culture

Mode

Quatre plasticiennes qui interrogent la société à travers le vêtement

4 plasticiennes ont placé la mode au cœur de leur pratique pour interroger le lien entre création, genre et identité.  
© Naia Combary
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Utilisé comme médium artistique, le vêtement peut prendre une force féministe et engageante nouvelle, comme l’ont démontré les autoportraits de Cindy Sherman ou les performances de Tracey Emin. Ici, 4 artistes avant-garde proposent de soulever la question du genre, du féminisme et de la société de consommation en plaçant la mode au centre de leur pratique.

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Se réapproprier l’espace public 

Transformer son rapport à l’espace public en choisissant d’être remarquée; c’est la démarche de Naïa Combary qui décide, après plusieurs années de travail sur l’image des femmes, de porter pendant un an un costume d’homme aux motifs de feu ne passant clairement pas inaperçu. Quel est le but de cette démarche? En inversant son rapport à la rue et à l’autre, Naïa Combary ne vit plus le fait d’être remarquée comme une agression, elle devient un personnage et non plus simplement une femme subissant le regard extérieur. Naïa Combary et son costume, à propos duquel elle poste tous les jours sur Instagram, soulèvent des questions de représentation. Son image d’elle-même mais aussi celle des femmes face à elles-mêmes, dans une société qui reste très encline à se conformer aux normes patriarcales.

 

Lier l’intime au politique

Mal vues, nos fesses? En tentant de découvrir son propre corps, et celui des autres, Maud Dabs décide de travailler sur les fesses, ces attributs à la fois sexués et dénigrés, renvoyant longtemps à une sexualité interdite. L’artiste dialogue avec les corps féminins et les interroge, pour donner aux femmes un moyen de réappropriation de leurs corps, tout en humour et mignonnerie. Et Maud Dabs pousse son idée encore plus loin puisqu’elle dessine des fesses… sur des fesses. Elle change de support en brodant ses illus’ sur des culottes sur-mesure, faites en popeline de coton bio. Maud Dabs sacralise et désacralise à la fois nos fesses, et nous montre que l’on peut parler nudité sans vulgarité, et avec féminisme.

Maud Dabs

 

Défendre une production plus éthique

L’importance de la consommation éthique n’est plus un secret. C’est ce que prône Manifeste011, ce magasin de vêtements vegan. Mais en parler artistiquement n’est pas si simple. C’est pourtant l’idée derrière la collaboration de Manifeste011 avec l’artiste et photographe Marie Taillefer, qui photographie des pièces de la boutique en les retravaillant pour leur donner un aspect plus abstrait. Elle les imprime ensuite sur de grands tissus et réinvente ainsi l’imaginaire de la boutique et des pièces en elles-mêmes.  A travers une esthétique dé-sexualisée, MarieTaillefer  propose une ode esthétique et artistique à la production éthique, soutenue par Manifeste011.

Marie Taillefer et Manifeste011

 

Détourner les codes du porno

María Forqué utilise les codes du vêtement, ou plutôt ceux du non-vêtement. En détournant des codes porno-chic, elle créé un malaise. N’est-ce pas d’ailleurs l’un des buts de l’art que de créer une réaction violente? Souvent nue, recouverte de symboles, elle joue avec son corps grâce à la technologie 3.0; supprime sa poitrine, accentue ses courbes. Elle questionne les impératifs de beauté véhiculés par la pornographie, mais aussi par l’industrie de la mode, tout en s’en créant un personnage à part entière. Cyborg, post-porn, son personnage est aussi hybride que le genre de chacun.

Instagram @Imvirgenmaria

Pauline Malier

Ce papier a été initialement publié sur le site des Inrocks.

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