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Noire et bisexuelle: comment Whitney Houston a marqué l'histoire de la pop

Baptisé Whitney, un nouveau documentaire retrace la vie de Whitney Houston et sort sur les écrans français après avoir été présenté à Cannes. 
© ARP Sélection
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Six ans après sa mort le 11 février 2012, Whitney Houston continue de faire couler de l’encre. Après Whitney: Can I Be Me de Nick Broomfield, réalisé en 2017 et disponible sur Netflix, c’est Whitney, du réalisateur Kevin McDonald (Un Jour en septembre, Marley), qui sort mercredi 5 septembre dans les salles françaises. Sélectionné à Cannes hors compétition, ce film de deux heures, étonnamment proche du documentaire de Broomfield qui l’a précédé, retrace l’ascension et la chute de l’icône pop, et tente de lever les secrets de sa vie énigmatique, ponctuée par une fin tragique. Après visionnage, on vous explique comment la petite fille des quartiers déshérités de Newark est devenue l’une des plus grandes chanteuses de tous les temps.  

 

 

Une voix en or, façonnée pour le succès 

Si elle a débuté sa carrière par le mannequinat, Whitney Houston a toujours chanté et a décidé très tôt d’en faire son métier. Un souhait savamment développé et entretenu par sa mère, Cissy Houston, elle-même chanteuse. Cette choriste d’Aretha Franklin dont la carrière solo n’a jamais décollé, sera la coach vocale de Whitney Houston dès l’âge tendre et façonnera à la dure, avec une autorité assumée, sa voix d’or. En plus de ces leçons de chant personnelles, Whitney Houston fréquentait assidument le chœur de l’église du quartier, et certaines images d’archives montrent qu’elle y occupait très tôt le devant de la scène. Rappelons par ailleurs que Whitney Houston avait pour cousines la légendaire Dionne Warwick et sa sœur Dee Dee, chanteuses de soul dont la première a marqué les années 60 avec ses interprétations de morceaux de Hal David et Burt Bacharach. Bref, dans la famille Houston, chanter est une évidence et Whitney, avec sa voix phénoménale, a suivi le destin qui lui était naturellement tracé. 

 

 

Une idole pour la communauté noire

Si ses parents ont tout fait pour la sortir des quartiers noirs et pauvres du New Jersey et lui apporter une éducation calquée sur celle des blancs de la middle-class, Whitney Houston revendiquera à plusieurs reprises ses racines et sa fierté d’être noire. Certes, elle n’a pas eu l’engagement d’une Nina Simone dans ses chansons, et a été régulièrement critiquée au début de sa carrière pour ses morceaux trop “blancs”, mais Whitney Houston a néanmoins marqué l’histoire de la pop en tant que femme noire. En 1988, elle faisait le déplacement à Wembley, en Angleterre, aux côtés de nombreux autres artistes, pour réclamer la libération de Nelson Mandela et célébrer ses 70 ans. Un concert mythique qui a marqué les années 80 et qui la conduira, en 1994, à devenir l’une des premières grandes artistes à jouer dans l’Afrique du Sud post-apartheid, lors d’une série de trois concerts baptisée Whitney – The Concert for a New South Africa. Autre épisode marquant de sa carrière, son interprétation de l’hymne national américain lors du Superbowl de 1991, restée à jamais gravée dans l’histoire de la pop et dans le cœur des Afro-américains, et qui fera d’elle la deuxième femme noire -après Diana Ross en 1982-, à endosser ce rôle aussi prestigieux que patriotique. Pour parfaire le tableau, on n’oubliera pas son triomphe au cinéma dans Bodyguard en 1992, où elle embrassait Kevin Costner. Un baiser entre une femme noire et un homme blanc qui marquera les esprits, au point, disent certain·e·s, d’avoir influé sur la société de l’époque en favorisant les unions mixtes

 

 

Une mort prématurée à 48 ans 

Comme beaucoup de légendes de la musique, Whitney Houston a connu une fin tragique et prématurée, annoncée par une longue descente aux enfers ponctuée de drogues et d’alcool. Le documentaire de Kevin McDonald s’attarde sur les raisons de cette chute inexorable, entre consommation massive de cocaïne lors de tournées colossales et éreintantes, et un mal-être latent résultant d’une profonde blessure d’enfance. [Alerte Spoiler] La thèse que développe en effet Kevin McDonald dans Whitney, en s’appuyant sur les témoignages de ses proches, fait état d’un viol incestueux de Whitney Houston par sa tante Dee Dee Warwick. Si la mère de Whitney Houston a tenté récemment de démentir cette théorie, McDonald en fait le point de départ d’un traumatisme jamais guéri, qui conduira aussi la chanteuse, en plus de la pression familiale, à tourner le dos à sa bisexualité en se mariant avec Bobby Brown. Si sa relation avec son assistante lesbienne Robyn Crawford -grande absente du film-, était au cœur du documentaire de Nick Broomfield en 2017, elle est ici traitée sous forme de sous-entendus sans jamais être proprement nommée, ce que l’on regrette. Car la rupture entre les deux femmes, intervenue en 1999 lorsque que Robyn Crawford se fait éjecter de l’équipe, marque, selon plusieurs proches de la chanteuse dont Bobby Brown lui-même, le début de la fin pour Whitney Houston, qui ne guérira jamais de son cœur brisé. Et sera retrouvée morte noyée dans sa baignoire à l’hôtel Hilton de Beverly Hills, à l’âge de 48 ans. 

Faustine Kopiejwski 


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