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Elles ont lancé “Gang de biches”, un magazine féministe façon pochette-surprise

A mi-chemin entre le magazine et la box, Gang de biches a inventé un nouveau concept aux accents féministes, livré directement dans votre boîte aux lettres. 
© Rowena Arnautovic
© Rowena Arnautovic

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Âgées de 28 et 26 ans, Margaux Pichon et Marion Le Guenic ont lancé Gang de biches, une pochette-surprise féministe et collaborative envoyée tous les deux mois dans votre boîte aux lettres. A mi-chemin entre le magazine et la box, ce nouveau concept qu’elles appellent “mox” (un condensé des deux mots) a vu le jour en septembre 2018.

Basées à Nantes, les deux amies se cachaient déjà derrière le projet Nabu, la parenthèse décontractée, un trimestriel gratuit à destination des jeunes de la ville. Avec Gang de biches, elles mixent leur amour du papier et de l’édition avec leur sensibilité féministe. Alors que le cinquième numéro s’apprête à voir le jour, on a posé quelques questions à ces deux jeunes entrepreneuses inspirées.  

 

Comment est-née l’idée du projet? 

On est toutes les deux fans de magazines, du petit fanzine fait main au format mook. On aime le papier, les finitions, les illustrations, le monde de l’édition plus largement. En plus de ça, on trouvait qu’il manquait quelque chose dans la presse féminine “traditionnelle” et on a eu l’envie de créer un magazine qui nous corresponde, qui parle aux meufs d’aujourd’hui. Avec un contenu intéressant, inspirant et impertinent. Et en s’éloignant de beaucoup de magazines féminins classiques qui sont blindés de pub et qui te font te dire à la fin “je n’ai pas cet argent, ni ce corps, ni cette vie”. L’idée était aussi d’amener le magazine dans la vie des nanas d’une façon plus originale et c’est là qu’on a pensé au format box, avec ce côté “surprise” qui nous plaît. 

A quel rythme reçoit-on vos mox et que trouve-t-on dedans? 

Nos biches reçoivent, tous les deux mois, une jolie boîte avec un magazine de 48 pages au contenu décomplexé et généraliste, avec une “feminist touch” assumée dans nos sujets. Il est très illustré et également participatif, le but étant d’être au plus proche des lectrices car il est important pour nous que la notion de Gang se ressente! Pour accompagner le Biche Magazine, il y a également 2 cartes postales, un calendrier illustré avec des dates clés et deux accessoires surprises, des créations de marques que l’on soutient et que l’on veut faire découvrir à nos abonnées. Pour l’instant, ce sont uniquement des créatrices et cela nous tient à coeur! Ces derniers mois, on a notamment pu travailler avec Lolita Picco, Malicieuse, Léa Lafleur, Raoulle et pour cette cinquième mox avec Hold My Pasties Please, une créatrice basée à Houston.

D’autres projets similaires vous ont-ils inspirées?

Pas vraiment, mais on a pioché des inspirations dans les deux domaines, les box et les magazines indépendants, qu’on a essayé de concentrer dans un seul projet. Niveau box, il y a par exemple Paper Gang qui est une chouette box de papeterie avec des designs sympa, et au niveau des magazines, il y a plein de choses: des plus connus comme Néon, à des indépendants plus spécifiques comme Les Confettis ou 3 Petits Points. Avant de lancer Gang de biches, on avait pris soin d’interroger beaucoup de jeunes femmes pour voir si nos envies correspondaient bien à leurs attentes… et c’était le cas!

Quel est le thème de la dernière édition et comment les choisissez-vous?

Le thème est souvent lié à la marque avec laquelle nous collaborons. On cherche ce qui nous plaît à toutes et un univers sur lequel on se retrouve. Notre état d’esprit ou la saison peuvent aussi nous influencer. On ne se met pas vraiment de barrières sur le choix de thématiques. Pour cette cinquième édition, le thème est “Cheeky boom”, “cheeky” voulant dire impertinent, coquin: c’est le printemps, on a des petits cadeaux un peu osés qui feront ressortir un peu d’effronterie chez les biches.

“On est toujours à la recherche de talents pour illustrer le magazine ou pour la papeterie.”

Comment abordez-vous le travail visuel?

C’est Margaux qui en est en charge de la DA du magazine et de la mox. Notre univers est frais, coloré et graphique. On a envie de s’amuser et de ne pas tomber dans quelque chose de trop lisse. On sent que l’esthétique fait notre différence auprès des abonnées et qu’elles apprécient d’une part l’esprit que l’on donne à la mox et l’univers qui se retrouve sur notre compte instagram. Notre travail est enrichi par l’illustration -on adore ça- et par les photographes avec lesquel·le·s on travaille.

Qui sont vos contributeur·rice·s?

Une équipe mixte. Au départ, des potes qui aiment écrire et avaient envie de faire partie du projet, et avec le temps l’équipe s’agrandit et se diversifie: des journalistes pro, des passionnées, des personnes rencontrées grâce à Instagram qui sont au top sur certains sujets… Sur le dernier numéro, on était une équipe de 14 en rédaction: ça nous demande de l’organisation, mais on apprend beaucoup et c’est hyper enrichissant. L’équipe apporte constamment des nouvelles idées de thématiques et de sujets. S’y ajoutent aussi des contributions de nos abonnées pour des témoignages, ce qui est très important pour nous. Au niveau illustration, on a eu la chance de travailler avec beaucoup de personnes talentueuses depuis le début: il y a en général entre cinq et dix illustratrices par numéro -et un illustrateur! D’ailleurs, on est toujours à la recherche de talents pour illustrer le magazine ou pour la papeterie.

3 comptes Instagram féministes que vous aimez suivre?

Celui de Cécile Hoodie -par son travail photographique elle arrive à mettre le doigt sur des problématiques très actuelles notamment par rapport à la sexualité et les femmes, à la fois avec humour et beaucoup de justesse. Celui de Fiona Schmidt -autrice qu’on adore. Son ton et sa façon d’aborder les thématiques féministes sont top. Et celui de L’Importante, car c’est un concentré d’infos. On soutient à fond ce média moderne et pertinent créé par deux soeurs.

Quels sont vos projets pour les 3 années à venir?

Faire grandir le Gang évidemment! Faire croître la communauté nous permettra d’enrichir le magazine et son contenu. On aimerait pouvoir allouer plus de moyens à nos journalistes pour qu’elles/ils puissent aller plus loin dans leurs sujets et rencontrer de nouvelles meufs à travers le monde. Le top serait aussi de pouvoir trouver le temps d’organiser plus d’événements pour pouvoir rassembler les biches dans plusieurs villes en France et leur proposer des soirées ou des journées à la fois fun et engagées. Le prochain rendez-vous sera sans doute en septembre, pour fêter les 1 an du Gang!

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski 


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