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Séries

7 séries pour surmonter la fin de “Girls”

Hannah et ses copines ont rendu l’antenne la semaine dernière. Ne pleurons pas trop longtemps et consolons-nous avec sept autres séries peuplées de meufs géniales à regarder absolument.  

The Handmaid’s Tale, saison 1

Le pitch: République de Gilead. Dans un futur proche, les États-Unis sont contrôlés par un régime religieux totalitaire qui a asservi les femmes. Elles sont désormais limitées à trois rôles: les épouses dominantes, les Marthas (servante dans les maisons) et les servantes écarlates, qui ont pour seule mission de tomber enceintes. Adapté du roman éponyme de Margaret Atwood, la série suit Defred, une servante écarlate qui se souvient d’un passé plus libre et heureux.

Pourquoi on regarde: Sorti en 1985, le roman de Margaret Atwood raconte comment toute une population peut, au fur et à mesure, renoncer à ses libertés et accepter la soumission. Elle décortique les mécanismes du pouvoir, les conséquences de catastrophes écologiques, le contrôle que la société exerce sur le corps des femmes et la manière dont chaque individu s’installe dans un régime totalitaire. La série, diffusée en mai aux États-Unis, a tout pour convaincre. Elle est portée par Elisabeth Moss, qu’on adorait dans Mad Men et Top of the Lake et qui a le talent nécessaire pour être l’héroïne d’une grande série féministe. Outre-Atlantique, The Handmaid’s Tale est d’ailleurs déjà annoncée comme la première grande série post-Trump et son auteure Margaret Atwood clame que ce conte dystopique n’a jamais été aussi actuel et nécessaire. Ce n’est pas pour rien qu’aux manifestations de Washington après l’élection du président américain, des femmes arboraient des pancartes “Nolite te bastardes carborundorum” (“ne laisse pas les salauds t’écraser”), une référence directe au roman. Dans une société où le puritanisme gagne du terrain, où le droit à l’avortement est remis en question et où il faut plus que jamais défendre les droits des femmes, The Handmaid’s Tale sera vraiment la série à ne pas manquer.

Disponible sur Hulu à partir du 26 avril.

 

I Love Dick, saison 1

Le pitch: Sylvère (Griffin Dunne) et Chris (Kathryn Hahn) quittent leur appartement new-yorkais et posent leurs bagages à Marfa, dans le Texas. Le mari, un quinquagénaire intello en quête de reconnaissance, y a décroché une résidence dans l’atelier de Dick (Kevin Bacon). Ce dernier va complètement bouleverser le quotidien du couple, qui va petit à petit intégrer cette figure mystérieuse dans ses jeux sexuels. Chris commence à écrire des lettres torrides au mentor de son mari, dans lesquelles elle questionne les rapports de couple, l’attirance physique et la sexualité des femmes.

Pourquoi on regarde: À première vue, il y a mille raisons de regarder cette série. Déjà, parce que sa showrunneuse n’est autre que Jill Soloway, tête pensante de la culte Transparent. Ensuite, parce qu’il s’agit d’une adaptation du roman féministe de Chris Kraus. Et enfin, parce qu’il donne à la géniale Kathryn Hahn, abonnée aux seconds rôles (on l’a vue dans Bad Moms, Transparent ou Parks and Recreation), un grand rôle à la hauteur de sa force comique et de son énergie. Les trois premiers épisodes, projetés au festival Séries Mania, confirment la hype. I Love Dick, avec son titre ambigu et son montage expérimental, est un bouillonnement féministe, où Jill Soloway montre une femme (re)prendre en main son corps, sa sexualité et sa créativité, dans un même élan. Chris écrit à Dick des lettres fiévreuses où chaque mot est comme une vengeance contre cet homme macho qui ne croit pas en son potentiel artistique. La série s’amuse aussi à déjouer tous les clichés sur les intellectuels blancs, sur les artistes, sur le couple et sur la sexualité des femmes. Elle réussit aussi, et ce n’est pas une mince affaire, à donner corps au format épistolaire sur le petit écran.

Disponible sur Amazon Prime à partir du 12 mai. 

 

Girlboss, saison 1

Le pitch: Sophia est une jeune américaine fauchée. Elle erre de job en job, se répétant inlassablement que l’âge adulte est l’endroit où les rêves viennent mourir. Pour se faire quelques dollars, elle commence à vendre ses vêtements vintage sur eBay. Comme dans toute bonne success story à l’américaine, elle va finalement monter un empire. La série est basée sur les mémoires de la CEO de Nasty Gal, Sophia Amoruso.

Pourquoi on regarde: Ne vous attendez pas à ce que Girlboss révolutionne votre quotidien. La nouvelle série de Netflix n’évite pas plusieurs écueils: une histoire d’amour un peu superflue, une image aseptisée de San Francisco et de la révolution numérique, une héroïne un peu fake… Mais on ne va pas bouder notre plaisir. Pour une fois qu’une série raconte la réussite au féminin (on passera sur la faillite de Nasty Gal en 2016), autant en profiter. La showrunneuse Kay Cannon, scénariste de The Hit Girls, impulse une vraie énergie à la série, avec notamment une bande son qui met à l’honneur les Yeah Yeah Yeahs ou Bikini Kill. Girlboss montre aussi la difficulté d’être une femme dans le milieu des affaires. Au début de la saison, l’héroïne explique son ambition à un vendeur de friperie, qui lui rit au nez. “Sous-estime moi, lui répond-elle. C’est exactement ce que je veux.” Une bonne leçon pour toutes les entrepreneures.

Disponible sur Netflix.

