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Exposition

Avec l'expo “On Abortion”, l'artiste Laia Abril veut montrer que le droit à l'IVG est toujours en danger

On abortion: l’avortement, une vulnérabilité universelle est une exposition de l’artiste Laia Abril, en collaboration avec Médecins sans frontières. A l’aide d’une installation visuelle et sonore, la photographe veut éveiller les consciences sur les enjeux de l’avortement, un droit toujours remis en cause. 
© Laia Abril
© Laia Abril

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En collaboration avec l’association Médecins sans frontières (MSF), la photographe Laia Abril, 32 ans, expose On Abortion, une installation visuelle et sonore à la Maison des Métallos, du jeudi 22 novembre au dimanche 9 décembre. A travers cette exposition, composée de photos, d’objets, d’enregistrements sonores et de témoignages du personnel soignant de MSF, Laia Abril veut confronter le/la visiteur·se aux enjeux et aux répercussions que l’avortement a sur les femmes. 

Photographie, écriture, son, vidéo, la jeune Espagnole est une artiste multidisciplinaire. Journaliste de formation, elle s’intéresse à l’intime et à l’égalité des sexes. Durant ces 10 dernières années, la trentenaire a notamment travaillé sur le projet Eating Disorder, qui traite, comme son nom l’indique, des troubles alimentaires et s’est lancé en 2015 dans A History of Misogyny, dont le premier chapitre, On Abortion, traite de l’interruption volontaire de grossesse (IVG). 

 

Pourquoi tu as choisi de traiter l’intimité et dans ce cas, l’avortement? 

C’est une évolution des différents sujets auxquels je réfléchis depuis de nombreuses années. Mon idée était de remonter le temps sur l’histoire de la misogynie pour que je puisse comparer ce qu’il s’est passé dans le passé, et ce qu’il se passe maintenant. On s’est rendu compte en travaillant que le droit à l’avortement était toujours en danger. Ce projet est un moyen d’expliquer que nous devrons toujours nous battre pour les droits des femmes. Il s’agit aussi de montrer les répercussions quand on n’a pas accès à l’avortement. Les lois restrictives, les sociétés stigmatisées ont un impact sur les femmes qui ne veulent pas devenir mères. Les conséquences sont, pour ces femmes, la prison, une maternité forcée et même la mort. Malheureusement, les politiques élus de nos jours ont l’air d’être encore plus conservateurs, je prends l’exemple de Trump mais il y en a aussi dans beaucoup d’autres pays. C’est un sujet très important, très urgent.

Pourquoi combiner la photographie, les sons et les objets pour cette exposition? 

L’avortement est en quelque sorte invisible. Il est parfois illégal, stigmatisé. La photographie est un moyen de le rendre visible. Quand tu vois les choses, ce n’est pas la même chose que quand tu lis sur un sujet et je pense que ces deux moyens sont complémentaires pour mieux comprendre les enjeux. C’est pareil avec les installations visuelles et sonores. J’utilise ces méthodes pour mieux transmettre ma perspective. L’objectif de la combinaison de toutes ces installations est d’attirer le public sur un sujet auquel il ne se serait peut-être jamais été intéressé.

L’art fait appel entre autres à l’émotionnel et je pense qu’il peut influer sur l’opinion publique.”

Quels objets as-tu choisis? 

Ce ne sont pas que des objets réels, il y a aussi des photographies d’objets, comme des fauteuils gynécologiques, des cintres, parce que c’est souvent avec ça que les femmes pratiquent les avortements, ou encore des médicaments. Ce qui compte, c’est que chaque pièce raconte une histoire. Tous ces outils que j’ai utilisés pour l’exposition, c’est pour vous aider à mieux comprendre les enjeux de l’interruption volontaire de grossesse.

Tu penses que le droit à l’avortement est en danger? 

Oui et tout l’objectif de ce projet, c’est de montrer qu’il l’est toujours. En 2013, par exemple, le gouvernement espagnol a fait une proposition de loi pour restreindre l’accès à l’IVG. C’est un droit qui est 100% en danger et partout dans le monde. 

Selon toi, en quoi l’art peut éveiller les consciences sur l’IVG? 

Je ne peux pas parler pour toutes les formes d’art, mais je peux parler de mon travail. Ce que je voulais faire, c’était avoir un impact sur les gens qui seraient contre l’avortement. En prenant connaissance des enjeux du droit à l’IVG, il est possible de voir les choses différemment. Je crois sincèrement que l’art et la communication ont une grande responsabilité. L’art fait entre autres appel à l’émotionnel et je pense qu’il peut influer sur l’opinion publique. En tout cas, je l’espère!

Wendy Le Neillon 


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