culture

Websérie / En partenariat avec Arte

Trois bonnes raisons de regarder Loulou, la websérie hilarante d'Arte sur la grossesse

Diffusée depuis le 18 septembre sur Arte Creative, Loulou est une plongée drôle et tendre dans les neuf mois de la grossesse d’une trentenaire. Une série dont Cheek Magazine est partenaire et qu’il ne faut pas manquer.
© Arte Creative
© Arte Creative

© Arte Creative


On rencontre Alice Vial, Marie Lelong et Louise Massin, les trois cocréatrices de Loulou dans un café du dixième arrondissement de Paris. Du tournage de leur websérie, elles ont gardé l’habitude de finir les phrases les unes des autres et elles ont développé une propension à faire naître des rires communicatifs. Diffusée depuis quelques jours sur la plateforme Arte Creative, Loulou, une petite série de onze épisodes de cinq minutes, est née d’une suite de hasards. Louise, comédienne, était alors enceinte de deux mois. Dans le métro, elle croise son amie Alice Vial, elle-même actrice et scénariste.

La comédie est vraiment trustée par les mecs.

Quand Louise Massin, avec son franc parler et son naturel irrésistible, lui raconte sa grossesse, Alice Vial est sous le charme. Elle sort justement d’une conférence où elle a entendu Baya Rehaz parler de son projet Paris, un jour et elle a la tête pleine de rêves de webséries écrites par des filles. L’histoire de Louise, qui raconte sa deuxième grossesse arrivée “un peu trop tôt”, est parfaite. Marie Lelong, amie de Louise Massin et scénariste de talent, est rajoutée dans l’équation. “On a trouvé un producteur formidable, Thibaud Ader de la Onda Productions, et on a tourné quatre épisodes, explique Alice Vial. Puis on a organisé un financement participatif. C’est avec ces premiers épisodes qu’on est allées voir Arte.” La chaîne est séduite. Loulou est née. Et c’est une réussite. On vous donne trois raisons de vous ruer sur les onze épisodes.

 

Parce que c’est très drôle

Cela fait des années qu’on se demande où sont les meufs qui nous feront autant rire qu’Abbi Jacobson et Ilana Glazer de Broad City ou que Rachel Bloom de Crazy Ex-Girlfriend à la télévision française. Ne cherchez plus: Loulou est là. Qu’elle se lamente que son enfant soit possiblement “né d’une levrette sans âme”, qu’elle se déguise en Daenerys de Game of Thrones pour des photos de grossesse ou qu’elle se mette à chanter son mal-être dans les rayons du supermarché, Loulou vise juste et ses vannes tombent toujours à pic. Il y a aussi l’épisode où elle rencontre Loïc, un Brestois à dreadlocks qui lui fait oublier qu’elle “ressemble à Maurane”. Loulou est un vrai plaidoyer pour que les chaînes de télé laissent les femmes raconter leurs expériences. “La comédie est vraiment trustée par les mecs”, explique Alice Vial. Une pensée partagée par Marie Lelong, qui reconnaît qu’il est difficile d’imposer un personnage comme Loulou, à la fois “drôle” et “très féminin”, qui parle de son corps et de ses complexes sans forcément verser dans l’humour trash.

alice vial marie lelong louise massin loulou arte grossesse trentenaire

DR

 

Parce que ça pose un regard nouveau sur la grossesse

On voulait éviter de tomber dans le girly dans le mauvais sens du terme”, explique justement Alice Vial. Une fiction sur la grossesse contient toujours les mêmes scènes que Loulou évite soigneusement. On ne passera ainsi pas cinq minutes avec l’héroïne chez le gynéco. On ne lui parlera pas de son terme, de ses hormones, de la taille du foetus. “On avait fait une liste de tout ce qu’on n’avait pas envie de traiter, se souvient Marie Lelong. On a l’impression que notre génération peut tout se dire. Cela mène parfois à des détails hyper techniques sur l’accouchement. Là, on laisse un mystère!” Loulou, en moins d’une heure, raconte la grossesse à la première personne. Elle en dit beaucoup aussi sur les injonctions qui pèsent sur les femmes. Le jeu de Louise Massin, toujours sur le fil entre burlesque et tendresse, donne corps à des peurs dont on parle peu. Sera-t-elle aussi bien que les autres mères, qui se confient dans un épisode sur les groupes de parole? Pourquoi ne se sent-elle pas au top, alors que les femmes enceintes sont censées “rayonner”? Toutes ces névroses, l’actrice les a vécues pendant sa grossesse et les a racontées aux scénaristes de la série. “J’adore mes enfants, mais la grossesse, ça n’a pas été mon truc, admet Louise Massin aujourd’hui. Je me suis sentie mal parfois.” Au passage, elle brise aussi le tabou autour de l’alcool pendant la grossesse. Dans le dernier épisode, Loulou se cache pour boire des coupes de champagne. “Quand on fait ça étant enceinte, on ne se sent vraiment pas dans le moule, explique Louise, et on sent les regards désapprobateurs. On se sent à l’écart de ces femmes qui disent ‘je ne me suis jamais sentie aussi bien’.”

