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Cette jeune productrice vient de lancer le Cinéma Club, une salle de ciné gratuite sur le Web

La productrice trentenaire Marie-Louise Khondji se lance dans le numérique avec Le Cinéma Club, une salle de cinéma indépendante, en ligne et gratuite. 
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Sur Skype, elle nous parle devant un mur de briques typique des appartements de New York, où elle s’est installée. À 30 ans, Marie-Louise Khondji a déjà largement fait ses preuves des deux côtés de l’Atlantique avant de poser ses valises aux États-Unis. Cette diplômée de Sciences Po Paris en management de la culture et des médias, a été productrice associée de plusieurs longs-métrages (Mad Love in New York, Simon Killer) et d’un documentaire sur le groupe Phoenix (From a Mess to the Masses). Sur son CV, elle décline aussi, comme autant de synonymes d’un parcours impeccable, les noms du distributeur Celluloid Dreams, de la boîte de production Iconoclast ou du studio graphique M/M (Paris), avec lesquels elle a collaboré.

Le site propose de visionner un film par semaine en accès libre et en un seul clic, dans un environnement graphique élégant et épuré.

Aujourd’hui, elle se lance dans une aventure plus personnelle, qu’elle a imaginée seule: Le Cinéma Club, une salle de cinéma indépendante, sur le Web et gratuite. Mise en ligne discrètement cet été dans sa version bêta, l’interface est accessible à tous depuis début décembre. Conçu dans le même esprit qu’un “petit cinéma de quartier”, le site propose de visionner un film par semaine en accès libre et en un seul clic, dans un environnement graphique élégant et épuré: “Tout a été pensé pour mettre en avant le film qui est diffusé”, explique Marie-Louise Khondji, qui a même été -à l’heure où la collecte de données est pourtant un important levier économique- jusqu’à supprimer l’étape souvent pénible de l’inscription. Discussion avec une authentique cinéphile qui défend avec passion ses choix, qu’ils soient ergonomiques ou éditoriaux. 

 

Comment est née l’idée du Cinéma Club?

Depuis la fin de mes études, j’ai toujours eu envie de faire quelque chose autour du cinéma sur le Web, car c’est là que le public s’est déplacé. À travers mon activité de productrice, en allant de festivals en festivals et en rencontrant des réalisateurs, j’ai constaté que les films sortaient de moins en moins au cinéma et sur des périodes de plus en plus courtes. J’ai donc voulu offrir à certains films la visibilité qui leur manquait, créer un espace qui les revalorise et leur donner la place d’exister à eux seuls pendant une semaine. Par amour du septième art et à travers la multitude de talents que j’ai rencontrés, je me suis dit qu’il fallait mettre en place quelque chose de simple pour regarder du cinéma sur un écran d’ordinateur. 

Comment sélectionnes-tu les films?

J’essaie de montrer les films qui ont une patte, un œil, une signature de cinéma. Évidemment, ce ne sont que mes recommandations mais, vu que j’ai grandi dans le cinéma et que j’y travaille depuis huit ans, je me sens assez à l’aise pour pouvoir proposer ça. Je voudrais aussi créer des ponts entre Paris et New York, où je suis installée et qui est la capitale du cinéma indépendant américain. 

L’idée est de retrouver une certaine magie liée à la découverte d’un film.

En tant que cinéphile, regarder un film sur un ordinateur, une tablette ou un smartphone ne te semble-t-il pas une hérésie?

Oui et non. Ce ne sera jamais comme voir un film au cinéma, ce n’est pas la même expérience, mais on ne peut pas nier le fait qu’on passe notre temps sur ces nouveaux écrans, et qu’il faut qu’un cinéma existe aussi sur ces supports. J’ai imaginé Le Cinéma Club comme une salle de cinéma en ligne: tout le design et le concept sont pensés pour accueillir au mieux ces films. L’idée est de retrouver une certaine magie liée à la découverte d’un film. Et puis, finalement, la programmation cherche à encourager à aller dans les salles, à ne pas perdre de vue ce que c’est, justement, que le cinéma. 

On imagine que les distributeurs doivent être frileux à l’idée de proposer leurs films gratuitement. As-tu du mal à obtenir le droit de diffuser certains films?

J’essaie de passer en premier par les réalisateurs et, jusqu’ici, tous ont adoré la démarche. Quant aux distributeurs, on leur propose de mettre dans la rubrique “revoir”un lien où voir le film en payant, où l’acheter. Lorsque la gratuité est encadrée, elle peut être bénéfique, que ce soit de manière indirecte -si par exemple le film est vu et qu’il gagne en notoriété-, ou de manière directe: j’ai déjà eu le cas d’un jeune réalisateur qui a rencontré un agent suite à la diffusion de son film, ou dont le film a été repris dans un festival. 

 

Le Cinéma Club ordinateur visuel

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Le choix de la gratuité pour Le Cinéma Club était donc une évidence?

Oui, car je me suis dit que les films choisis avaient, avant tout, besoin d’être vus. Sur Le Cinéma Club, tout est très simple, il n’y a même pas besoin de créer un login ou un mot de passe. Tout est fait pour le confort du spectateur, c’est vraiment l’idée qu’en un clic, on puisse découvrir un film. C’est un peu le concept de Snapchat appliqué au cinéma, le “snapcinéma”, quoi. (Rires.) 

Début novembre, on a aussi assisté au lancement d’un autre site de cinéma, la Cinetek: pourquoi ce genre de concepts se développent-t-ils en ce moment? 

On est dans une transition et les gens cherchent de nouveaux modèles. La démarche du Cinéma club, par exemple, est unique. Mais La Cinetek est aussi une super initiative, avec une approche différente, puisqu’il s’agit d’un grand catalogue de films proposés à l’achat et recommandés par des cinéastes.

On peut trouver du cinéma dans tous les genres, de la série B à la comédie en passant par les documentaires.

Quel film rêverais-tu de voir sur Le Cinéma Club?

Le Privé de Robert Altman, l’un de mes films préférés. J’ai dû le découvrir quand j’avais 17 ans et je le revois tous les ans. C’est un très joli film des années 70, adapté d’un roman noir de Raymond Chandler, qui se passe à Los Angeles et avec un détective anti-héros joué par Elliott Gould

Et celui que tu ne diffuseras jamais?

Il n’y en a pas. Je cherche avant tout du cinéma, j’estime qu’on peut en trouver dans tous les genres, de la série B à la comédie en passant par les documentaire. Je ne m’y connais pas encore vraiment en Webséries, mais j’aimerais bien montrer des réalisateurs qui s’en emparent en faisant du cinéma. Cette explosion des formats m’intéresse. 

Propos recueillis par Faustine Kopiejwski

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