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L’entretien connecté de Christel Le Coq

“L’érotisme est précurseur dans les nouvelles technologies”

Christel Le Coq, la conceptrice d’ouvrages érotiques connectés à un sextoy, répond aux questions geek de Cheek.
© Olivier Ezratty
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Imaginez. Vous êtes en train de lire un livre érotique sur votre tablette et l’excitation commence à monter. Un passage particulièrement croustillant arrive et soudain… Vous vibrez. Enfin, plus précisément le sextoy, que vous avez pris soin d’insérer là où il faut, se réveille peu à peu pour vous amener au technorgasme. Merci Bluetooth! Et Christel Le Coq, la créatrice de ce concept original, commercialisé sous le nom de B.Sensory. À 41 ans, cette Brestoise n’en est pas à son coup d’essai. En 2012, alors qu’elle est associée dans une autre start-up, elle publie Samedi soir-dimanche matin, une BD coquine truffée de QR Codes. L’ouvrage n’a pas le succès escompté. “On était trop en avance sur l’aspect livre hybride”, analyse-t-elle, lucide.

Si les hommes de la génération Y n’ont aucun problème avec les sextoys, d’autres se sentent encore menacés par le fait qu’une femme puisse prendre son pied toute seule.”

Convaincue que l’érotisme a toujours été précurseur dans les nouvelles technologies -“Regardez le Minitel rose, les VHS, Canal+ et ses pornos…”-, Christel Le Coq persévère et finit, en juin dernier, par lancer B.Sensory, la première application de lecture d’ouvrages érotiques connectée à une gamme de sextoys. Outre le défi technologique, la startupeuse doit faire face à certaines réactions négatives de la gent masculine: “Si les hommes de la génération Y n’ont aucun problème avec les sextoys, d’autres se sentent encore menacés par le fait qu’une femme puisse prendre son pied toute seule.” D’abord surprise par le tabou que représente encore la masturbation féminine, Christel Le Coq en prend acte sans que cela ne change d’un iota sa conviction: l’érotisme connecté n’a pas fini de nous donner du plaisir! Un premier prototype sortira en bêta-test dans les jours qui viennent, avant le lancement d’une campagne de crowdfunding qui débutera symboliquement le 8 mars, journée de la femme. En attendant, Christel Le Coq a répondu à notre entretien connecté.

Geek de la première heure ou geek formée sur le tas?

Formée sur le tas et sur le tard! Après une vie de dircom en école d’ingénieurs, j’ai intégré ma première start-up en 2008, avant de devenir associée d’une deuxième en 2009 et de créer la mienne en 2014 à 41 ans!

iPhone ou Androïd?

iPhone! Complètement Apple addict.

Plutôt Twitter ou Facebook?

Plutôt Facebook mais fan du livetweet. Beaucoup plus d’infos, d’esprit, d’humour, de bons mots sur Twitter mais pas assez de temps pour être vraiment dans le flux.

Le tweet qui t’a le plus marquée?

Obama, “Four more years”. Un président qui tweete et met les mains dans le code, j’aime.

Ton site préféré?

En ce moment Netflix, pour dévorer Orange Is the New Black.

Ton compte fétiche sur Instagram?

Je ne dois pas être une vraie geek…  J’ai un compte Instagram mais je ne l’utilise quasiment que pour regarder celui de ma fille de 15 ans. En revanche, j’utilise Pinterest, toujours pour la partie pro.

Ta référence geek réelle?

Steve Jobs.

Ta référence geek fictionnelle?

Pas facile… Néo, Tony Stark, Spock, Ross Geller? Plus récemment j’ai beaucoup aimé Richard, le héros de la série Silicon Valley et Theodore, le héros de Her.

Combien d’heures tiens-tu sans smartphone?

Juste le temps d’une séance de ciné!

As-tu des périodes detox?

Uniquement des périodes forcées, notamment quand je prends le train! Encore beaucoup trop de zones ne sont pas couvertes sur le Paris-Brest.

Ce que le Web a le plus changé dans ta vie?

Presque tout! Sans le Web, sans les smartphones, sans les réseaux sociaux, je n’aurais sans doute jamais créé d’entreprise ni eu l’opportunité de rencontrer, d’échanger, de travailler avec toutes les personnes qui font maintenant partie de mon quotidien et de l’aventure B.Sensory. Bref, le Web m’a permis de me réaliser au-delà de ce que j’imaginais, c’est une vraie chance. 

Propos recueillis par Pauline Leduc


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