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Stand-up

3 shows de stand-up à regarder sur Netflix

Du Nanette d’Hannah Gadsby au Hard Knock Wife d’Ali Wong, 3 spectacles de stand-up à ne pas manquer sur Netflix. 
Ali Wong, capture d'écran de “Hard Knock Wife” © Netflix
Ali Wong, capture d'écran de “Hard Knock Wife” © Netflix

Ali Wong, capture d'écran de “Hard Knock Wife” © Netflix


Si Netflix a parfois tendance à favoriser la quantité au détriment de la qualité, et ne brille pas (encore?) par ses productions de longs-métrages, la chaîne de streaming a réussi à investir le créneau du stand-up avec pertinence. Au point de devenir une rampe de lancement intersidérale pour des comiques qui, avant diffusion sur le réseau mondial de vidéo à la demande, ne dépassaient pas les frontières de leur pays. Grâce aux sous-titres, les vannes de Hannah Gadsby, Iliza Shlesinger ou Ali Wong sont désormais compréhensibles par tou·te·s et c’est une excellente nouvelle. On vous dit pourquoi elles nous ont fait rire. 

 

Nanette, de Hannah Gadsby

Le pitch: Hannah Gadsby prévient d’entrée de jeu: son show, intitulé Nanette en référence à une femme rencontrée dans un café, ne parlera finalement pas de cette dernière. Cette intro absurde permet à l’humoriste australienne de poser le ton et d’enchaîner très rapidement sur le cœur de son spectacle, où elle traite de l’homophobie qu’elle a subie en grandissant dans un village de Tasmanie ou de son coming out raté auprès de sa grand-mère. Au bout d’un gros quart d’heure, cependant, Hannah Gadsby change de ton et arbore des traits graves pour expliquer qu’elle veut arrêter la comédie. “J’ai fondé ma carrière sur l’autodérision. […] Et je n’ai plus envie de ça. Est-ce que vous comprenez ce que signifie l’autodérision quand ça vient de quelqu’un qui est déjà en marge? Ce n’est pas de l’humilité, c’est de l’humiliation.

Pourquoi on regarde: Jusqu’ici inconnue hors de ses frontières, Hannah Gadsby a conquis le monde avec ce show intelligent et déstabilisant enregistré à l’opéra de Sydney, qui pousse à réfléchir sur les ressorts de l’humour. Malgré un jeu parfois trop affecté et crispant -mais après tout, elle explique que la tension est indissociable du rire-, Hannah Gadsby demande à son public de ne plus rire d’elle, mais de rire avec elle, quand elle l’a décidé. Dès lors, c’est elle qui mène la danse, et se réapproprie son histoire pour en faire un récit tantôt tragique, tantôt comique, qui aborde non seulement l’homophobie et la haine de soi, mais aussi le sexisme et la culture du viol. Un spectacle d’une rare finesse intellectuelle et d’une liberté de ton inédite, qui marquera sans doute un tournant dans l’histoire du stand-up. 

 

Elder Millennial, d’Iliza Shlesinger

Le pitch: Enregistré à bord de l’USS Hornet, un ancien porte-avion américain transformé en musée et amarré dans la ville d’Alameda en Californie, Elder Millennial est le quatrième spectacle d’Iliza Shlesinger pour Netflix. Dans ce show d’une heure sous la bannière du stars and stripes, l’humoriste de 35 ans -une “vieille millennial”, donc- annonce ses récentes fiançailles et dresse le portrait des relations femmes-hommes à l’heure de Tinder. Les rapports de séduction hétérosexuels y sont passés à la loupe, et les comportements masculins et féminins décortiqués dans leurs moindres détails, du premier “eye contact” jusqu’au passage à l’acte.

Pourquoi on regarde: Si Iliza Shlesinger se revendique féministe, sa façon très essentialiste de parler des femmes et des hommes lui a attiré pas mal de mauvaises critiques, comme celle du Guardian qui pointe du doigt cette façon très “Mars vs Venus” de délimiter les genres -même si cette opposition entre femmes et hommes s’opère souvent loin des clichés habituels, les femmes n’étant pas les douces ingénues de l’histoire mais de véritables dragons qui font tout pour dissimuler leur animalité. Par-dessus le marché, Iliza Shlesinger s’est trouvée au cœur d’une vive polémique après qu’elle a tenu des propos très critiques envers les autres humoristes femmes de sa génération, épisode qui a sérieusement entamé sa cote de popularité. Clairement, l’humoriste ne fait pas dans la dentelle, on le reconnaît, mais ses vannes sont formidablement ficelées et son interprétation -quelque part entre Jerry Seinfeld et Jim Carrey-, est quand même scotchante. Rien que pour son imitation du paon ou de l’androïde qui scanne à voix haute le look du type qui vient d’entrer dans la pièce, ça vaut le détour. Et aussi, pour vous faire votre propre avis.

 

Hard Knock Wife, d’Ali Wong

Le pitch: Vue dans Inside Amy Schumer, adoubée dans le monde entier en 2016 pour son spectacle Baby Cobra diffusé sur Netflix, pour lequel elle déambulait sur la scène du Neptune Theater de Seattle enceinte de 7 mois, Ali Wong remet ça deux ans plus tard avec Hard Knock Wife. De nouveau enceinte de 7 mois (si, si!), l’humoriste américaine parle grossesse, allaitement, accouchement et maternité sans aucun filtre, et prend un malin plaisir, tout en passant d’un faciès grimaçant de psychopathe à un sourire angélique, à donner dans le détail bien trash.  

Pourquoi on regarde: Parce que c’est hilarant de bout en bout. C’est méchant (avec les enfants, surtout), politiquement incorrect, sans limites, bref, jouissif. “J’ai passé tout mon temps avec ma petite fille depuis sa naissance. Et je l’aime plus que tout… Mais je suis à deux doigts de la foutre à la poubelle”, attaque Ali Wong au bout d’une toute petite minute de spectacle. La suite est à l’avenant, et Ali Wong ne redescend jamais, ni en drôlerie, ni en irrévérence. Résolument féministe, Ali Wong questionne la dépossession du corps, la sexualité post-grossesse, mais aussi son statut d’artiste et de mère ou sa récente célébrité, et glisse au passage quelques vannes sur la communauté asiatique. Âmes sensibles s’abstenir, personnes sur le point de concevoir un enfant aussi -ou avec la perspective de le faire un jour-, pour toutes les autres, à voir absolument. 

Faustine Kopiejwski 


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