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Séries

7 séries à binger sans culpabilité cet hiver

Préparez le canapé, le plaid et les chaussettes en alpaga, on s’occupe de la programmation. 
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix


C’est le mois de novembre, les fêtes approchent, vous avez abandonné tout effort social. Heureusement, une nouvelle fournée de séries devraient vous occuper suffisamment longtemps pour n’avoir à vous rouler de votre lit que pour remplir vos obligations familiales. Voilà nos conseils de séries à binger sans culpabilité.

 

The Deuce

Le pitch: New York, début des années 70. Dans le quartier de The Deuce (qui donne son nom à la série), on croise deux frères jumeaux qui se frottent à la mafia (James Franco), une prostituée désabusée (Maggie Gyllenhaal), une étudiante devenue serveuse (Margarita Levieva), des proxénètes sans scrupules et on assiste à l’explosion de l’industrie du porno.

Pourquoi on regarde: Déjà parce que les showrunners de la série (David Simon et George Pelecanos) ne sont autres que ceux du show culte et totalement incontournable The Wire. Ensuite, parce que The Deuce s’intéresse tout particulièrement à ses personnages féminins et notamment aux prostituées, qui ne sont jamais reléguées au second plan de l’histoire. On découvre en profondeur les ambitions de Candy (Maggie Gyllenhaal), une prostituée solitaire qui se rêve réalisatrice, ou de Darlene, qui se passionne pour Le Conte de deux cités de Charles Dickens. La prostitution est enfin vue par le prisme des principales intéressées et la diversité de leurs parcours est sans cesse rappelée. Deux des consultantes de la série, dont plusieurs épisodes ont d’ailleurs été réalisés par des femmes, sont les directrices du Sharmus Outlaw Advocacy and Rights Institute qui se bat pour les droits des travailleuses du sexe.

Actuellement sur OCS.

 

Alias Grace

Le pitch: La mini-série diffusée sur Netflix suit Grace Marks, une servante irlandaise accusée du meurtre de ses employeurs dans le Canada du début du XIXème siècle. Grace affirme qu’elle souffre d’amnésie et qu’elle a oublié ce qu’elle faisait au moment des événements. Condamnée à la prison, elle va être aidée par un jeune docteur qui va essayer de l’aider à se souvenir de ce qu’elle a enfoui au plus profond de sa mémoire.

Pourquoi on regarde: Vous reprendrez bien une petite dose de Margaret Atwood? Après le succès critique de The Handmaid’s Tale, l’adaptation du roman phare de l’auteure diffusée en avril dernier, Netflix s’attaque à Alias Grace (publié en 1996). Pour mettre toutes les chances de leur côté, ils ont fait appel à Sarah Polley, formidable actrice et réalisatrice (Take This Waltz, Stories We Tell) pour être la showrunneuse de cette mini-série. Alias Grace ne met pas en place un monde dystopique comme la série d’Hulu, mais s’inspire de faits réels. Au vu de la bande-annonce, elle promet quand même une ambiance sombre et flippante. Comme toujours avec Atwood, Alias Grace questionne la perception que la société a des femmes et de leur identité en jouant avec l’innocence ou la culpabilité de Grace.

Sur Netflix à partir du 3 novembre.

 

SMILF

Le pitch: En 2015, l’actrice et réalisatrice Frankie Shaw (Shayla dans Mr Robot) impressionnait le jury du Festival de Sundance avec SMILF, un court métrage qui racontait les aventures d’une jeune maman célibataire débarquant à Los Angeles pour devenir actrice. Après avoir remporté un prix au prestigieux festival, la chaîne américaine Showtime a proposé à Shaw d’en faire une série, diffusée au début du mois de novembre sur la chaîne.

Pourquoi on regarde: “La sexualité des femmes a trop souvent été vue du point de vue des hommes”, expliquait Shaw au New York Times en 2015. Pour elle, SMILF est une manière de raconter enfin la vérité sur le fait d’être une jeune mère cherchant à rencontrer des hommes et à retrouver une sexualité normale. On n’a pas encore pu voir le résultat, mais il promet de se situer entre Fleabag et Chewing Gum, deux des meilleures séries de ces dernières années. En bonus, on y retrouve Rosie O’Donnell, qui a eu dans les années 90 son propre talk show. Un vrai pont entre deux générations de meufs drôles. On signe tout de suite.

Sur Showtime à partir du 5 novembre.

 

Nola Darling n’en fait qu’à sa tête

Le pitch: En 1986, Spike Lee est un jeune réalisateur qui n’a qu’un film à son actif. Avec une caméra, une poignée d’acteurs et un minuscule budget il tourne Nola Darling n’en fait qu’à sa tête. Le film, qui raconte la relation entre une jeune femme, ses trois amants et sa voisine lesbienne, a véritablement lancé la carrière du jeune réalisateur. Devenu aujourd’hui l’une des figures du cinéma américain, Spike Lee réimagine les aventures de son héroïne en 2017, dans un Brooklyn transformé par la gentrification et dans un format sériel qu’il expérimente pour la première fois.

Pourquoi on regarde: Ce qui séduit dans le film original de Spike Lee, c’est la manière dont il met en avant une voix de femme libre. En off, Nola Darling délivre sa vision du sexe, de la fidélité et élabore des réflexions sur son statut de femme noire dans la société américaine. Le réalisateur reprend ce procédé pour sa série avec une nouvelle actrice, DeWanda Wise, qui promet d’être l’une des révélations de l’année. La série étant encore sous embargo, on ne peut pas vous en dévoiler plus. On peut juste vous dire que le sujet de la sexualité féminine, 30 ans après le film original, est loin d’être épuisé ou obsolète.

