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Julie Hamaïde lance Koï, le premier magazine dédié à la communauté asiatique en France

Avec Koï, la journaliste Julie Hamaïde souhaite remédier au manque de visibilité des asiatiques en France.
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“C’est quand la dernière fois qu’on a vu un asiat’ dans une publicité?” s’interroge la journaliste et fondatrice de Koï, Julie Hamaïde. C’est vrai ça, où sont les asiatiques dans le paysage médiatique français? Dans le marketing? Et surtout, que savent les Français à propos de ces communautés riches et variées? Pas grand chose, et le micro-trottoir tourné par Julie Hamaïde il y a quelques mois l’a montré avec humour. C’est à tout ça que Koï entend remédier. Koï, ça veut dire carpe en japonais, et ça symbolise la force et la persévérance, “la capacité à remonter le courant”, selon les mots de sa fondatrice. Le magazine, lauréat de Média Maker et lancé mercredi 6 septembre, affiche clairement son ambition: “rendre aux asiatiques leurs différences, leurs complexités, leurs colères et leurs espoirs”, dans des champs aussi variés que la culture, la gastronomie, le sport, la littérature, les sciences… De quoi balayer quelques idées reçues sur une communauté qui n’est pas assez connue en France, et trop souvent étiquetée “les Chinois” au mépris de sa diversité.

Ce riche premier numéro inclut un reportage sur l’unique club de sumos de Paris, une enquête sur “la deuxième génération”, à savoir les enfants d’immigrés venus d’Asie, un article sur l’essor de l’application de messagerie chinoise WeChat en France, un entretien avec Nathalie Nguyen, la chef exécutive d’une chaîne de restaurants de street food thaï, un agenda culturel et bien d’autres choses encore. Rencontre avec la fondatrice de ce bimestriel, Julie Hamaïde, qui est aussi une collaboratrice régulière de Cheek.

Qu’est-ce qui t’a décidée à lancer Koï ?

Je suis d’origine vietnamienne, -je suis eurasienne-, et je m’intéresse depuis toujours à l’actualité des communautés asiatiques en France. J’étais déçue du manque d’attention porté sur ces communautés par les médias en France, et par les clichés qui persistent sur les asiatiques. Souvent, les médias n’en parlent qu’en cas d’agression, ou pour évoquer la prostitution à Belleville. Ce que je souhaite faire avec Koï, c’est me pencher sur les personnalités asiatiques et voir comment vivent les asiats en France. J’ai rencontré Frédéric Chau à la suite des manifs de du 4 septembre l’année dernière après la mort du couturier chinois Chaolin Zhang à Aubervilliers. Il me disait qu’il était invité sur beaucoup de plateaux car c’est l’un des seuls asiats de France qui est connu: à ce moment-là, je me suis dit que c’était dommage qu’il n’y ait pas de magazine dédié à cette communauté France, comme il y en a pour d’autres.

Claire Tran Koi Magazine

La comédienne et danseuse Claire Tran avec son exemplaire de Koï 

À qui s’adresse Koï?

Aux communautés asiatiques, mais aussi aux personnes curieuses des cultures venues d’Asie. Je pense notamment aux “+1: le petit ami d’une asiat’ par exemple. Il y a aussi beaucoup de gens qui sont attirés par la culture et les voyages en Asie, ou qui sont fans de mangas, de judo…

As-tu l’intention de faire la part belle aux femmes dans ce magazine?

Oui, je fais attention à ce qu’on mette en avant les femmes, en accordant par exemple de longues interviews à des femmes brillantes dans leur domaine et qu’on ne connaissait pas forcément. Avec Pauline Le Gall, on est deux dans l’équipe à être passées par Cheek Magazine! 

Propos recueillis par Sophie Kloetzli


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