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Sexualité

3 bonnes raisons de découvrir Slutever, la nouvelle série sexo de Viceland

Dans Slutever, une série disponible sur Viceland à partir du 10 juin, Karley Sciortino nous fait découvrir de nouveaux horizons sexuels de façon instructive, drôle et originale. On vous donne trois bonnes raisons de la regarder.
Karley Sciortino ©Viceland
Karley Sciortino ©Viceland

Karley Sciortino ©Viceland


Parfois, j’aimerais avoir quelqu’un pour laver mon appartement ou changer mes tampons. Quelqu’un qui se mettrait à genoux et qui accepterait d’être mon banc humain dans les moments où je suis fatiguée. […] Il y a une application pour ça?” C’est avec ce genre de confessions à la fois drôles et franches que Karley Sciortino débute chacun des 10 épisodes de Slutever, la nouvelle série de Viceland. Diffusé à partir du 10 juin sur la chaîne du groupe Vice Media, le programme met en scène la trentenaire new-yorkaise et sa volonté de décrypter des pratiques sexuelles méconnues et souvent raillées. “Slutever est une série bienveillante qui parle de sexualité de façon sensible, mais également amusante, annonce la protagoniste des vidéos. Notre objectif est d’aborder des thématiques autour du sexe et du désir, souvent considérées comme tabous ou bizarres, et de leur donner la chance d’être présentées sous un angle différent, nouveau.”

Habituée à traiter les sujets sexo à l’écrit, à travers des nouvelles, des chroniques pour Vogue US ou son blog lancé en 2007, l’Américaine trouve un intérêt certain au format vidéo: “Écrire, ça marche lorsqu’il s’agit d’exprimer son opinion, mais ce n’est pas ce que je recherche avec cette nouvelle série, analyse-t-elle. L’idée aujourd’hui, c’est de faire entendre d’autres points de vue que le mien, d’enquêter et d’interviewer celles et ceux qui sont au cœur du sujet.”

Dans le premier épisode, l’autrice, blogueuse et chroniqueuse s’immerge ainsi dans le monde des “lifestyle slaves”, ces amateurs de BDSM qui entretiennent avec leurs maîtres ou maîtresses une relation de domination/soumission platonique. On découvre donc Puppy, esclave chargé de faire les lessives ou de préparer à manger pour Mistress Lucy Sweetkill, quand celle-ci le décide. Mais leur rapport ne s’arrête pas là: c’est une vraie dynamique basée sur le soutien mutuel qui s’est installée entre les deux individus, au point de sortir le serviteur d’une dépression sévère. Humaine, touchante, mais en même temps instructive, la série est “à dévorer en laissant de côté tout jugement porté sur des individus aux désirs sexuels différents de la norme ou des vôtres”, insiste Karley Sciortino. On vous donne trois bonnes raisons de la suivre dans Slutever.

 

Le teaser de Slut Ever

 

Pour aborder de nouveaux horizons sexuels dans le respect

Avez-vous déjà essayé de réserver un Airbnb dédié au sexe? Avez-vous déjà testé l’huile à base de marijuana destinée à augmenter votre plaisir? Et les sextoys de luxe, vous avez expérimenté? Si la réponse est non -et elle le sera probablement-, rassurez-vous, dans Slutever, Karley Sciortino expérimente pour son public bon nombre de pratiques sexuelles dont vous ignoriez même peut-être jusqu’à l’existence. “J’ai choisi mes thèmes comme j’en ai l’habitude: si je trouve quelque chose intéressant, et que ça me semble novateur ou que je n’y connais rien, je présume que ça va plaire aux spectateurs”, expose-t-elle. 

On a voulu lever le voile sur certains aspects occultés de la sexualité et proposer un regard plus humain sur ces éléments souvent stigmatisés ou marginalisés.

Hors de question pour la new-yorkaise de tourner en dérision ces thématiques. C’est donc avec respect et bienveillance qu’elle rencontre Aly, jeune femme transsexuelle de Los Angeles. Toutes deux, elles évoquent l’opération qu’a subie la Californienne et les conséquence sur l’intimité de son couple. Devant une collection de godemichets de toutes tailles, l’interviewée, attristée, raconte devoir s’introduire des sextoys dans le vagin pour le bon développement de la cavité, dans une optique de suivi médical et sans y prendre le moindre plaisir. “On a voulu  lever le voile sur certains aspects occultés de la sexualité et proposer un regard plus humain sur ces éléments souvent stigmatisés ou marginalisés”, décrit Karley Sciortino. Mission réussie.

