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Littérature

Les Cheek livres de la rentrée littéraire 2016

Du phénomène Emma Cline à la révélation française Line Papin, en passant par le roman d’anticipation féministe de Chloé Delaume, on a sélectionné pour vous les romans les plus Cheek de la rentrée littéraire. 
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR

Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR


Quels bouquins vont nous accompagner cet automne? Parmi les 560 romans de la rentrée littéraire, nous avons sélectionné treize livres dont le pitch nous rend déjà accros: le premier roman d’Emma Cline, The Girls, événement littéraire comme seuls les Américains savent en faire, le nouveau volume de Chloé Delaume, Les Sorcières de la République, et son propos résolument féministe ou encore L’Eveil, première œuvre de la jeune Line Papin, déjà désignée comme une nouvelle auteure qui va compter, sont de ceux-là. On vous fait les présentations.

 

The Girls, d’Emma Cline (Editions de la table ronde)

The Girls Emma Cline cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: Adolescente, Evie Boyd a été embrigadée dans une secte. C’était les années 60, la Californie, et la jeune femme avait 14 ans. Devenue adulte, elle raconte: sa vie dans un ranch en bordure du monde, sa fascination pour Suzanne, l’aînée du groupe, son basculement hors d’elle-même.

Pourquoi on a envie de le lire: Emma Cline était déjà un phénomène littéraire avant même d’avoir écrit son livre. Pour la signer, son éditeur américain a déboursé deux millions de dollars, une somme délirante pour un premier roman. On a évidemment envie de savoir si le montant du chèque était justifié, mais on est aussi séduits par cette fiction qui s’appuie, de manière à peine dissimulée, sur l’histoire de la famille Manson. Un thème aussi traité par Simon Liberati dans son California Girls, qui sort en France au même moment. Mais qui n’a, quant à lui, pas la chance d’avoir été adoubé par Lena Dunham.  

 

Féminine, d’Emilie Guillaumin (Fayard)

Féminine Emilie Guillaumin cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: Après une rupture sentimentale, Emma Linarès s’engage dans l’armée. Elle qui a toujours été fascinée par les défilés militaires et rêvait une vie d’aventures se met pourtant à douter de son engagement à mesure que les jours passent. 

Pourquoi on a envie de le lire: Parce qu’Emilie Guillaumin, l’auteure de ce premier roman, est partie de sa propre expérience d’un an et demi dans l’armée de terre pour parler de la grande muette. Cette journaliste passée par Radio Classique a sans doute beaucoup de points communs avec sa narratrice, dont un goût très prononcé pour la lecture. Il y a des chances qu’on s’identifie. 

 

Les Cosmonautes ne font que passer, d’Elitza Gueorguieva (Verticales)

Elitza Gueorguieva Les Cosmonautes cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: L’histoire d’une petite fille de 7 ans qui, dans la Bulgarie communiste des années 80, rêvait de devenir cosmonaute… Avant d’être rattrapée par la pré-adolescence et le début d’une nouvelle ère politique, qui engendrera chez la narratrice un certain nombre de remises en questions. 

Pourquoi on a envie de le lire: Pour savoir comment une jeune femme de notre âge -Elitza Gueorguieva est née en 1982- s’est construite dans un contexte si différent de celui de notre enfance. Née en Bulgarie, l’auteure de ce premier roman vit en France depuis 15 ans désormais, et pose un regard tendre et drôle sur son enfance de l’autre côté du mur. 

 

Désorientale, de Négar Djavadi (Liana Lévi)

Negar Djavadi Desorientale cover rentre littéraire 2016

Le pitch: Alors qu’elle se trouve dans une salle d’attente pour recevoir une insémination artificielle et avoir un enfant avec sa compagne, Kimiâ Sadr se remémore son enfance, dans un Iran qu’elle a quitté à l’âge de 10 ans pour s’exiler avec sa famille à Paris.  

Pourquoi on a envie de le lire: “Un récit qui évoque l’Iran des années 1970, la France d’aujourd’hui, l’exil, l’homosexualité, l’identité, la transmission et la PMA”, raconte le site Livres Hebdo, pour présenter le livre de Négar Djavadi. Des thématiques qui éveillent notre intérêt, surtout que le même média indique que la romancière a placé  “en exergue du roman les paroles d’une chanson de PJ Harvey”

 

L’Eveil, de Line Papin (Stock)

L'Eveil Line Papin cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: A Hanoï au Vietnam, de nos jours. Les histoires d’amour de deux filles et deux garçons, dont celle de Juliet, fille de l’ambassadeur australien, tombée raide d’un français qui, lui, est hanté par une autre. 

