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Photographie

La photographe Marie Muller Priqueler explore la manière dont les femmes assument et érotisent leurs corps

On a rencontré la photographe Marie Muller Priqueler, l’initiatrice du projet La Chatte au miel, qui explore en images la façon dont les femmes s’approprient leur propre corps dans une société encore patriarcale. 
© Marie Muller / La Chatte au miel
© Marie Muller / La Chatte au miel

© Marie Muller / La Chatte au miel


En prépa art, vers mes 18 ans, toutes mes copines tombaient en dépression, et restaient chez elles à manger du Nutella, à poil.” C’est à ce moment-là que Marie Muller Priqueler, 24 ans aujourd’hui, a le déclic: la jeune femme commence à photographier ses amies dans leur intimité. Six ans et un diplôme en poche, elle a depuis fait de la photographie érotique un véritable projet féministe qu’elle a intitulé La Chatte au miel.

C’est après deux ans aux Beaux-Arts (où Marie Muller Priqueler touche à tous les médias possibles) et un bachelor en photographie à Lyon qu’elle part vivre en Asie. La vingtenaire continue de prendre des photographies de nu, et explore ainsi la façon dont les femmes s’approprient leur corps alors qu’elles évoluent dans des sociétés patriarcales. “Mais certaines séries sont trop crues pour être montrées comme telles. La réalité de la photo, cet aspect ‘vrai’, frontal choque”, explique-t-elle. Elle laisse donc un de ses amis dessiner sur une première série de photos: “C’est un moyen de contourner la censure, en quelque sorte.” Depuis, Marie Muller Priqueler a pris l’habitude de collaborer avec d’autres artistes, qu’ils soient graphistes, dessinateurs, plasticiens ou bien Dj.

 

 

Inspirée par Peggy Guggenheim, “parce que c’est une vraie femme d’influence”, Nan Goldin, ou encore Araki, “même si c’est un homme”, Marie Muller Priqueler publie son projet, La Chatte au miel, début 2017. En septembre, elle présentera certaines de ses œuvres lors de l’exposition Nasty Woman à Londres. L’évènement vise à lever des fonds pour des associations d’aide aux femmes, et ce genre de cause importe beaucoup à cette photographe: “C’est tellement compliqué d’être une femme, qu’il faut s’impliquer dans ce type d’évènements pour venir en aide à celles qui en ont besoin. Et puis, ça permet de faire connaître des artistes féminines dans un monde artistique encore trop masculin.” Interview express. 

Comment est né ton projet La Chatte au miel?

En 2016, je suis partie à Hong Kong pendant six mois. Je me suis mise à y prendre des photos de nu plutôt tournées vers l’érotisme, et à frayer avec les gens de ces milieux, des modèles, des performers… La société, là-bas, obéit à beaucoup plus de codes qu’en Occident, mais mécaniquement, les gens qui y sont à la marge le sont aussi de façon beaucoup plus affirmée. J’ai donc rencontré une photographe et modèle érotique, et j’ai commencé à travailler avec elle. Ensuite, un road trip en Asie du Sud a été l’occasion de lancer officiellement La Chatte au miel.

Pourquoi ce nom?

(Rires.) C’est un peu une blague! C’est parce que mon copain, qui est irlandais, m’appelle tout le temps “mon miel”. C’est lui qui a eu l’idée de lancer ce travail artistique. J’avais déjà énormément de photos que j’avais prises à Hong Kong, mais j’étais trop peureuse à l’époque. Il m’a poussée à rendre mon travail public et j’ai lancé mon site.

 

Quel est le message que tu cherches à faire passer?

L’idée est de montrer comment les femmes assument leur corps, leur nudité, leur sexualité, quelle que soit la société dans laquelle elles évoluent. Que l’on parle de pays asiatiques ou occidentaux, la question est de comprendre comment on assume nos corps dans ces sociétés patriarcales et souvent pleines de tabous. Et d’ailleurs, dans 95% des cas, ce sont les modèles qui décident du lieu et de la façon dont elles veulent poser. Parce que ce que je cherche, c’est précisément à saisir ce qu’elles veulent bien me montrer.

Propos recueillis par Mathilde Saliou


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