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Article sélectionné par Keren Ann

Roni Alter: d'Israël à Paris, une musicienne à suivre

Keren Ann, rédactrice en chef de Cheek pendant une semaine, présente Roni Alter, son coup de cœur musical du moment. Pour l’occasion, Keren Ann nous raconte les raisons de son choix et pose elle-même les questions. 
© Amit Israeli
© Amit Israeli

© Amit Israeli


J’ai connu Roni Alter par l’intermédiaire de l’homme qui partage sa vie, Amit Israeli. C’est le photographe avec lequel je travaille, il a notamment fait la pochette de 101 et la photo qui illustre celle de mon nouvel album, You’re Gonna Get Love. Ils vivent à Paris et Roni a un très beau songwriting, ainsi qu’un univers très honnête et intense dans le choix des harmonies; c’est une excellente musicienne qui a grandi avec beaucoup de musique autour d’elle. On aime beaucoup de songwriters en commun et elle a une voix incroyable, que j’adore. Je lui ai posé quelques questions. 

Peux-tu nous parler du paysage musical dans lequel tu as grandi?

Je suis née dans une maison de cinéma et de musique. Fille d’un père compositeur et cinéaste (Ndlr: Naftali Alter) et d’une mère comédienne, soeur d’une metteuse en scène, mon chemin était tracé comme une évidence. Dès mon plus jeune âge, j’ai joué au piano, au saxophone, j’ai chanté dans des choeurs avec lesquels j’ai voyagé à travers le monde, toujours pour revenir à la maison, aux côtés de mon père au piano, pour chanter avec lui ses compositions créées spécialement pour nous.

Mon père composait des musiques de films qui font partie du patrimoine israélien.

Dans cette vie de mon enfance, toute la bohème israélienne défilait à la maison. Moi j’observais, je me suis laissé imprégner par ce monde d’art et de culture. Mon père composait des musiques de films qui font partie du patrimoine israélien; ma mère côtoyait aussi tous ceux qui comptent dans la culture de ce pays. Après des études artistiques, j’ai démarré ma carrière musicale par deux duos avec le plus immense des chanteurs israéliens, Arik Einstein. Depuis, j’ai pris part à de nombreux projets musicaux en Israël. j’ai sorti deux albums solo. Et je me suis installée à Paris il y a quatre ans.  

 

Qui sont les songwriters qui t’inspirent?

Je me nourris et m’inspire de différents artistes qui me donnent, chacun à leur manière, de nouveaux élans de création. Parmi les musiciens vers lesquels je me retourne toujours, on trouve Randy Newman, les Beatles, Cat Power, King Crimson et toi, Keren Ann. 

Sur quel projet tu travailles ces jours-ci?

Mon single What’s On Your Mind est sorti en France  il y a une semaine, après avoir été choisi pour illustrer la nouvelle campagne publicitaire de HSBC. Mon Ep, qui contient 5 nouvelles chansons, sortira fin mars. Je suis toute émue… Je travaille en ce moment sur mon prochain album. Je me livre à cette phase fragile et belle de l’écriture et de la composition. 

 

Roni Alter © Amit Israeli

© Amit Israeli

Le dernier concert époustouflant auquel tu as assisté?

Il y a deux mois, j’ai accompli un rêve. J’ai enfin assisté à un concert de Randy Newman. Accro à sa musique depuis mon plus jeune âge, j’avais promis à mon père -qui est probablement son plus grand fan-, qu’à son 60ème anniversaire, on verrait Randy Newman en concert. J’ai tenu ma promesse avec 8 ans de décalage. Nous avons passé une heure et demie dans une bulle pleine d’émotion et de larmes. Des larmes de bonheur, évidemment. 

Quelle femme aurais-tu aimé être pour une journée?

Je pense que c’est un vrai concept et que beaucoup seront d’accord avec moi: si seulement nous pouvions, le temps d’une journée, être Beyoncé -même si elle, en revanche, risque de trouver ça quelque peu embêtant! Mais qui ne rêverait pas, rien que durant 24 heures, de posséder à la perfection, la beauté, la voix et le corps -tout cela, simultanément.

Propos recueillis par Keren Ann