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Anna Kova: de Synapson à un premier Ep solo, rencontre avec une musicienne secrète

On a rencontré Anna Kova à l’occasion de son passage à la maroquinerie et on a parlé Russie, Boston et K-Maro.
© Ojoz
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Jusqu’ici tout était flou, avec Anna Kova. Moins depuis l’exposition importante de All in You, avec le duo électro Synapson. Le clip a été visionné plus de 9 millions de fois sur Youtube. “Ils sont venus me chercher, ça s’est passé très vite. Je ne pensais pas que ça allait avoir cet impact; c’est toujours bizarre de m’entendre à la radio”, nous dit-elle, quand on la rencontre place de la République. L’auteure-compositrice et interprète vient de sortir un EP, Pigments. Jazz, électro, rap, sa palette est vaste, elle qui se défend d’être une rappeuse et dit apprécier le travail de Tito Prince, FA2L, Espiiem ou encore Nekfeu.

 

 

Chanteuse sans âge

En concert à la Maroquinerie ce vendredi 25 novembre, elle s’est déjà bien rodée sur scène avec ses musiciens en première partie de Tricky, des rappeurs Set et Match ou encore de l’Américain T-Pain. Anna Kova fait parler d’elle depuis quelques années, multipliant les projets qui mêlent rap et soul, foulant la même scène musicale parisienne que Laëtitia Dana, “une copine”. Yeux qui bichent, carré sage, talons hauts, voix grave, expériences dans l’industrie musicale en pagaille… Oui, l’âge n’est peut-être qu’un nombre, mais sa voix posée démontre plus qu’une simple habitude des interviews.

Alors, 22? 26? Plus de 30 ans? “On ne me demande pas mon âge en général, s’étonne-t-elle, mais ce n’est pas plus mal!”. Coquetterie? Contrôle? On ne le saura qu’en off. Pour tout ce qui ne concerne pas sa vie privée, la chanteuse est prolixe. Tombée dans la musique afro-américaine, Anna Kova, fan de negro-spirituals, de gospel, des musiques appelant à l’élévation des âmes, au dépassement des souffrances qu’inflige la vie, a trouvé sa voix il y a bien longtemps. Elle découvre enfant les instrumentistes, Louis Armstrong en tête, puis “écoute les grands”, Otis Redding, Nina Simone, beaucoup de rap à l’ancienne, “Disiz du temps de J’Pète les plombs, le Wu Tang Clan”. La pré-ado lit James Joyce, Auden en version originale et de ces lectures, tire aisance et confiance pour écrire en anglais.

 

 

Une enfance russe

La musicienne s’envole à 17 ans pour Boston et sa prestigieuse école de musique Berklee, séjour financé par des petits boulots et un “titre latino qui a beaucoup tourné en radio”, pour parfaire la connaissance de sa voix. Il fallait passer une audition, au bout de laquelle deux personnes seulement étaient sélectionnées. “La veille, je perds ma voix! J’y vais quand même, stressée, malade et j’interprète But I Was Cool pour rire du décalage entre mon véritable état et ce que j’affichais”, se souvient-elle. On finit par entendre un accent dans sa voix. “Certains me disent que je n’en ai pas! Je suis la plus parisienne de ma famille, j’ai de la famille en Russie”, explique-t-elle, fière de lire et de parler le russe, inculqué par sa grand-mère, et de pouvoir retourner dans ce pays doté d’un patrimoine culturel important.

“Il faut connaître son histoire pour comprendre la Russie. Les gens qui m’accompagnent quand je m’y rends sont surpris par l’honnêteté viscérale de ses habitants. Ils n’ont pas le temps! Il n’y a pas toute cette politesse qu’il y a ici. Ils sont très directs, très aimants”, décrypte Anna. “Je ne pourrais pas y rester plus de deux semaines, tant il y a des choses qui me sont étrangères, beaucoup de codes auxquels je n’adhère pas, une vision des relations hommes-femmes par exemple que je ne partage pas, mais quand j’y vais, je peux prendre tout le bon et repartir avec!” Le culte de Poutine, par des rappeurs notamment, l’interpelle, bien qu’elle comprenne que le peuple russe puisse voir en lui un sauveur. Musicalement, l’âge d’or de la Russie, c’est Tchaïkovsky. La pop ou le rap, c’est pas ça. “Ils passent encore du K-maro à la radio!”, confie celle qui a également de la famille en Arménie. “Mais je n’ai pas de scoop, genre je suis la cousine cachée de Kim Kardashian!” Le sentiment de commencer à percer qui est Anna Kova arrive au moment de se quitter. Tout reste flou, sauf sa passion pour la musique. But She Was Cool.

Dolores Bakèla


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