Pourquoi on a envie de le lire: Le titre de ce premier roman et le décor où il s’ancre nous évoquent immanquablement Marguerite Duras et son Amant. La jeune Line Papin -née en 1995-, deviendra-t-elle une auteure aussi importante que son illustre aînée? C’est un peu tôt pour le dire mais, tous ceux qui ont fricoté de près avec ce roman d’amour fou sont tombés raides du style de la jeune romancière.

 

Le Grand jeu, de Céline Minard (Rivages)

Céline Minard Le Grand jeu cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: Une femme part s’isoler dans la montagne pour se confronter aux éléments et tenter de répondre à la question suivante: comment vivre? Mais alors qu’elle s’apprête à rencontrer la solitude, surgit une ermite qui fait vaciller ses plans. 

Pourquoi on a envie de le lire: Dans le tumulte de nos vies ultra-connectées, les récits d’isolement sont souvent une occasion de faire taire le bruit ambiant. Céline Minard en est coutumière puisqu’elle était aller vivre, pour l’écriture de son précédent livre, Faillir être flingué (2013), dans une tente à 2000 mètres d’altitude. 

 

Voici venir les rêveurs, de Imbolo Mbue (Belfond)

Imbolo Mbue Voici venir les rêveurs cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: En 2007 aux Etats-Unis, les destins croisés de deux familles. L’une est celle de Jende Jonga, qui a immigré du Cameroun et espère obtenir ses papiers, l’autre celle de Clark Edwards, banquier chez Lehman Brothers. 

Pourquoi on envie de le lire: A l’instar de Chimamanda Ngozi Adichie, la Camerounaise d’origine Imbolo Mbue interroge les relations entre Afrique et Etats-Unis. Sur fond de crise des subprimes, Voici venir les rêveurs déconstruit le mythe de l’American Dream, chiffonne la carte verte, et pousse à poser un regard neuf sur le monde et l’Afrique en particulier. 

 

Le Syndrome de la vitre étoilée, de Sophie Adriansen (Fleuve noir)

Sophie Adriansen Le Syndrome de la vitre étoilée

Le pitch: Stéphanie et Guillaume, après 10 ans de vie commune, veulent un enfant. Mais l’enfant ne vient pas. Dans Le Syndrome de la vitre étoilée, la narratrice retrace l’histoire d’un désir d’enfant qui n’a pas abouti, conduisant à la fin d’une relation. 

Pourquoi on a envie de le lire: Comme le rappelle une statistique recensée dans le bouquin, un couple sur cinq rencontre des difficultés pour avoir un enfant. Le livre de Sophie Adriansen, écrit comme un journal de bord, explore de l’intérieur le désir de maternité et questionne la place de la femme nullipare dans la société. Que l’on s’identifie personnellement à l’histoire de ce couple ou pas, assurément un thème qu’on a envie d’explorer.

 

Oreo, de Fran Ross (10/18)

Oreo Fran Ross cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: Tout juste sorti en poche, Oreo est un incontournable de cette rentrée. Ce roman, qui date de 1974, n’a atteint le statut de livre culte que quarante ans après sa première parution, soit lors de sa ressortie en 2014. Depuis, il est considéré comme un classique de la littérature afro-américaine féministe. 

Pourquoi on a envie de le lire: Parce qu’en essayant de retrouver son père dans un New York labyrinthique, la narratrice, Oreo, nous embarque au cœur de questions universelles et plus que jamais d’actualité. “Parodie du mythe de Thésée, ce texte truculent est un questionnement sur l’origine, mais aussi sur l’utopie d’une réconciliation toujours en devenir”, nous indique le communiqué de presse. “Figure ambiguë, métissée, Oreo, l’héroïne, fait montre d’une liberté de mouvement et de ton qui illustre le refus de toutes les frontières.” Un “must read”. 

 

Chanson douce, de Leïla Slimani (Gallimard)

Chanson douce Leïla Slimani

Le pitch: Myriam et son époux décident d’engager une nounou pour leurs deux jeunes enfants. Après une recherche poussée, Louise est recrutée. Cette dernière prend immédiatement une place importante dans le cœur des enfants, ainsi que dans la vie de la maison. “Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame”, indique le communiqué de presse. 

