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A start-up is born / HER

Son appli HER permet aux femmes de rencontrer d’autres femmes

Robyn Exton, 32 ans, lance aujourd’hui la version française de HER à Paris, une appli de rencontres pour femmes qui cartonne aux États-Unis.
© Helena Price
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Déçue de ne jamais trouver d’appli de dating pensée par et pour les femmes, la Canadienne Robyn Exton a décidé un beau jour de 2012 de se jeter à l’eau et de créer la sienne. Alors employée dans une agence marketing à Londres, elle a comme client un site de rencontres et comprend qu’aucune de ces plateformes n’est adaptée aux femmes. Les produits sont conçus par des hommes et les levées de fonds se font entre hommes, il lui semble indispensable d’occuper l’espace laissé vacant pour les femmes de la communauté LGBTQI. Elle commence à plancher sur un projet d’app féminine en parallèle de son boulot, jusqu’au jour où elle pose sa démission. “L’appli était prête à être lancée, j’avais économisé et de quoi tenir six mois, je suis plutôt averse au risque”, plaisante-t-elle. On est alors en 2012, et l’année suivante, l’ancêtre de HER, Dattch voit le jour, inspirée par la référence en matière de rencontres homos: Grindr. “C’était trop similaire, ça n’a pas fonctionné auprès des femmes”, sourit-elle.

“Sur HER, les femmes sont autant à la recherche d’amies que de compagnes ou de dates occasionnelles.”

La jeune entrepreneure réalise à ce moment que les codes de la rencontre entre deux femmes sont très différents de celle entre deux hommes et revoit sa copie. “On a calculé que sur Grindr, il s’écoule 2, 6 heures entre le premier contact et la rencontre, chez nous il se passe 7 jours!” En 2015, HER est lancée à San Francisco, une ville chargée de symboles pour la communauté LGBTQI mais aussi centre névralgique de la planète tech. Depuis, elle comptabilise 3 millions d’utilisatrices, et déjà près de 100 000 dans sa version française lancée aujourd’hui mais en test depuis plusieurs mois. Pour fêter ce lancement européen, l’équipe de HER organise une journée-événement au Rosa Bonheur à Paris, qui se clôturera par une fête ce soir, en prélude au week-end de gay pride en France. Entre deux avions et deux fêtes -l’équipe revient de la pride new yorkaise-Robyn Exton nous a raconté la genèse de HER. Interview express.

C’est quoi HER?

Pour l’instant, c’est surtout une appli de rencontres pour femmes, mais à terme, on veut développer des communautés IRL dans chaque ville qui leur permettent de faire des choses ensemble. Sur HER, les femmes sont autant à la recherche d’amies que de compagnes ou de dates occasionnelles, ce qui différencie le parcours de navigation d’une appli gay pour hommes, où l’objectif est plus clair dès le départ. On propose aussi 18 sexualités différentes, de lesbienne à fluide en passant par bi, trans ou pansexuelle. Je crois qu’on s’éloigne de plus en plus d’une vision de la sexualité dans laquelle on doit cocher une seule case.

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Le jour où tu t’es lancée?

Quand je me suis lancée, j’avais à la fois une grande confiance dans les objectifs financiers de mon business plan à un an et la sensation que je n’avais aucune idée de ce qui allait se passer. À chaque fois que je pitchais le projet devant des investisseurs, on me disait qu’il n’y avait pas assez de lesbiennes pour que ça fonctionne, et pourtant au fond de moi, j’y ai toujours cru. Je suis convaincue qu’il ne peut pas y avoir moins de femmes que d’hommes homos. Seulement, elles ont beaucoup moins de visibilité et de lieux qui leur sont consacrés -même si les choses changent rapidement-, c’est pour ça que je voulais que la communauté HER existe. On porte une voix qui est restée trop longtemps dans l’ombre. 

Le conseil que tu donnerais à quelqu’un qui veut monter sa boîte?

Toujours avoir un plan B et ne pas trop penser aux obstacles. Il y a plein de choses que je n’avais pas anticipées au début, et ça a sûrement joué en ma faveur. Surtout, il ne faut jamais, jamais abandonner, je crois que la résilience est la qualité principale à avoir pour monter sa boîte.

Tu te vois où dans trois ans?

En Inde. Après l’Europe, on veut se lancer en Amérique latine puis en Asie, qui est le marché le plus difficile. L’Inde sera un vrai challenge car les inégalités et les discriminations de genre y sont particulièrement puissantes.

Propos recueillis par Myriam Levain


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