alice vial marie lelong louise massin loulou arte grossesse trentenaire

DR

 

Parce que ça raconte les névroses de notre génération

Alice Vial, Louise Massin et Marie Lelong n’ont pas voulu faire une série qui ne parle qu’à leurs contemporain·es, et elles ont enlevé des clins d’œils jugés “trop générationnels” de leur scénario, notamment une allusion appuyée à La tribu de Dana de Manau. Ça n’empêche pas leur série de parler tout particulièrement aux trentenaires d’aujourd’hui, qui n’ont jamais pleinement l’impression d’être “prêts”. “On aimait l’idée de raconter ce que ça fait d’être la première dans une bande de potes à faire des enfants, explique Marie. Les copains ne sont pas du tout prêts et c’est pour cela qu’ils ne sont pas très bons.” Les amis de Loulou, interprétés par Marie Lelong, Alice Vial et le très touchant Guillaume Pottier, sont même carrément lourds. “On est une génération où on se trouve encore très jeunes pour avoir des enfants, même à 30 ans”, explique Alice Vial. Ce qui n’a pas empêché des mères de tous les âges de se retrouver dans la série lors de sa première projection. “Tout le monde y a trouvé son compte, se rappelle Louise Massin. Elles disaient toutes: ‘c’est exactement ça!’, même si les choses ont beaucoup changé.” Une écriture impeccable et une galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres devraient faire de Loulou une héroïne intergénérationnelle. La suite, les trois amies ne la connaissent pas encore. On leur évoque un film, une suite, n’importe quoi pour grappiller encore quelques minutes de leur trio à l’écran. “On a encore plein de choses à raconter”, nous dit simplement Marie Lelong. On a déjà hâte de les écouter.

 

Pauline Le Gall


1. Owlle, magicienne pop qui aime l'ombre et la lumière

Quatre ans après son premier album, Owlle revient avec Summer Crisis, un nouvel Ep qui annonce le virage pop de son nouvel album, Heavy Weather, à paraître dans les mois qui viennent. 
© Arte Creative - Cheek Magazine
© Arte Creative

3. Elles ont crée Belleville, une maison d'édition consacrée aux littératures étrangères et engagées

Dorothy Aubert et Marie Trébaol, deux éditrices parisiennes, ont lancé la maison Belleville en 2015. Elles donnent ainsi la parole à des autrices et auteurs militant·e·s, venu·e·s de Turquie, d’Arménie ou encore d’Égypte, et nous entraîne à la découverte de nouvelles cultures. Entretien express.
© Arte Creative - Cheek Magazine
© Arte Creative

4. Whitney Houston aurait été sexuellement abusée enfant

Dans un documentaire évènement sur la vie de la chanteuse, le réalisateur Kevin Macdonald dévoile le témoignage du demi-frère de Whitney Houston qui accuse leur cousine Dee-Dee Warwick d’avoir abusé d’eux lorsqu’ils étaient enfants. 
© Arte Creative - Cheek Magazine
© Arte Creative

6. “Behind the Scars”: quand une photographe s'intéresse aux histoires derrière les cicatrices

Une opération, une chute ou des blessures auto-infligées: derrière les cicatrices se cache souvent une histoire. Pour son projet Behind the Scars, la photographe britannique Sophie Mayanne invite ses sujets à raconter la genèse de leurs marques et à examiner l’impact qu’elles ont eu sur la construction de leur identité. 
© Arte Creative - Cheek Magazine
© Arte Creative

7. Adelaïde Bon signe un roman incroyable sur le viol qu'elle a subi enfant

Elle avait 9 ans quand elle a été violée dans la cage d’escalier de son immeuble. Le coupable ne sera retrouvé et inculpé que 23 ans plus tard. Entre-temps, Adélaïde Bon a souffert et surtout culpabilisé jusqu’à l’autodestruction. Aujourd’hui, elle raconte son parcours dans La Petite fille sur la banquise, un récit littéraire saisissant qui dénonce la culture du viol et la tendance à minimiser un crime que la société peine à définir, à comprendre et donc parfois à punir.
© Arte Creative - Cheek Magazine
© Arte Creative