Pourquoi on a envie de le lire: On pense instantanément à La Main sur le berceau, thriller 90’s qui mettait en scène Rebecca de Mornay dans la peau d’une nounou machiavélique. Et on en frissonne d’avance…  

 

I Love Dick, de Chris Kraus (Flammarion)

Chris Kraus I Love Dick cover rentrée littéraire 2016

Le pitch: Une femme tombe folle amoureuse de Dick (Si le mec s’était appelé Gérard ce serait moins fun), un homme qu’elle a vu une seule fois dans sa vie. Elle décide d’entamer une correspondance épistolaire avec ce dernier, à laquelle se joint aussi son mari quelque temps après. 

Pourquoi on a envie de le lire: Paru aux Etats-Unis en 1997, I Love Dick de Chris Kraus (rien à voir avec les petits rappeurs qui mettaient leurs fringues à l’envers), vient seulement d’être traduit à l’international. Il était temps, car cette œuvre est selon les Inrocks “furieusement féministe, immoral[e] et romantique”, quand le Guardian la présente carrément comme “le livre le plus important sur les relations hommes-femmes qui ait été écrit au XXème siècle.” Rien que ça. 

 

Les Sorcières de la République, de Chloé Delaume (Seuil

Chloe Delaume Les Sorcières de la République rentrée littéraire 2016

Le pitch: Entre 2017 et 2020, la France a été dirigée par le Parti du Cercle, émanation d’une secte féministe qui a voulu compenser des millénaires de domination masculine. Plus de quarante ans plus tard, au Stade de France, qui tient alors lieu de Tribunal du Grand Paris, Sybille, la fondatrice du Parti du Cercle, va être jugée.

Pourquoi on a envie de le lire: Ce roman d’anticipation qu’on imaginerait bien dans un décor à la Jacky au royaume des filles est apparemment emprunt d’un humour mordant. C’est un bon argument, mais pas autant que celui avancé par Chloé Delaume elle-même dans cette vidéo: selon elle, le livre a “pour objectif assumé de réveiller les femmes” et pour devise “liberté, parité, sororité”.  

 

Mauvaises filles, incorrigibles et rebelles, de Véronique Blanchard et David Niget (Textuel)

Mauvaises filles incorrigibles et rebelles cover véronique blanchard rentrée littéraire 2016

Le pitch: D’Augustine, la patiente du Professeur Charcot dont a récemment été tiré un film, à Albertine Sarrazin, emblème rebelle dans les années 50, ce livre relié, qui regroupe de nombreux documents, dresse les portraits de 20 “mauvaises filles”, de 1940 à 1980. 

Pourquoi on a envie de le lire: La grande histoire a majoritairement retenu le nom de celles qui ont fait avancer la cause féministe par leurs actions institutionnelles. Mais, ces électrons libres qui n’avaient souvent d’autre objectif -ou d’autre choix- que de vivre leur vie comme elles l’entendaient, méritent autant, pour leurs vies tumultueuses et loin des conventions, qu’on fasse leur connaissance. 

Faustine Kopiejwski 


1. Le clip du jour: Mai Lan - Pas d'amour

Quand la musique s’écoute avec les yeux et se regarde avec les oreilles: Pas d’amour, de Mai Lan, c’est notre clip du jour. 
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR  - Cheek Magazine
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR

3. La cérémonie des Emmy Awards 2017, un cru très féministe

On a lu pour vous cet article de Vanity Fair US qui revient sur la soirée des Emmy Awards 2017, vue comme un “doigt d’honneur au patriarcat”.
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR  - Cheek Magazine
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR

4. Trois bonnes raisons d’aller voir la nouvelle expo Niki de Saint Phalle

L’expo consacrée à Niki de Saint Phalle, la célèbre créatrice des Nanas, est centrée autour de la thématique du corps féminin. Une œuvre puissamment féministe à aller contempler au plus vite.
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR  - Cheek Magazine
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR

5. Avec son clip “Flava”, la rappeuse Princess Nokia appelle à l'empowerment des femmes noires et métisses

Si vous ne deviez voir qu’une seule vidéo aujourd’hui, ce serait le clip Flava de la rappeuse Princess Nokia qui invite les femmes noires et métisses à être fières de leurs différences et dénonce l’appropriation culturelle dont elles sont souvent les victimes.
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR  - Cheek Magazine
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR

6. Les Cheek films de la rentrée

Beaucoup de sensations fortes pour cette rentrée cinéma où l’on parle d’argent, de féminisme, de racisme, de chagrin d’amour… et de volonté de changer le monde, d’une manière ou d’une autre.
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR  - Cheek Magazine
Photo tirée de la couverture américaine du livre “The Girls”, d'Emma Cline, DR