geek

L'entretien connecté de Caroline Ramade

Caroline Ramade: “Il faut que les femmes soient visibles dans l’écosystème des start-ups”

Caroline Ramade, directrice générale adjointe de l’incubateur féminin Paris Pionnières, répond aux questions geek de Cheek.
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine


Travailler chez Paris Pionnières m’a permis de concilier mon féminisme avec l’action de personnes qui veulent changer le monde”, résume Caroline Ramade, 37 ans, directrice générale adjointe de Paris Pionnières. À peine un an après son arrivée dans cet incubateur de start-ups féminines, elle est toujours aussi enthousiaste sur son job. Cette néo-geek passée par la com’ politique, notamment à la Ville de Paris, affirme avoir toujours eu le goût de l’action et de l’engagement. Elle a d’ailleurs été très active au sein du réseau féminin Les Rézoteuses.

Aujourd’hui, elle met son énergie au service des femmes qui souhaitent monter leur boîte et se heurtent à un écosystème majoritairement masculin. “En France, 91% de start-ups sont lancées par des équipes 100% masculines, à Paris, c’est 79%, regrette-t-elle. Chez Paris Pionnières, on accompagne 130 femmes sur l’année, et on est dans un vrai suivi, pas dans une utopie de l’entrepreneuriat. En clair, si le projet n’a pas de modèle économique, on en trouve un.” Si l’association encourage la mixité -50% des incubés sont des hommes qui travaillent avec des femmes- Paris Pionnières veut avant tout lutter contre le “syndrome de la perfection” qui empêche les femmes de se lancer tant qu’elles ne sont pas sûres d’elles à 300%, et d’autres symptômes de l’auto-censure au féminin, comme la plus faible tendance à pitcher et la peur de l’échec.

On a besoin du soutien des entrepreneures françaises successful car elles sont inspirantes pour les générations qui arrivent.”

Le dernier projet de l’incubateur? Wonder Women of Paris, un concours de start-ups lancé le mois dernier sur Vine, dont Cheek Magazine est partenaire, et qui récompensera le 21 décembre chez Google trois start-upeuses dont les pitch vidéo auront été les plus convaincants. “Il faut que les femmes soient visibles dans la tech, poursuit Caroline Ramade. Pas seulement les porteuses de projet, mais aussi les entrepreneures françaises successful. On a besoin de leur soutien car elles sont inspirantes pour les générations qui arrivent. Plus que d’une transformation digitale, il s’agit d’une transformation sociétale.” Car si Paris est considérée comme la capitale européenne des start-ups, elle manque encore cruellement de parité. En attendant les résultats de Wonder Women of Paris, Caroline Ramade répond à notre entretien connecté.

Geek de la première heure ou geek formée sur le tas?

Formée sur le tas. J’ai eu une première vie de journaliste puis je suis partie vivre au Brésil pendant deux ans. À mon retour, j’ai participé au lancement d’une communauté de photographes en ligne et j’ai découvert le digital. Je ne l’ai plus jamais lâché depuis dix ans.

Plutôt Facebook ou Twitter?

À fond Twitter pour la vie pro: ça m’a permis d’entrer en contact avec des gens que je n’aurais jamais imaginé atteindre. Côté perso, plutôt Instagram mais en mode privé.

Ton compte fétiche sur Instagram?

Mon préféré c’est celui de JR. Mais j’en ai un deuxième pour les fringues, c’est Sézane. Sa stratégie digitale est hyper intéressante, elle a révolutionné la manière de vendre des vêtements.

“Je n’arrive pas à me désintoxiquer d’Uber.”

WhatsApp, texto ou BBM?

Je suis très textos mais de plus en plus WhatsApp pour les potes qui sont à l’étranger. C’est extra.

Uber addict ou taxi G7?

Je n’arrive pas à me désintoxiquer d’Uber, même si je suis en désaccord avec plein de choses. Je désapprouve leurs méthodes de cowboys pour communiquer et traiter leurs employés, mais je replonge à chaque fois, c’est la meilleure expérience sur ce marché.