 

Chewing Gum, saison 2

Le pitch: Tracey a 24 ans, elle est fan de Beyoncé, sa mère est la prêtresse d’une église alternative, elle vit dans un quartier pourri de Londres et elle est toujours vierge. C’est avec ce cocktail détonnant que la géniale comédienne Michaela Coel tisse Chewing Gum, une série où règne un humour absurde et trash complètement irrésistible. Tracey y raconte son quotidien face caméra et elle ne nous épargne rien, de ses désirs les plus profonds à ses tentatives désespérées pour perdre sa virginité.

Pourquoi on regarde: Entre Chewing Gum et Fleabag, de la géniale Phoebe Waller-Bridge, on peut dire que la comédie britannique se porte bien. Chewing Gum parle (très) ouvertement de religion, des relations hommes/femmes, de sexualité féminine et de racisme. Dans cette saison 2, Michala Coela se met une nouvelle fois dans des situations absurdes, comme lorsqu’elle se retrouve en costume traditionnel dans le salon d’un riche blanc “fan de jazz”. Elle finit par enduire son canapé de Marmite quand elle se rend compte qu’il développe un fétiche étrange autour des femmes noires. Dans une autre scène mémorable, sa meilleure copine aide l’une des quinquagénaires white trash du quartier à se faire une blackface pour aller à son rencard Tinder. “C’est problématique”, tranche Michala Coela, avec l’une de ses expressions hilarantes. Elle évoque aussi le corps, entre les freaks qui veulent toucher ses cheveux et ceux qui la comparent à Whoopi Godlberg. Ses face-caméra ressemblent désormais à des confessions où la comédienne réfléchit, avec de plus en plus d’absurdité mais aussi d’émotion, au corps et aux standards de beauté. Avec toute la candeur et la bizarrerie qui la caractérisent.

Disponible sur Netflix.

 

13 Reasons Why, saison 1

Le pitch: La jeune Hannah Baker vient de se suicider. Avant de mourir, elle a enregistré sept cassettes, sur lesquelles elle explique les raisons de son suicide. Rumeurs infondées, harcèlement, problèmes au lycée… En treize épisodes, cette série produite par Selena Gomez et adaptée du roman éponyme de Jay Asher analyse les raisons de ce drame.

Pourquoi on regarde: La série est déjà précédée par sa réputation et, si vous ne l’avez pas déjà regardée, vous avez sûrement vu passer les nombreux débats sur la représentation du suicide à l’écran. Mais 13 Reasons Why a surtout un mérite: briser le silence autour du harcèlement scolaire et montrer ces scènes de violences sexistes quotidiennes que toutes les adolescentes ont vécu. Certaines scènes impriment la rétine, notamment celle où la jeune Hannah doit traverser le couloir du lycée sous les regards de ses camarades. Elle ne le sait pas encore, mais une liste circule sur laquelle on la désigne comme ayant le “plus beau cul” de son établissement. Douloureux à regarder, mais nécessaire.

Disponible sur Netflix.

 

Veep, saison 6

Le pitch: Depuis cinq saisons, Veep décortique le destin politique de Selina Mayer (Julia Louis-Dreyfus), une vice présidente ambitieuse, prête à tout pour gravir les échelons.

Pourquoi on regarde: On se le demandait récemment: faut-il être un homme pour être président(e)? La série créée par Armando Iannucci apporte des éléments de réponse en retraçant le parcours d’une femme briguant cette fonction. Comme ses homologues masculins, elle est manipulatrice, obsédée par son image, avide de pouvoir. Et c’est la reine de la réplique qui tue. “Si les hommes pouvaient être ‘enceints’, explique-t-elle dans un épisode, je suis sûre qu’on pourrait se faire avorter au distributeur du coin.” Ou encore “J’ai l’habitude d’avoir affaire à des hommes en colère, agressifs, dysfonctionnels. Des hommes, quoi.” Rythmée, extrêmement bien écrite et terriblement fine sur la politique actuelle, Veep montre aussi en creux la difficulté d’être une femme et d’évoluer dans ces hautes sphères. Recommandé en ces périodes d’élection, pour essayer d’en rire.

Disponible sur OCS Max.

 

Great News, saison 1

Le pitch: Katie travaille au sein d’une chaîne de télévision américaine comme productrice. Sa mère, qui a passé sa vie à s’occuper de sa maison et de ses enfants, décide de changer de vie et de se trouver un emploi. Elle devient la stagiaire de Katie et essaie de se faire une place au sein de la rédaction.

Pourquoi on regarde: La série n’est diffusée qu’à partir d’aujourd’hui aux États-Unis, mais on peut faire confiance aux noms prestigieux qui figurent au générique. D’une part Tracey Wigfield, showrunneuse et ancienne scénariste de la géniale sitcom 30 Rock. Et d’autre part Tina Fey, coproductrice, ancienne showrunneuse de 30 Rock, ex-figure du Saturday Night Live et responsable de l’une des séries les plus drôles de ces dernières années: Unbreakable Kimmy Schmidt. La série promet un regard tendre et drôle sur le fossé générationnel entre mère et fille. Reste à voir si elle exploitera l’humour toujours décalé, parfois sombre de cette idole féministe qu’est Tina Fey.

Diffusé sur NBC à partir du 25 avril.

Pauline Le Gall 


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Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson  - Cheek Magazine
Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson

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Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson  - Cheek Magazine
Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson

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Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson  - Cheek Magazine
Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson

6. Le clip du jour: Scratch Massive - Sunken

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Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson  - Cheek Magazine
Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson

7. Karen Carpenter: comment l'anorexie a tué l'une des plus grandes chanteuses 70's

Dans un ouvrage passionnant, le journaliste Clovis Goux prend comme prétexte la vie de Karen Carpenter, rock star au destin tragique, pour mettre le sujet de l’anorexie sur le devant de la scène. 
Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson  - Cheek Magazine
Michaela Coel dans Chewing Gum © Mark Johnson