geek

L'entretien connecté de Diane Audrey Ngako

Sur son site, Diane Audrey Ngako veut montrer le visage jeune de l'Afrique

Diane Audrey Ngako, fondatrice de Visiter l’Afrique, répond aux questions geek de Cheek.
© Orphée Noubissi
© Orphée Noubissi

© Orphée Noubissi


Je compte me réinstaller au Cameroun car je trouve plus juste de parler d’Afrique en y étant.” Diane Audrey Ngako le dit cash. Car la jeune femme de 25 ans déteste voir des articles sur l’Afrique écrits par des journalistes, souvent basés en Europe, qui ont des stéréotypes plein la tête. Ce qu’elle veut, c’est montrer un visage jeune, moderne et positif du continent noir. Sur Visiter l’Afrique, la plateforme interactive et collaborative qu’elle a montée il y a deux ans, on trouve des sujets comme Chiller et boire un verre à la cabane du surfeur à Dakar, mais aussi des carnets de voyages, des récits de résidents africains partageant leur quotidien, des albums photos qui donnent tous une furieuse envie d’en  savoir plus sur des destinations aussi diverses que le Zimbabwe, le Cap-Vert ou le Maroc.

Je suis passée d’un pays bruyant et plein de vie à un village très calme où il n’y avait pas de noirs.

Diane Audrey Ngako est une jeune femme pressée. Née au Cameroun, elle rejoint sa mère dans le Loiret en 2003 à l’âge de 12 ans. “Je suis passée d’un pays bruyant et plein de vie à un village très calme où il n’y avait pas de noirs”, déclare-t-elle en riant. Une fois son bac en poche, elle s’envole pour Washington pour une année d’études politiques suivie d’un stage dans une grande institution internationale.

À son retour en France, elle décide de faire de la communication. Parallèlement à ses études, elle écrit pour Roots magazine où elle gravit très vite les échelons jusqu’à devenir rédactrice en chef. L’idée de Visiter l’Afrique lui vient en 2013 après un voyage dans son pays d’origine où elle n’avait pas remis les pieds depuis dix ans. “Je suis passionnée de photos, et je voulais créer un blog sur le tourisme au Cameroun, en même temps qu’un compte Twitter, une page Facebook… Dix jours avant le lancement officiel, j’en ai parlé à des amis qui m’ont conseillé d’élargir mon sujet et de ne pas me limiter à un seul pays.” Le surlendemain, elle achète un nom de domaine et décide d’en faire une plateforme collaborative afin de créer une communauté de voyageurs qui auraient visité des pays qu’elle ne connaît pas.

“Il y a chez les jeunes une volonté de se réapproprier leur histoire, leur culture et leurs valeurs.

La jeune femme est d’abord très surprise de voir qu’elle peut capter l’attention des gens avec son projet, même si elle dit avoir toujours senti chez des jeunes originaires du continent “une volonté de se réapproprier leur histoire, leur culture et leurs valeurs”. Dès le lancement de Visiter l’Afrique, des gens lui écrivent pour participer à cette aventure: c’est ainsi qu’elle s’entoure d’une équipe de six filles qui font fonctionner la plateforme. Grâce à une campagne de crowdfunding, elle récolte les fonds nécessaires pour développer son site. Diane Audrey Ngako souhaite aujourd’hui aller plus loin avec une nouvelle version mise en ligne le 14 mars, dont une en anglais destinée à toucher une communauté encore plus large… Un lancement qui a été accompagné d’une fête à Abidjan, pour partager le succès sur le continent, et précédé d’un voyage à Boston pour aller présenter le site à Harvard. C’est donc un peu jetlaguée que Diane Audrey Ngako a répondu à notre entretien connecté.

Geek de la première heure ou geek formée sur le tas?

J’ai eu mon premier blog à 12 ans, et j’ai continué avec Myspace, Blogspot, un Skyblog… J’ai toujours aimé Internet donc on peut dire que je suis une geek de la première heure. 

Mac ou PC?

J’ai un Mac depuis cinq ans et quand je vois un PC, ça m’énerve, je ne sais plus comment ça fonctionne. En fait, je fais semblant de ne pas savoir, le Mac, c’est devenu un snobisme.

Booking, TripAdvisor ou Airbnb?

J’aimerais bien dire Airbnb mais la vérité, c’est que lorsque je voyage, je fais tout à la dernière minute et que Booking est plus pratique quand on fait sa réservation une fois sur place.

Appli plans ou sens de l’orientation?

J’arrive à me perdre avec ou sans GPS, je me trompe tout le temps et je n’arrive pas à me repérer.

Uber addict ou TaxiG7?

Uber le matin mais le soir je préfère Heetch qui est moins cher.

Ton compte fétiche sur Instagram?

J’abuse si je dis celui de Visiter l’Afrique? Sinon, j’aime aussi le compte de Street Etiquette, pour ses photos que j’adore.

Ce que tu ne pourras jamais faire en ligne?

Raconter ma vie personnelle, me mettre à nu ou nue, même si ça rapporterait beaucoup de likes! Je pense qu’on peut partager ses expériences sans trop en dire.

Ce que tu ne peux plus faire autrement qu’en ligne?

Partager mes photos! C’est ma passion et plus j’en fais, plus je sens que mon œil change et capte de nouvelles choses. J’adore en prendre avec mon iPhone et on me demande souvent si elles ont été faites avec un téléphone ou un appareil. C’est ma petite fierté.

L’appli que tu as installée et que tu n’utilises jamais?

Viber, car même si on me dit que c’est très pratique car on ne paye pas les communications, je ne l’aime pas et je la trouve moche. Je préfère WhatsApp.

Ce que le Web a le plus changé dans ta vie?

La possibilité de partager des choses avec des personnes qui vous ressemblent, d’échanger et rêver ensemble.

Propos recueillis par Stéphanie Semedo


3. Inès Leonarduzzi fait rimer écologie, numérique et féminisme

Inès Leonarduzzi est la fondatrice et présidente de l’ONG Digital for The Planet, qui lutte contre la pollution digitale. Nous l’avons rencontrée pour qu’elle nous explique en quoi le numérique est nocif pour la planète, pourquoi les femmes sont les premières impactées par le dérèglement climatique et quelles solutions sont envisageables.    
© Orphée Noubissi - Cheek Magazine
© Orphée Noubissi

5. La codeuse Aurélie Jean veut attirer les femmes vers l'intelligence artificielle

Aurélie Jean, scientifique numéricienne de renom persuadée que le code et l’intelligence artificielle sont de formidables leviers d’émancipation, milite depuis des années pour diversifier le monde de la tech. On l’a rencontrée lors de l’inauguration de l’école d’Intelligence Artificielle de Microsoft, dont elle est marraine de la première promotion.  
© Orphée Noubissi - Cheek Magazine
© Orphée Noubissi