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Emilie Tran Nguyen, le nouveau visage de France 3

Débauchée de Canal+ pour succéder à Samuel Etienne à la tête du 12/13, Emilie Tran Nguyen fait grimper les audiences du rendez-vous d’info de la mi-journée de France 3. Récit d’une ascension express.
Emilie Tran NGuyen © Renaud Monfourny
Emilie Tran NGuyen © Renaud Monfourny

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Emilie Tran Nguyen apparaît les bras croisés dans un perfecto noir et le regard déterminé. “Un reflet de la diversité dans le PAF”, légende Libération dans un article consacré à deux amendements pour augmenter la représentation des “minorités visibles” à la télévision.

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Tweetclash avec Florian Philippot

Je ne suis pas le reflet de la diversité mais le reflet de la société”, s’agace la nouvelle présentatrice du 12/13 de France 3 en découvrant sa photo dans le journal. Tout est parti d’un tweetclash avec Florian Philippot à la fin du mois de juin. Réagissant à ces deux amendements, le vice-président du FN dénonce le “triomphe d’une vision ethnique et racialiste de la nation”. Emilie Tran Nguyen le reprend alors de volée: “Non. Juste la volonté de refléter la société, la vraie, celle de la rue, riche de toutes ses différences et de son Histoire.

Dans son bureau de France Télévisions, cette jeune trentenaire précise sa pensée: “Ce n’est pas que je ne le revendique pas mais au bout d’un moment, il va falloir changer d’état d’esprit dans la société.

Née d’un père vietnamien et d’une mère d’origine algérienne, Emilie Tran Nguyen a fait ce qu’il fallait pour en arriver là. “Ils ont du pif chez France 3”, résume Daphné Bürki, avant le dernier JT d’Emilie Tran Nguyen à La Nouvelle Édition, en mars.

 

En plateau, ça pulse

Samuel Etienne parti remplacer Julien Lepers à Questions pour un champion, une place inespérée se libère au 12/13 de France 3. Dans son lit, lorsqu’elle apprend la nouvelle, Emilie Tran Nguyen envisage immédiatement de postuler. Un casting plus tard, Michel Field, le directeur de l’info, l’adoube: “C’est unanime, c’est toi.”  

Devant un million et demi de personnes (l’audience moyenne du JT), Emilie présente son premier 12/13 le 22 mars. En plateau, ça pulse. “Quand j’écris, je me demande quel est le ton, quelle est la couleur du jour. J’absorbe tout ce que j’entends: la radio le matin, mon copain, le chauffeur de taxi ou les discussions à la machine à café. Je veux incarner mon journal, je veux qu’on sente ma vision et, surtout, je veux la transmettre.

Pour Gilles Delafon, en charge des JT sur Canal +, qui a fait débuter Emilie Tran NGuyen, “elle a totalement compris que le journaliste n’était plus là pour apporter l’info mais pour l’expliquer”. Cette vocation est pourtant née tardivement. Après une enfance à Clermont-Ferrand et une scolarité brillante, Emilie Tran Nguyen traîne son spleen en école de commerce. Elle doute et s’ennuie. “Je comprends à ce moment-là que je veux parler aux gens et ne pas passer ma vie à faire des PowerPoint”, confie-t-elle.

 

Joker à la présentation 

Elle refuse un CDI à la régie pub d’Eurosport et finit par trouver sa voie: le journalisme. Elle débute en presse quotidienne régionale à La Montagne et passe très vite derrière l’écran. “Quand j’étais enfant, on se taisait durant le JT”, raconte-t-elle. Elle rêve de s’y essayer mais lors de son contrat en alternance à France Télévisions et plus tard en piges à I-Télé, elle occupe tous les postes, à part la présentation. Elle répare ce manque sur le plateau de France 3 Orléans au printemps 2014. I-Télé est convaincu et la programme pour l’été. “J’avais mis la clef dans la serrure, il n’y avait plus qu’à enclencher.

En mars 2015, Maxime Saada -à l’époque directeur d’antenne- la propulse joker à la présentation sur Canal +. Elle transforme l’essai à La Nouvelle Édition en septembre lorsque Emilie Besse part en congé maternité. Dans la valse des départs des animateurs de Canal +, provoquée par Vincent Bolloré, celui d’Emilie Tran Nguyen n’a pas été le plus commenté. Malgré un soutien unanime de la rédaction, certains dirigeants de la chaîne cryptée émettaient des doutes en coulisses. Vu les audiences du 12/13, ils doivent aujourd’hui s’en mordre les doigts. 

Julien Rebucci

Cet article a été initialement publié sur le site des Inrocks.

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