 

Pour (re)découvrir la géniale Karley Sciortino

Une salope est une personne sexuellement active, qui cherche des expériences viscérales à travers le sexe, peu importe comment, pourquoi et avec qui elle veut le pratiquer.” De la réappropriation du mot “slut” -“salope” en français-, Karley Sciortino a fait son cheval de bataille. Pour expliquer ses motivations, elle revient sur son histoire familiale: “J’ai grandi dans une famille conservatrice catholique. Pour moi, le sexe était une façon de provoquer, d’être rebelle.” Elle se revendique rapidement comme “slut-positive”, pro-sexe, et crée son blog à 21 ans en choisissant “Slutever” comme nom, une contraction de “slut” et “forever”. “Évoquer mes expériences sexuelles a été une libération. J’ai eu l’impression de gagner du pouvoir. Et, cerise sur le gâteau, certaines personnes semblaient prendre plaisir à me lire”, se souvient-elle. 

Karley Sciortino ©Viceland

À 32 ans, Karley Sciortino cartonne sur les réseaux sociaux -son compte Instagram compte plus de 146 000 personnes- et séduit outre-Atlantique, où on la compare à une autre “sexperte” aguerrie: Carrie Bradshaw, l’une des héroïnes de Sex and the City. De notre côté, on aurait plus tendance à la rapprocher de Flea, personnage principal de la série Fleabag, pour son humour et son côté ultra-réaliste. Elle amuse à coup de punchlines bien senties, comme lorsqu’elle cherche à payer un homme pour la masturber -en vain- et déclare: “Imaginez un futur dans lequel les femmes auraient le droit d’être sexuellement aussi désespérées que les hommes.

 

Pour le ton de la série: entre déconne et sérieux

Questionnements, rencontres, mises en application: chacun des 10 épisodes de Slutever est construit sur le même schéma. Spécialiste de la sexualité, la jeune femme continue cependant de poser un regard curieux, dans lequel on se reconnaît aisément, sur certaines pratiques. Comme lorsqu’elle est surprise, voire même un peu gênée face à une tête de robot sexuel qui mime une fellation sur un sextoy lors d’une démonstration produit. 

Nous avons réalisé un épisode sur les personnes qui ont des fantasmes incluant des monstres, des extraterrestres et des loups-garous.

Karley Sciortino met même la main à la pâte, part en immersion dans le monde du porno construit autour de la marijuana, caste des esclaves pour laver ses jouets sexuels et s’essaye à l’activité de camgirl, sans grand succès. Quand on lui demande de raconter l’expérience la plus bizarre qu’elle a vécue pendant le tournage, elle nous corrige: “J’utiliserais plus le mot ‘extravagant’.” Et enchaîne: “Nous avons réalisé un épisode sur les personnes qui ont des fantasmes incluant des monstres, des extraterrestres et des loups-garous.” Si l’image est originale, c’est surtout par la taille de l’industrie exploitant ces désirs que la jeune femme a été étonnée: “Ce marché brasse des millions de dollars. Des livres à ce sujet sont dans les meilleurs ventes d’Amazon. Il s’agit de nouvelles érotiques dans lesquelles les femmes se font implanter des œufs d’alien ou couchent avec des loups-garous. Les grandes marques de sextoys se sont même mises à fabriquer des objets sexuels en forme de dragons.” Elle en a conscience: son enquête n’a pas grand-chose d’objectif, elle avoue d’ailleurs avoir “toujours été mauvaise pour prendre les choses avec distance” et aimer “se jeter dans des mondes pour les expérimenter”. Vu le plaisir qu’on a pris à regarder Slutever, on a du mal à lui en vouloir.

Margot Cherrid


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Karley Sciortino ©Viceland - Cheek Magazine
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Karley Sciortino ©Viceland - Cheek Magazine
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