Sur Netflix à partir du 23 novembre 2017.

 

Insecure (saison 2)

Le pitch: Insecure est basée sur la websérie d’Issa Rae, The Misadventures of Awkward Black Girl. Comme son nom le suggère, elle suit les mésaventures d’une jeune fille noire aux États-Unis. Un peu maladroite, souvent très drôle, son gimmick est de s’inventer des raps qu’elle déclame devant le miroir des toilettes, pour se motiver ou se donner du courage. La série se concentre surtout sur ses histoires d’amour compliquées, sur son job dans une association et sur sa relation avec sa meilleure amie avocate. Elle traite aussi du racisme ordinaire et des difficultés que peuvent rencontrer les femmes noires dans leur environnement professionnel.

Pourquoi on regarde: Si vous avez raté les deux premières saisons d’Insecure, il est temps de se rattraper! Déjà, parce qu’Issa Rae est une figure montante des séries américaines. En marge de la saison 3 d’Insecure, elle planche déjà sur un nouveau drama pour HBO. Ensuite, parce que sa série est parfaitement écrite et qu’elle se penche sur tous ses personnages avec la même profondeur et rend compte des expériences de chacun.

Sur HBO.

 

I Love You, America

Le pitch: Si vous aimez le stand-up américain, vous connaissez certainement Sarah Silverman. Elle a commencé au début des années 90 en même temps que d’autres figures du genre comme Jerry Seinfeld. Connue pour son humour souvent trash et provocateur, elle a déjà présenté un talk show sur Comedy Central entre 2007 et 2010 (The Sarah Silverman Program). Un an après l’élection de Donald Trump, elle revient sur Hulu avec une émission à mi-chemin entre le talk show, la série à sketches et le documentaire. Son ambition? Sillonner le pays à la rencontre d’Américains, souvent en désaccord avec elle, pour essayer de comprendre d’où naissent les tensions actuelles.

Pourquoi on regarde: Une comique de gauche qui part dans un road trip pour faire changer d’avis les conservateurs républicains… le postulat de départ pourrait paraître un peu naïf. Finalement, le pari est rempli. On est en 2017 et le monde est tellement sens dessus dessous que voir Silverman essayer de comprendre son prochain est plutôt cathartique. Étant ce qu’elle est, elle place bien sûr quelques blagues scatologiques, montre des gens nus juste parce qu’elle le peut, en place une pour les “hommes rassurants” qui présentent les talk shows américains (comme Jimmy Kimmel, son ancien mari) et enchaîne les blagues sur Jésus, son sujet préféré. On est aussi heureux de constater qu’elle a mis de l’eau dans son vin. Si à une époque on lui a reproché des blagues très douteuses, elle questionne dès le premier épisode son privilège blanc et se remet en permanence en question. À la fin de chaque demi-heure, elle invite une personne inspirante qui a réussi à changer son existence, à l’image d’un militant de Black Lives Matter, qui raconte comment il a traversé le pays pour aller manifester à Ferguson. Il se pourrait bien que sa main tendue soit une vraie bouffée d’air frais au milieu de cet hiver maussade.

Sur Hulu depuis le 12 octobre.

 

Crazy Ex-Girlfriend saison 3

Le pitch: Rebecca vit à New York, elle a un job de rêve mais elle est en pleine dépression. Un jour, elle croise son amour de jeunesse, Josh Chan. En le voyant sourire, elle décide de tout plaquer pour le rejoindre à West Covina, en Californie. Les deux premières saisons suivent les tentatives de Rebecca pour raviver la flamme entre elle et Josh. Le tout entrecoupé de chansons géniales qui parodient tous les styles, des comédies musicales au hip hop en passant par les clips kitsch des années 80.

Pourquoi on regarde: La saison 3 de Crazy Ex-Girlfriend vient de commencer et on sait déjà que c’est tout ce dont on aura besoin pour cet hiver. Pourquoi? Parce qu’au milieu de l’affaire Weinstein, de l’infinie tristesse de voir les copines partager leurs douleurs via le hashtag #metoo, la chanson que chante Rebecca dans le premier épisode, Let’s Generalize About Men, est l’hymne qu’il nous faut. Une invitation à renverser les rôles, chanté par celle qui a décidé dans cette saison de faire tomber les hommes et le patriarcat. Après avoir chanté sur la sororité, sur les relations sexuelles pendant les règles ou sur la torture de se préparer avant un date, la showrunneuse Rachel Bloom prouve encore une fois que Rebecca est bel et bien l’héroïne féministe dont on a besoin actuellement.

Saison 3 The CW. Saison 1 sur Netflix.

Pauline Le Gall


1. Jessica Chastain dénonce le sexisme des castings à Hollywood dans une vidéo très drôle

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DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

2. “Battle of the sexes”: comment Billie Jean King a changé l'histoire du tennis féminin

Les réalisateurs de Little Miss Sunshine s’attaquent au match historique qui a opposé la joueuse lesbienne Billie Jean King au joueur misogyne Bobby Riggs. Une histoire qui a changé à jamais la face du tennis féminin. 
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

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DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

4. “C'est tout meuf”: le podcast belge qui parle de cul, mais pas que

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DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

5. Avec la fanfare 30 nuances de noir·es, l'afroféminisme descend dans la rue

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DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

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DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix

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Quand la musique s’écoute avec les yeux et se regarde avec les oreilles: Beer Fear des Honey Hahs, c’est notre clip du jour. 
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix  - Cheek Magazine
DeWanda Wise et Cleo Anthony dans “Nora Darling n'en fait qu'à sa tête” © Netflix