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L'entretien connecté de Fatou N'Diaye

“Toute blogueuse qui se respecte est fan d’Instagram”

Fatou N’Diaye, la blogueuse beauté de Black Beauty Bag, répond aux questions geek de Cheek. 
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Sur Instagram, elle a 20 000 followers, et ses lectrices vivent aussi bien en France qu’au Mali ou en Afrique du Sud. Fatou N’Diaye alias Black Beauty Bag, a fait de la beauté noire son sujet de prédilection et décrypte tous les jours sur son blog les tendances venues des États-Unis ou d’Afrique dans ce domaine en pleine évolution. “J’ai ouvert Black Beauty Bag en 2007, après avoir passé beaucoup de temps sur les forums beauté, se souvient la jeune femme de 37 ans. En sept ans, je vois à quel point le monde du blogging a évolué, on est passé d’un hobby à une vraie profession.” Fatou N’Diaye a d’ailleurs suivi le mouvement, puisqu’elle était assistante de direction chez Publicis quand elle s’est lancée et qu’elle a fini par démissionner pour se consacrer exclusivement à son activité de blogueuse. “J’ai débuté en même temps que Garance Doré ou Betty, et je crois qu’aucune de nous n’avait imaginé en vivre un jour, tout a bougé très vite. À l’époque, le milieu était beaucoup plus confidentiel, et je me retrouvais régulièrement dans le top 3 de Skyblog, c’est comme ça que je me suis fait connaître.”

“Je fais partie d’une génération de femmes qui ne voyaient pas une noire dans un magazine.”

Autre transformation majeure: l’apparition du marché de la beauté noire, quasiment inexistant il y a dix ans, et désormais en croissance constante. “Je fais partie d’une génération de femmes qui ne voyaient pas une noire dans un magazine, ce qui nous condamnait à être des consommatrices de l’ombre, glisse-t-elle. Quand, à partir de 2004, j’ai commencé à intervenir régulièrement sur des forums pour donner des petits conseils, j’ai senti qu’il y avait une attente de la part de femmes qui se sentaient délaissées. Ensuite, quand j’ai commencé à voyager aux États-Unis, j’ai été frappée par la différence entre leurs rayons beauté et les nôtres, où les produits existaient mais étaient mal marketés.” Une décennie plus tard, la blogueuse se réjouit de voir que L’Oréal a enfin des égéries noires et qu’une Lupita Nyong’o a été choisie comme ambassadrice par Lancôme. “Beaucoup ne voient pas le changement, mais moi, je le trouve palpable. Le seul problème, c’est qu’en France, contrairement aux pays anglo-saxons, on range dans la beauté dite ethnique tout ce qui n’est pas mainstream, et je trouve ça un peu réducteur.”

Si aujourd’hui, les blogs dédiés à la beauté noire se comptent par dizaines, Fatou N’diaye a conscience d’avoir été une pionnière, et continue de réfléchir à la suite. Qui pourrait s’écrire également en Afrique, le continent dont sont originaires ses parents -nés respectivement au Mali et au Nigeria- et qu’elle regarde particulièrement en ce moment. “C’est le futur”, résume-t-elle. En attendant de partir explorer de nouvelles recettes beauté, l’auteure de Black Beauty Bag a répondu à notre entretien connecté.

Geek de la première heure ou geek formée sur le tas?

De la première heure, car j’ai grandi avec un frère passionné d’informatique. On a eu des Atari à la maison, on a connu le monde des disquettes, et on recevait même des magazines spécialisés. Aujourd’hui, il est ingénieur en informatique, et moi blogueuse: on est les geeks de la famille!

iPhone ou Android?

Android. Je suis plutôt Mac pour les ordis: à la maison, j’ai un Macbook Air et un iPad, je trouve Apple imbattable en termes d’ergonomie et de protection contre les virus, et particulièrement adapté quand on tient un blog où il y a beaucoup de photos. Mais pour le téléphone, en vraie geek que je suis, je préfère Android, qui est moins design, mais plus performant et plus ouvert.

Ton site préféré?

Il y a d’abord Into the Gloss, un grand blog beauté américain que je consulte tous les jours. Et aussi Afrosomething, monté par une amie que j’ai connue sur les forums en 2004: j’adore ce site, j’y vais tout le temps. 

Ton appli culte?

Instagram. Depuis que ça existe, je suis accro, je n’ai pas honte de le dire. (Rires.) Toute blogueuse qui se respecte est fan d’Instagram. J’aime découvrir la fibre artistique des gens que je connais, la photo en dit beaucoup plus sur eux que l’écrit. J’aime aussi l’idée qu’on partage une photo prise sur le vif, que c’est très instantané. Moi qui adore Paris, je découvre la ville autrement grâce à Instagram et je trouve ça génial.

Ton compte fétiche sur Instagram?

Fashion Bomb Daily, l’un des blogs les plus influents aux États-Unis.

“ J’ai appris à prendre de la distance avec les personnes malveillantes, j’ai compris qu’il ne fallait pas réagir à leurs propos.”

Combien d’heures tiens-tu sans smartphone?

On va dire trois heures maximum. Pour mon boulot, je suis toujours en train de lire mes mails, de poster sur Instagram. J’ai arrêté de répondre à tous les commentaires car je ne m’en sortais pas. Surtout, j’ai appris à prendre de la distance avec les personnes malveillantes, j’ai compris qu’il ne fallait pas réagir à leurs propos.

As-tu des périodes detox?

Oui, quand je suis avec mon fils ou bien quand je vais voir mes parents, car ils détestent. Dès que j’arrive chez eux, ils me disent d’éteindre mon téléphone. (Rires.)

Caramail, Hotmail ou Gmail?

Je n’ai jamais eu d’adresse Caramail, j’ai commencé sur Hotmail, car je passais des soirées entières sur MSN. Aujourd’hui j’utilise Gmail pour le boulot, mais j’ai toujours mon adresse Hotmail. Je ne m’en sers plus, mais j’y suis retournée récemment par curiosité, j’ai vu qu’ils avaient changé d’interface.

Ce que tu ne pourras jamais faire en ligne?

Mettre des photos de moi nue. (Rires.) Et être méchante gratuitement. Les personnes frustrées ont trouvé sur Internet un espace de liberté pour déverser leur haine. C’est un outil fabuleux, mais les gens l’utilisent mal parfois.

Ce que tu ne peux plus faire autrement qu’en ligne?

Organiser un voyage, je prends tous mes billets en ligne.

Ton plus gros craquage shopping geek?

Mon Mac. J’en avais envie depuis longtemps, mais comme souvent, quand tout le monde me parle d’un truc, j’attends que l’effet de mode se dissipe. J’étais pro PC et je ne voulais pas céder à la tentation… Et un jour, sur un coup de tête, j’ai mis 1700 euros dans mon ordi!

Ce que le Web a le plus changé dans ta vie?

Ma perspective professionnelle. Ça m’a permis d’évoluer dans un milieu auquel je n’aspirais pas. Internet m’a fait comprendre qu’on n’avait pas besoin de faire partie d’une élite pour partager des choses.

Propos recueillis par Myriam Levain


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