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Expositions

Expositions: 8 artistes pointues ou incontournables à voir à Paris cet automne

Notre sélection d’artistes toutes aussi talentueuses et différentes les unes des autres à voir à Paris cet automne.

Si les femmes sont toujours aussi sous-représentées dans le monde de l’art, certaines d’entre elles ont su trouver le chemin des galeries et des musées parisiens pour s’y exposer cet automne. Qu’elles côtoient une écrasante majorité d’hommes au sein d’expositions groupées (Pop Art – Icons That Matters au musée Maillol, Être Moderne: le MoMa à Paris à la Fondation Louis Vuitton), qu’elles occupent un musée entier dans le cadre d’une carte blanche (Camille Henrot au Palais de Tokyo), ou que leur genre serve de fil rouge à des expositions qui les mettent à l’honneur (Women House à la Monnaie de Paris, Et Dieu créa la femme à la Maison Guerlain), ces femmes n’ont qu’un seul point commun: celui de dédier leur vie à la création.

Reconnues ou en passe de le devenir, mortes ou vivantes, vénérées ou oubliées, les femmes que nous avons sélectionnées, de Louise Bourgeois à Camille Henrot, questionnent leur société et leur époque avec des approches parfois diamétralement opposées. C’est avant tout cette diversité, tant en termes de technique que d’expression, que nous avons voulu célébrer dans cette sélection d’artistes femmes qui s’exposent à Paris cet automne. 

 

Birgit Jürgenssen 

Birgit Jürgenssen, Ich möchte hier raus ! [Je veux sortir d’ici !], 1976/2006.  Photographie noir et blanc, 40 × 30 cm. © Estate Birgit Jürgenssen / Adagp, Paris, 2017 / Collection Verbund, Vienne

Birgit Jürgenssen, Ich möchte hier raus! (Je veux sortir d’ici!), 1976/2006.  Photographie noir et blanc, 40 × 30 cm.
© Estate Birgit Jürgenssen / Adagp, Paris, 2017 / Collection Verbund, Vienne

Qui? La Viennoise Birgit Jürgenssen est considérée comme l’une des plus importantes artistes de l’avant-garde féministe. À travers ses photos, ses dessins, collages ou peintures, cette militante dénonce l’oppression des femmes, comme avec Hausfrauen-Küchenschürze, un tablier en forme de plaques et de four qui l’a fait connaître en 1975. Sa photo Ich möchte hier raus! (“Je veux sortir d’ici!”) ci-dessus, a été choisie comme affiche de l’exposition Women House à la Monnaie de Paris.

Où? À la Monnaie de Paris, donc, où des dizaines d’artistes femmes sont réunies pour l’exposition Women House, qui questionne, sur 1000 mètres carrés, les rapports entre genre féminin et espace domestique. Dans la continuité de l’essai Une Chambre à soi de Virginia Woolf, qui encourageait les femmes à avoir leur propre espace de travail dans leur maison, et en clin d’œil à Womanhouse, exposition féministe culte des années 70, cet événement est sans conteste notre incontournable de l’automne. 

Quand? Jusqu’au 28 janvier 2017. 

 

Louise Bourgeois 

Louise Bourgeois expo Guerlain Et Dieu créa la femme

Louise Bourgeois, Fallen woman, 1996 Porcelaine, biscuit et or gratte-bossé 25 ex Courtesy Galerie Lelong & Co.

Qui? Morte en 2008 à l’âge de 98 ans -le féminisme, ça conserve-, la sculptrice et plasticienne Louise Bourgeois est une figure majeure de l’art moderne. Militante féministe dans les années 60, la Française naturalisée Américaine n’a cessé d’interroger la féminité ou la sexualité dans ses œuvres. 

