Kang, “My Midori”

© Mihyun Kang, “My Midori”


Quand j’ai atteint la puberté, j’ai réalisé que je serai toujours considérée comme un fantasme sexuel, un objet de curiosité. Les seuls garçons qui s’intéressaient à moi étaient des jeunes obsédés par les mangas ou pire, des hommes blancs d’âge mûr”, déclare l’essayiste Michelle Law dans son ouvrage Red, Hot Anger.

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Ainsi s’ouvre le catalogue de l’exposition Disobedient Daughters (Ndlr: “filles désobéissantes” en français), nous plongeant d’emblée au coeur du sujet. Organisée par la commissaire sino-australienne Sophie Cai au Metro Arts de Brisbane, en Australie, elle rassemble neuf plasticiennes et collectifs de photographes exclusivement féminins, démantelant par l’image les stéréotypes généralement associés aux femmes asiatiques

Motivée par son expérience personnelle, la conservatrice a cherché à porter une exposition qu’elle aurait aimé voir ailleurs, et surtout plus tôt dans sa vie. “Cette exposition est née de mon expérience personnelle d’immigrée chinoise en Australie et de ce que je voyais dans les médias, a t-elle expliqué au magazine HuckD’une certaine manière, j’ai fait un accrochage que j’aurais aimé voir.” 

 

Le portrait et l’autoportrait: clef de voûte de l’exposition 

Irrévérencieuses, critiques et teintées d’ironie, les photographies et les vidéos présentées dans cette exposition mettent au jour des réalités bien souvent méconnues du grand public comme la fétichisation et l’exotisation dont font l’objet les femmes asiatiques. Ici, les différentes artistes cassent ces stéréotypes par l’image, en détournant les codes de représentation ou en multipliant les symboles. Dans plusieurs propositions plastiques, les artistes se mettent en scène ou usent du portrait pour questionner leur identité.

 

“Les femmes asiatiques ne sont pas soumises”, “Les femmes asiatiques ne sont pas soit des prudes, soit des folles du sexe”, “Les femmes asiatiques ne peuvent pas être toutes généralisées”: une installation de l’exposition Disobedient Daughters.

 

La série de photographies de Mihyun Kang pointe pleinement ces questions. À plusieurs endroits de la ville de New York, des femmes sont mises en scène, à genoux, se prosternant en signe de respect. L’artiste Pixy Liao, quant à elle, explore nos rapports à l’hétérosexualité et détourne les schémas de domination classique comme dans ce cliché montrant un homme nu, allongé sur la table d’une cuisine et ayant comme cache sexe une demi papaye qu’une jeune femme au regard vif s’apprête à manger. C’est avant tout des expériences personnelles que ces plasticiennes tentent de retranscrire avec subtilité et une note de fantaisie.

“Disobedient Daughters”, l'expo qui casse les stéréotypes autour des femmes asiatiques

© Pixy Lao, Breakfast

 

Un pied de nez aux politiques migratoires australiennes

Depuis peu, l’Australie connait une croissance démographique record avec ses 28% d’habitants nés à l’étranger, et venant aujourd’hui majoritairement de pays asiatiques. Le pays est donc de plus en plus cosmopolite, mais les autorités peinent à mettre en valeur cette diversité. Le processus d’accès à la nationalité a même récemment été durci. Quant aux institutions artistiques, elles persistent à ne pas aborder ces problématiques bien qu’elles soient symptomatiques de la société australienne. Sophie Cai espère faire évoluer les mentalités en proposant ce type d’exposition: “J’espère que des expositions comme celle-ci contribueront à corriger ce déséquilibre.

Aphelandra Siassia

Cet article a été initialement publié sur le site des Inrocks.

Disobedient Daughters, au Metro Arts de Brisbane, Australie, jusqu’au 21 avril 2018.

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2. Elles ont crée Belleville, une maison d'édition consacrée aux littératures étrangères et engagées

Dorothy Aubert et Marie Trébaol, deux éditrices parisiennes, ont lancé la maison Belleville en 2015. Elles donnent ainsi la parole à des autrices et auteurs militant·e·s, venu·e·s de Turquie, d’Arménie ou encore d’Égypte, et nous entraîne à la découverte de nouvelles cultures. Entretien express.
© Mihyun Kang, “My Midori”  - Cheek Magazine
© Mihyun Kang, “My Midori”

3. Whitney Houston aurait été sexuellement abusée enfant

Dans un documentaire évènement sur la vie de la chanteuse, le réalisateur Kevin Macdonald dévoile le témoignage du demi-frère de Whitney Houston qui accuse leur cousine Dee-Dee Warwick d’avoir abusé d’eux lorsqu’ils étaient enfants. 
© Mihyun Kang, “My Midori”  - Cheek Magazine
© Mihyun Kang, “My Midori”

5. “Behind the Scars”: quand une photographe s'intéresse aux histoires derrière les cicatrices

Une opération, une chute ou des blessures auto-infligées: derrière les cicatrices se cache souvent une histoire. Pour son projet Behind the Scars, la photographe britannique Sophie Mayanne invite ses sujets à raconter la genèse de leurs marques et à examiner l’impact qu’elles ont eu sur la construction de leur identité. 
© Mihyun Kang, “My Midori”  - Cheek Magazine
© Mihyun Kang, “My Midori”

6. Adelaïde Bon signe un roman incroyable sur le viol qu'elle a subi enfant

Elle avait 9 ans quand elle a été violée dans la cage d’escalier de son immeuble. Le coupable ne sera retrouvé et inculpé que 23 ans plus tard. Entre-temps, Adélaïde Bon a souffert et surtout culpabilisé jusqu’à l’autodestruction. Aujourd’hui, elle raconte son parcours dans La Petite fille sur la banquise, un récit littéraire saisissant qui dénonce la culture du viol et la tendance à minimiser un crime que la société peine à définir, à comprendre et donc parfois à punir.
© Mihyun Kang, “My Midori”  - Cheek Magazine
© Mihyun Kang, “My Midori”