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Dans “MARS”, JiHAE part à la conquête de la planète rouge

Née en Corée du Sud et aujourd’hui installée à New York, JiHae est à l’affiche de la nouvelle série MARS. Artiste multidisciplinaire, JiHAE s’est faite toute seule, à coup de petits boulots et d’indépendance assumée. Rencontre.
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Son visage ne vous dit pas grand-chose, pourtant, dès dimanche, JiHAE deviendra à l’écran pilote de la première mission de colonisation de la planète Mars. Dans la série documentaire évènement de la chaîne National Geographic, intitulée MARS, JiHAE interprète les rôles de deux sœurs jumelles vivant en 2033: Hana et Joon Seung, respectivement pilote/ingénieur informatique et coordinatrice au sol de la communication avec le vaisseau spatial. Un premier grand rôle pour cette artiste américaine multidisciplinaire, née à Séoul, qui a suivi son père diplomate au Nigeria, en Suède, puis à New York. C’est dans la grosse pomme que JiHAE a posé ses valises pour entamer sa carrière de musicienne. “L’industrie musicale américaine n’avait jamais vu de rock star asiatique!”, s’amuse-t-elle en repensant à la multitude de petits boulots qu’elle a enchaînés afin de pouvoir se payer son premier enregistrement d’album.

Encore peu connue du grand public, JiHAE a pourtant déjà de la bouteille avec quatre albums à son actif. En 2010, elle crée l’opéra rock Fire Burning Rain avec John Patrick Shanley, auteur dramatique multi-récompensé. Elle chante également Man to Man (Woman to Woman) avec Dave Stewart, qui deviendra l’hymne officiel de la secrétaire d’État Hillary Clinton en 2012 lors de sa campagne pour la tolérance Hours Against Hate. En 2015, l’artiste sort son dernier opus Illusion of you. Un album sur lequel figure le titre It just feels, coécrit avec Leonard Cohen, et dont les dernières voix ont été enregistrées dans le studio de Lenny Kravitz, aux Bahamas.

Qu’on soit un homme ou une femme, si on peut faire le boulot, c’est la même chose.

Le talent et la persévérance de cette jeune femme lui ont permis de s’entourer des meilleurs et de s’exprimer à travers différents médias. En 2007, elle filmait Michel Gondry jouant des percussions avec des ustensiles de cuisine sur son premier album My heart is an elephant. Kravitz y jouait guitare et basse. Tour à tour vidéaste ou compositrice pour des publicités, elle donne également de son temps et se produit sur scène pour de nombreuses causes.

Avec MARS, JiHAE signe un tournant dans sa carrière. Pour se préparer à jouer les astronautes, elle a rencontré Mae Jemison, première femme afro-américaine à avoir voyagé dans l’espace et astronaute pour la NASA pendant 6 ans. “Elle a une aura, une autorité naturelle, raconte d’une voix grave et paisible JiHAE. Elle a beaucoup insisté sur l’importance de garder son sang froid, son calme.”

JiHAE, qui signifie “sagesse” en coréen, a, elle aussi, une aura, une élégance naturelle. Elle nous parle de ses engagements et de la place des femmes dans l’espace et dans l’industrie musicale. Interview.

Tu joues le rôle d’une astronaute. Quelle place occupent les femmes dans la conquête de l’espace?

Bien qu’il y ait des stéréotypes genrés quand on aborde le sujet, je pense que toute personne ayant les compétences nécessaires doit avoir le droit d’aller dans l’espace. Lors de ma rencontre avec Mae Jemison, nous n’avons pas parlé de ce qu’est être une femme dans l’espace. Pour moi, le genre n’a rien à voir: qu’on soit un homme ou une femme, si on peut faire le boulot, c’est la même chose.

Tu as été engagée dans de nombreuses associations, c’est important pour toi de militer?

Nous vivons à une époque où tout le monde devrait être activiste. Il y a tant d’inégalités, de divisions, de besoins. Des millions d’enfants vivent dans la pauvreté et sans éducation. Et je ne parle pas que des droits humains, mais aussi de l’accès à un air pur, à un environnement propre et à une eau saine. Nous avons besoin de travailler ensemble pour marquer le changement. Nous ne pouvons pas revenir en arrière quant à la destruction que nous avons engendrée. Chacun doit participer pour protéger nos ressources naturelles, prendre soin de nos enfants et trouver la paix.

Avoir grandi entre le Nigeria, la Suède et les États-Unis a-t-il fait de toi quelqu’un de tolérant?

J’ai grandi sur plusieurs continents. Lorsque tu vois les différentes manières dont les gens vivent, ressentent les émotions et que tu grandis dans toutes ces cultures, forcément tu deviens ouverte d’esprit et plus tolérante envers les choses que tu ne comprends pas.

Jihae mars national geographic

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Pour enregistrer ta première démo, tu as dû prendre cinq jobs à temps partiels. Est-ce plus difficile pour une femme dans l’industrie musicale?

Je pense que c’est plus difficile d’être une femme dans n’importe quelle industrie. Il est plus difficile d’avoir de la reconnaissance et un salaire égal pour le même travail. C’est vrai que j’ai eu cinq petits boulots pendant 4 ans pour pouvoir réaliser mon premier album. Il faut dire que je ne me sentais pas très à l’aise avec l’idée qu’un groupe de businessmen allaient me dire comment m’exprimer, alors j’ai décidé de le faire toute seule.

Quel conseil donnerais-tu à une jeune artiste?

Il faut croire en soi car personne ne peut croire en ton travail si tu n’y crois pas toi-même. La persévérance et la persistance apportent toujours une récompense énorme.

Propos recueillis par Julie Hamaïde

Dimanche 20 novembre à 20h40 sur National Geographic


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