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L'entretien connecté de Samar Youssef, alias Une Libanaise à Paris

“Je trouve que Facebook a mal vieilli”

La blogueuse Samar Youssef, plus connue sous le nom d’Une Libanaise à Paris, répond aux questions geek de Cheek. 
© Sophie Kosremelli
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L’acronyme, ULAP, est plus connu que son nom. Et pour cause, ce sont les initiales du blog de Samar Youssef, Une Libanaise à Paris. Après un passage par TV5 Monde et France 24 où elle s’occupait de l’actu internationale, cette ancienne journaliste télé l’avoue: “J’ai créé mon blog une nuit, il était tard, je rentrais du travail un peu pompette et j’ai choisi mon nom comme ça.” Ce qui va radicalement changer sa vie professionnelle est donc le résultat d’une ivresse nocturne. Lancé il y a cinq ans, son blog bénéficie aujourd’hui d’une certaine notoriété. Traduit en anglais, il est également très suivi aux États-Unis et au Moyen-Orient. Pourtant, au départ, l’ambition n’était pas là: “Quand je l’ai ouvert, je voulais simplement exercer ma plume et me changer les idées.” 

Au début, je me demandais, qui étaient ces gens qui me lisaient et s’intéressaient à mes mots.”

Samar Youssef y parle alors de mode. “Au début, c’était très confidentiel, je ne mettais pas mon image en avant et si j’avais dix lecteurs, j’étais touchée et je me demandais qui étaient ces gens qui me lisaient et s’intéressaient à mes mots. J’avais envie de les retrouver et de les serrer dans mes bras!” Depuis, Samar Youssef donne un peu plus d’elle, et avec plus de 37 000 followers sur Instagram, de plus en plus de marques collaborent avec elle.

Fraîche et cash, la plus parisienne des Libanaises, dont le bureau ressemble à un boudoir, répète qu’elle ne pourrait pas vivre ailleurs qu’à Paris: “Aujourd’hui, ma vie est là, j’aime les valeurs de la République française, la liberté. Je suis profondément parisienne.” Samar Youssef garde des attaches familiales au Liban et rédige quelques articles sur la mode pour différents quotidiens là-bas. Elle les écrit toujours en français avant d’être traduite car “les mots me viennent comme ça”. Nous l’avons soumise à notre entretien connecté.

Plutôt Twitter ou Facebook?

Ni l’un ni l’autre, mais je préfère quand même Twitter pour son côté instantané et synthétique. Malheureusement, je n’ai pas trop le temps de tweeter, je le fais surtout quand je suis devant la télé! Facebook, je n’aime plus. Avant, c’était un super moyen de communication. J’ai toujours une page qui marche bien mais je trouve que le réseau a mal vieilli. Les gens postent leurs photos mais il n’y a pas le côté immédiat d’Instagram. Aujourd’hui, quand je vais sur Facebook, je m’attends à plus, j’ai envie qu’on me fasse entrer dans un univers. 

Ton site préféré?

Slate, le meilleur site du monde entier. C’est le site d’infos où tu prends le temps.

Ta référence geek réelle?

Léo Rafalimanana, qui bosse avec moi. Il est arrivé et a révolutionné mon quotidien: il comprend tout, sait tout, j’en apprends tous les jours avec lui!

Ta référence geek fictionnelle?

Je dirais Abigail Sciuto, la nana avec les cheveux noirs dans la série NCIS, je la trouve géniale. Ou bien Penelope Garcia, la blonde geek dans Esprits criminels. Je les aime toutes les deux. 

Ton appli la plus débile?

WeatherPro, c’est une appli météo faite pour les photographes ou les marins. Je l’ai téléchargée, je l’ai payée et je la consulte tous les jours, mais comme je ne suis pas une pro, elle ne m’apporte rien!

Combien d’heures tiens-tu sans smartphone?

Aucune, impossible!

As-tu des périodes detox?

Non, et je ne comprends pas le principe d’ailleurs. J’aimerais bien pouvoir dire que, lorsque je vais à la campagne, je déconnecte mais en vrai, à chaque fois que j’y suis, je me demande surtout comment les gens font pour checker leurs mails ou leur Insta! Idem à l’étranger, c’est mon outil de travail donc c’est impossible.

Ce que tu ne pourras jamais faire en ligne?

Parler de ma vie privée, c’est trop précieux. Par exemple, je trouve très dangereux d’exposer ses enfants. On peut tout faire avec des photos, qu’on détourne l’une des miennes, je m’en moque, c’est mon image, je suis adulte et je sais me défendre mais les enfants, c’est différent. 

Ton compte fétiche sur Instagram?

Celui d’une graphiste tunisienne qui s’appelle Amoniak. Je trouve son compte extraordinaire: les couleurs et les histoires sont très belles. Ça la touche quand je poste des commentaires, je lui dis: “Tu m’inspires énormément, je suis jalouse, je rêverais que mon compte soit comme le tien.” Mais nos comptes nous ressemblent, on ne peut pas tricher. 

Ce que le Web a le plus changé dans ta vie?

Mon travail. Je suis journaliste depuis dix ans, et quand j’ai créé le blog, je voulais me changer les idées. Puis, ça a commencé à marcher, j’ai quitté la télé, c’était en 2010. En fait, ça n’a pas seulement modifié mon boulot, ça a transformé ma vie tout court.

Propos recueillis par Laura Soret 


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