L’appli que tu as téléchargée et que tu n’utilises jamais?

J’ai encore quelques vieilles applis photo comme Morelomo ou QuadCamera, qui ont été supplantées par Instagram.

Caramail, Hotmail ou Gmail?

Au début des Internets, avant 2000, j’ai été sur Caramail. Ensuite, je suis restée longtemps sur Hotmail et surtout sur MSN, que j’utilisais en continu. J’ai toujours ma boîte d’ailleurs, qui me sert de boîte à spams. Et depuis trois ans, je suis sur Gmail en perso et en pro.

Combien d’heures tiens-tu sans smartphone?

Combien de minutes? Combien de secondes? Ça rend mon mec fou, il me dit souvent que ce qu’il voit le plus de moi, ce sont mon crâne et mes cheveux, parce que je suis penchée sur mon téléphone…

“Internet a changé ma façon de voir les choses et de les appréhender.”

As-tu des périodes detox?

J’y suis forcée quand on part à la campagne et qu’on ne capte pas. On a une maison où on n’installe volontairement pas Internet: je capte au bout du jardin quand je vais pendre le linge (Rires).

Ce que le Web a le plus changé dans ta vie?

Tout. Ça a révolutionné mon métier puisque je me suis spécialisée dans la com’ et la stratégie digitales. Ça a aussi changé ma façon de voir les choses et de les appréhender: même si tout doit être complété par une action physique, ça modifie toutes nos façons de faire. En politique, par exemple, ça a permis un contact avec les citoyens qui n’existait pas avant.

Propos recueillis par Myriam Levain


1. Ils ont lancé Yuka, l'appli qui révolutionne la façon de faire vos courses (pour mieux manger)

Avec les deux frères François et Benoît Martin, Julie Chapon, 30 ans, a lancé Yuka, une appli qui permet de scanner les produits alimentaires pour connaître leur composition et savoir s’ils sont bons ou non pour la santé avant de les mettre dans son panier. 
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

2. Menstrutech: 5 bonnes raisons de s’intéresser aux applis dédiées aux règles

De plus en plus d’applications proposent aux femmes de surveiller leur cycle menstruel, d’alerter sur la période d’ovulation ou encore d’identifier le syndrome prémenstruel. Tout comprendre de la “Menstrutech” en cinq points.
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

3. Miyö Van Stenis, artiste vénézuélienne en exil qui veut “hacker le pouvoir”

À 28 ans, Miyö Van Stenis a déjà bien vécu. Originaire du Venezuela, devenue réfugiée politique en France à cause de son art militant et provocateur, elle s’est intéressée au Net Art, à la réalité virtuelle et aux drones avec un but récurrent: hacker le pouvoir.
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

4. Son appli HER permet aux femmes de rencontrer d’autres femmes

Robyn Exton, 32 ans, lance aujourd’hui la version française de HER à Paris, une appli de rencontres pour femmes qui cartonne aux États-Unis.
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

5. Féminiser Wikipédia, le pari féministe de l'association les sans pagEs

Depuis sa création en 2001, Wikipédia est devenu l’un des sites les plus consultés d’Internet. Pourtant, on y trouve seulement 16,5% de biographies de femmes. L’association les sans pagEs s’est donné pour but de féminiser la version française de l’encyclopédie. Reportage dans l’un de ses ateliers.
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

6. Grâce à elle, vous allez enfin comprendre ce qu'est la blockchain

La blockchain, un concept obscur? Pas pour Claire Balva, la start-uppeuse à la pointe de ce nouveau monde à la croisée de la tech, de l’énergie et de la finance. 
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine

7. Intelligence artificielle: les robots sont aussi victimes du sexisme

On a lu pour vous cet article du Huffington Post sur les biais sexistes subis et véhiculés par les intelligences artificielles et on vous le conseille fortement. 
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine - Cheek Magazine
© Jérôme Cuenot pour Cheek Magazine