Où? Si Louise Bourgeois fera aussi partie de l’exposition Women House, on retrouvera l’une de ses œuvres, Fallen Woman, dans le cadre somptueux de la Maison Guerlain, sur les Champs-Elysées. Le parfumeur s’associe en effet à la FIAC pour Et Dieu créa la femme, une exposition consacrée aux femmes artistes qui réunit des grands noms de la photo, de la sculpture ou de l’art contemporain.

Quand? Jusqu’au 10 novembre.

 

Karla Black

Courtesy Galerie Gisela Capitain, Cologne; Galleria Raffaella Cortese, Milan; Stuart Shave/Modern Art, London and David Zwirner, New York/London.

Courtesy Galerie Gisela Capitain, Cologne; Galleria Raffaella Cortese, Milan; Stuart Shave/Modern Art, London and David Zwirner, New York/London.

Qui? Née en 1972, l’artiste écossaise Karla Black utilise “des matériaux de la vie quotidienne tels que papier toilette, coton, savon, cellophane” dans son travail. Elle définit elle-même ses œuvres comme de la sculpture, bien qu’elle admet que ces dernières se situent “à la lisière de la peinture, de l’installation et de la performance”. 

Où? Palais des Beaux-Arts, où elle a notamment produit une œuvre inédite pour la salle Melpomène

Quand? Jusqu’au 7 janvier 2018. 

 

Rosalyn Drexler 

Rosalyn Drexler, Marilyn Pursued by Death, 1963, (Marylin poursuivie par la mort), acrylique et photographie argentique sur toile, 126,7 x 101,6 cm, acquisition grâce au Comité de peinture et de sculpture © Adagp, Paris, 2017  

Rosalyn Drexler, Marilyn Pursued by Death, 1963, (Marylin poursuivie par la mort), acrylique et photographie argentique sur toile, 126,7 x 101,6 cm, acquisition grâce au Comité de peinture et de sculpture © Adagp, Paris, 2017

Qui? Figure du pop art aux côtés d’Andy Warhol ou de Roy Lichtenstein, Rosalyn Drexler a débuté sa carrière dans les années 50 et reste l’une des rares femmes associées au mouvement. Née dans le Bronx à la fin des années 20, cette artiste aux talents multiples est aussi écrivaine et dramaturge. 

Où? Au musée Maillol, qui expose des œuvres issues de la collection du Whitney Museum dans l’exposition Pop Art – Icons That Matters

Quand? Jusqu’au 21 janvier 2018.

 

Delphine Blast  

Cholitas, la revanche d'une génération © Delphine Blast

Cholitas, la revanche d’une génération © Delphine Blast 

Qui? Photographe documentaire française, Delphine Blast travaille pour la presse et diverses ONG. Installée à La Paz en Bolivie, la trentenaire consacre principalement ses photos à questionner la place des femmes en Amérique latine. Avec sa série Cholitas, la revanche d’une génération, elle est partie à la rencontre de ces Boliviennes d’origine indigène qui, après des années de discrimination, sont en train de regagner du terrain dans leur pays et ce, dans tous les domaines. 

Où? Dans un espace éphémère du 10ème arrondissement parisien, investi par la galerie The Chata Gallery, qui se dédie à la photo de reportage et au photojournalisme, et vend principalement ses œuvres en ligne. Et puisque cette galerie s’inscrit dans une démarche engagée, on pourra y acheter un tirage à prix abordable, dont 10% sera reversé à une association bolivienne qui vient en aide aux enfants isolés. 

Quand? Du 7 au 20 novembre. 

