culture

Interview

Pour ses 10 ans, la soirée lesbienne Wet For Me promet de mettre le feu

La soirée lesbienne et électro Wet For Me, organisée par le collectif Barbi(e)turix à la Machine du Moulin Rouge à Paris fête ses 10 ans samedi 21 avril. L’occasion de parler boobs, safe space et techno avec Rag, l’une des organisatrices.  
© Marie Rouge
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10 ans de débauche humide, 10 ans de dancefloor surchauffé, 10 ans de salives échangées, 10 ans de dramas gouines, 10 ans de tétons libérés, 10 ans de Djs sets, de lives, de performances, 10 ans de visibilité lesbienne, 10 ans, 100 000 clubbeuses, 250 artistes, 50 soirées, et pas une ride.” Voici ce que vont joyeusement fêter samedi 21 avril les fidèles de la Wet For Me, à l’occasion des 10 ans de l’évènement, à la Machine du Moulin Rouge. “Wet For Me est une soirée ouvertement lesbienne, ouverte à toutes et tous, pour faire la part belle aux artistes femmes et queer, explique Rag, Dj, programmatrice et directrice artistique de l’événement. L’idée est de créer un safe space qui offre une programmation pointue.” Un combo rare selon la figure emblématique du milieu LGBTQI parisien.

À l’origine de l’initiative, on trouve le collectif lesbien Barbi(e)turix et sa volonté de “bousculer les stéréotypes, de promouvoir la culture lesbienne et féministe” et “d’imposer une nouvelle vision des lesbiennes, moderne et électrique”. Et il semblerait que le concept trouve son public étant donné qu’il remplit les salles de Paris depuis une décennie et se développe depuis 2016 dans d’autres villes de France comme Lyon ou Lille.

Cette année, Léonie PernetSara Zinger ou encore Maud Geffray se produiront sur la célèbre scène parisienne. On a discuté avec Rag, celle qui élabore le line-up fou de la soirée.

 

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Qu’est-ce que l’esprit Wet For Me en trois mots?

D’abord, “boobs”: les filles se mettent souvent topless pendant la soirée, par aisance ou pour en faire un geste politique. Ensuite, “musique électronique”, et bien sûr, “lesbienne”. C’est un mot qu’on ne met pas assez en valeur dans le langage commun. Il  a une connotation sale et rétrograde que n’ont pas forcément les termes “homosexuel·le” ou “gay”. Nous, on veut se le réapproprier et le prononcer à voix haute.

Comment sélectionnes-tu les artistes qui se produisent lors des soirées Wet For Me?

On fait nos choix en fonction de nos coups de cœur musicaux et d’un vrai travail de programmation, on essaye par exemple de savoir quel·le artiste il est bon de faire jouer à tel moment. On a la chance d’avoir une grande communauté derrière nous, qui sera présente aux soirées quoi qu’il arrive. Ça nous permet de prendre des risques. On met aussi en avant des personnes qui ont des choses à dire, des messages à faire passer. Les hommes représentent 20% des personnes qu’on sélectionne. On inverse la tendance!

Qui vient danser à la Wet For Me? 

Beaucoup de femmes et beaucoup de lesbiennes, mais pas que. Ce sont des personnes, parfois des hommes, qui aiment la techno, et surtout qui recherchent un espace safe. Même s’il dégage une énergie de fou, notre public est hyper respectueux. On constate que de plus en plus de filles hétéro qui aiment l’électro viennent aux soirées, ça leur permet de profiter d’une programmation qui leur plaît tout en étant peinard. 

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Quel·le·s ont été les artistes marquant·e·s des dix dernières années?

Sans hésiter, Peaches, qu’on a invitée trois fois. Mais aussi la rappeuse Gnučči qui nous a fait un super live l’année dernière. On a aussi vécu un moment très spécial avec Karin Dreijer de The Knife, qui s’est produite cinq jours après les attentats en novembre 2015 et qui nous a fait un set incroyable. Une soirée tendue mais on avait toutes et tous besoin de se retrouver. Gagné puisqu’on a assisté à une vraie communion entre artistes et public.

Le moment à ne pas louper à la prochaine Wet For Me?

Je dirais le show des drag-kings vers deux heures du matin. Ce sont des femmes qui se transforment en hommes, dont on entend beaucoup moins parler que des drag-queens. Je pense que ça va être très cool.

Qu’est ce qu’on peut souhaiter à la Wet For Me pour les années à venir?

Un festival Wet For Me sur plusieurs jours! J’adorerais faire ça. 

Propos recueillis par Margot Cherrid


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