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“Insatiable”, la nouvelle série Netflix accusée de grossophobie

Prévue pour le 10 août, la nouvelle série Netflix Insatiable est accusée de grossophobie et fait l’objet d’une pétition sur Change.org. 
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Insatiable, la nouvelle série de Netflix prévue pour le 10 août, a réussi à créer la polémique avant même son lancement. Accusé de grossophobie, le show fait l’objet d’une pétition sur Change.org, où près de 200 000 personnes réclament à Netflix son annulation. 

Dans Insatiable, l’actrice Debby Ryan interprète Patty, une lycéenne plus grosse que ses camarades, qui, lorsqu’elle ne bâfre pas des pots de glace devant sa télé, se fait fat-shamer par ses congénères boutonneux. Devenue mince pendant les vacances d’été suite à une blessure à la mâchoire, Patty revient très sûre d’elle et très énervée à la rentrée des classes, avec une seule idée en tête: se venger. 

 

 

Un pitch douteux, donc, dénoncé par l’instigatrice de la pétition: “Pendant longtemps, le discours dominant disait aux femmes et aux jeunes filles impressionnables que, pour être populaires, avoir des amis, être désirables aux yeux des hommes, et en quelque sorte être une personne méritante… nous devions être minces […] La série traduit un problème beaucoup plus vaste que chaque femme -je peux vous le garantir- a déjà affronté dans sa vie: juger sa propre valeur selon son apparence physique, tiraillée par l’injonction d’être un objet désirable au regard des hommes. C’est exactement ce que fait cette série. Elle perpétue non seulement la culture nocive des régimes alimentaires, mais aussi l’objectivation du corps des femmes”, peut-on lire sur la page de Change.org. 

A quelques jours de sa diffusion, Netflix ne semble pas parti pour annuler le programme et les deux actrices de la série ont pris la parole sur Twitter pour la défendre. Dans un long texte publié le 21 juillet, Debby Ryan évoque au passé ses propres problèmes de poids et écrit: “J’ai été attirée par la volonté de cette série de parler frontalement de la difficulté et de la peur de se déplacer dans le monde avec un corps, que vous soyez félicitée ou critiquée pour sa taille, et de ce que cela fait de prier pour être ignorée, parce que c’est plus facile que d’être vue.” 

 

 

Alyssa Milano, qui lui donne la réplique, a quant à elle posté une longue vidéo en faveur de la série, dans laquelle elle évoque aussi son expérience de fat-shaming et d’anciens troubles alimentaires:

 

Lauren Gussis, showrunneuse de la série, a aussi pris le parti de mettre son expérience personnelle en avant sur Twitter, en affirmant avoir été suicidaire à l’âge de 13 ans et continuer à être, même aujourd’hui, “toujours pas très bien dans sa peau”. En conclusion, elle demande au public de bien vouloir laisser une chance à sa série. “C’est ma vérité”, écrit-elle. 

 

 

Une polémique qui n’est pas sans rappeler les débats autour du dernier film d’Amy Schumer, I Feel Pretty, lui aussi sorti sur Netflix le 20 juillet, et critiqué pour son caractère auto-dépréciatif, grossophobe et, finalement, peu féministe

Faustine Kopiejwski


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