 

Cindy Sherman 

Cindy Sherman. Untitled Film Still #21. 1978. Epreuve gélatino-argentique 19,1 x 24,1 cm. The Museum od Modern Art, New York Horace W Goldsmith Fund par l'intermédiaire de Robert B. Menschel. 1995. Courtesy of the artist and Metro Pictures, New York. © 2017 Cindy Sherman

Cindy Sherman. Untitled Film Still #21. 1978. Épreuve gélatino-argentique 19,1 x 24,1 cm. The Museum od Modern Art, New York Horace W Goldsmith Fund par l’intermédiaire de Robert B. Menschel. 1995. Courtesy of the artist and Metro Pictures, New York. © 2017 Cindy Sherman

Qui? Photographe, Cindy Sherman possède la particularité d’avoir aussi servi de modèle pour ses propres œuvres. Véritable transformiste, l’artiste se met en scène, dès les années 70, dans des clichés allant du glamour au monstrueux, où elle questionne entre autres le rapport au genre et les injonctions à la féminité. Ainsi, dans la célèbre série des Film Stills, soit 70 photos en noir et blanc, Cindy Sherman imite les photographies de plateau du cinéma hollywoodien des années 1950, et questionne la représentation des femmes dans l’imaginaire collectif. 

Où? À la Fondation Louis Vuitton, qui abrite depuis le 11 octobre une impressionnante collections d’œuvres du MoMa dans le cadre de l’exposition Être Moderne. Si les femmes n’y sont pas des plus nombreuses, l’exposition est tout de même l’occasion de voir les œuvres de certaines de leurs plus talentueuses représentantes, comme Barbara Kruger, Diane Arbus ou Yvonne Rainer

Quand? Jusqu’au 5 mars 2018. 

 

Camille Henrot 

Vue de l’exposition « Days are Dogs », Carte Blanche à Camille Henrot, Palais de Tokyo (18.10–07.01.2018) Courtesy de l'artiste et de Metro Pictures (New York) ; kamel mennour (Paris/Londres) ; Galerie König (Berlin) © ADAGP, Paris 2017 Photo : Aurélien Mole

Vue de l’exposition Days are Dogs, Carte Blanche à Camille Henrot, Palais de Tokyo (18.10–07.01.2018) Courtesy de l’artiste et de Metro Pictures (New York) ; kamel mennour (Paris/Londres) ; Galerie König (Berlin) © ADAGP, Paris 2017 Photo: Aurélien Mole

Qui? Née en 1978 à Paris et installée à New York, Camille Henrot a obtenu le Lion d’argent à la Biennale de Venise en 2013 pour son film Grosse fatigue et s’est imposée sur la scène internationale comme l’une des artistes les plus acclamées de sa génération. La culture numérique étant l’un de ses sujets d’exploration favoris, Camille Henrot s’inscrit totalement dans son temps et questionne d’ailleurs cette dernière donnée dans Days Are Dogs, l’exposition qui nous occupe et qu’elle a articulée autour des sept jours de la semaine. 

Où? Au Palais de Tokyo qui, après Philippe Parreno et Tino Seghal, lui offre carte blanche sur des milliers de mètres carrés, faisant de Camille Henrot la première femme à investir les lieux de cette façon. 

Quand? Jusqu’au 7 janvier 2018. 

 

Bettina Rheims 

Bettina Rheims, Sarah Constantin, Délivrez nous du Mâle, Mai 2017, Paris, 2017 Photographie couleur, 145 x 108 cm. © Bettina Rheims. Courtesy Galerie Xippas

Bettina Rheims, Sarah Constantin, Délivrez nous du Mâle, Mai 2017, Paris, 2017, Photographie couleur, 145 x 108 cm. © Bettina Rheims. Courtesy Galerie Xippas

Qui? Enfant terrible de la photographie depuis le début des années 80, Bettina Rheims s’est intéressée très tôt aux questions liées à la féminité et au genre. Si les corps féminins sont au centre de ses œuvres, de sa série sur les strip-teaseuses de Pigalle à Chambre close, réalisée en collaboration avec l’écrivain Serge Bramly, c’est le corps militant des Femen que l’artiste a choisi d’observer dans sa série Naked War.  

Où? Après la grande rétrospective que lui a consacrée la MEP l’an passé, Bettina Rheims s’expose cette fois sur les murs de la galerie Xippas, sise dans le Marais. 

Quand? Jusqu’au 25 novembre. 

Faustine Kopiejwski


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