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L'entretien connecté de Mai Hua

Mai Hua, la blogueuse beauté qui ne fait pas de tuto

La blogueuse Mai Hua, qui termine un docu sur l’histoire de sa famille vietnamienne, répond aux questions geek de Cheek.
© Julie Berranger
© Julie Berranger

© Julie Berranger


Quand, en 2011, Mai Hua lance son blog Super by Timai -qui deviendra tout simplement Mai cinq ans plus tard-, elle pense lancer un magazine beauté online. Mais très vite, les catégories évoluent, car ses centres d’intérêt ont changé. Mai Hua ne se contente plus de filmer les beauty tips des uns et des autres, elle s’intéresse à la beauté au sens large. “Dans ce rapport intime se sont développées plein de choses que je n’avais pas prévues. Les gens ont commencé à me montrer comment ils cuisinaient, jouaient, dansaient ou travaillaient. C’est devenu une galerie de portraits sur la beauté que les gens créent, raconte-t-elle. En parallèle, j’ai eu des interrogations plus personnelles, sur ce qu’est être une femme, une mère, avoir des mômes.”

Des réflexions qui touchent de nombreuses lectrices et lecteurs fidèles, comme Somatine, qui écrit en commentaire: “Je viens très régulièrement sur ton site, pour moi c’est comme un rendez-vous particulier, une pause, un moment de bonheur rien que pour moi […] Ton blog est comme une petite boîte à trésors pleine de bienveillance et de joie de vivre communicative.” Un retour particulièrement émouvant auquel la blogueuse ne s’attendait pas: “Mon blog m’a permis de savoir que je pouvais parler de choses très personnelles en développant des émotions plus universelles.”

Cette sensibilité et cette faculté à diffuser ses propres émotions, Mai Hua les a traduites dans d’autres activités. En effet, “il n’y a pas d’argent sur le blog, je ne fais pas d’articles sponsorisés, ni même de partenariat”, confie-t-elle en toute transparence. Mai Hua a toujours gagné sa vie autrement, en bonne slasheuse qu’elle est.

J’adore avoir une vie très plurielle.

Diplômée d’une grande école de commerce, elle a commencé sa carrière au sein du groupe l’Oréal, chez Lancôme, et a fini par travailler aux côtés du directeur artistique Fred Farrugia, avant de quitter définitivement la sphère de l’entreprise. Devenue color designer, elle écrit désormais sur son blog, tout en passant régulièrement derrière la caméra pour de grandes marques, elle donne des cours à l’Institut français de la mode, et sera bientôt réalisatrice d’un documentaire sur sa famille. “J’adore avoir une vie très plurielle. Je n’ai eu que des clients qui m’ont proposé de faire des choses que je ne savais pas faire. Il m’est arrivé de me retrouver à New York pour un brainstorming, où les gens me demandaient mon avis pour un lancement, j’avais envie de me retourner et dire ‘à qui tu parles?’ Ah, c’est à moi, très bien, alors je vais donner mes idées! On m’a ouvert des portes que je n’ai pas fermées”, explique-t-elle sans prétention.

Aujourd’hui, le blog propose toute une galerie de portraits filmés: des créateurs, des cuisiniers, des danseurs… Mais accueille toujours ses voyages, ses couleurs, ses pensées. À l’aube de ses 39 ans, Mai Hua est en train d’achever le plus personnel de ses projets: elle tourne depuis trois ans Les Rivières, un film sur l’histoire de sa famille, qu’elle termine grâce à une campagne de crowdfunding. Elle avait besoin de récolter 15 000 euros pour finir le film, la cagnotte a grimpé jusqu’à 26 000 euros! De quoi réaliser les portraits croisés de sa grand-mère Marthe, miraculée de la vie, de sa mère Hong-Loan, médecin particulier, d’elle-même et de sa fille Tâm.Il y a quelques années, on m’a raconté que j’étais issue d’une lignée de femmes très malheureuses, conte Mai dans le teaser du film. Moi j’ai une fille qui s’appelle Tâm: ça veut dire le cœur (Ndlr: en vietnamien). J’aimerais lui transmettre autre chose que cette histoire.” En attendant de pouvoir nous montrer ce film tant attendu, elle a répondu à notre entretien connecté.

Geek de la première heure ou geek formée sur le tas?

Formée sur le tas. Je ne suis pas vraiment geek en fait. Je suis comme n’importe qui utilisant Instagram tout le temps.

Mac ou PC?

Mac!

iPhone ou Android?

iPhone, par habitude. C’est comme ta banque, une fois que tu as choisis, après tu ne bouges plus.

Le compte Instagram et les voyages de la blogueuse Mai Hua à l'île Maurice

Instagram/Mai_Hua

Twitter ou Facebook?

Facebook. J’ai un compte Twitter mais je n’ai pas encore bien compris l’appli. Je regarde mon fil, j’adore aller d’un article à un autre, voir des gifs différents, suivre des fils politiques… Par contre, je pense qu’il faut bien choisir les personnes qu’on followe, sinon on peut vite devenir en colère sur Twitter!

Ce que tu ne pourras jamais faire en ligne?

L’amour.

Ce que tu ne peux plus faire autrement qu’en ligne?

Écrire. Ok, pour faire une to do list, je prends un papier et un stylo et je vais rayer mes lignes. Mais par contre, je ne peux plus écrire un post sur un cahier. Mon mode de pensée n’est plus linéaire, je n’écris plus un mot après l’autre; j’en écris plein, je repositionne, j’efface…

Ton compte fétiche sur Instagram?

J’adore le compte d’Arnold Daniel, un photographe. C’est très foutraque, avec une manière à la Martin Parr de photographier ses personnages de manière étrange, comique et en même temps, assez tendre. Ça a l’air d’être un bordel, alors qu’à chaque fois, je reconnais à coup sûr ses photos dans mon fil. Sur Instagram, si je n’arrive pas à attribuer un contenu à quelqu’un, ce n’est pas un bon fil. D’ailleurs, je pense que mon fil n’est pas très bon (Rires.)

Appli plans ou sens de l’orientation?

J’ai un bon sens de l’orientation.

Uber addict ou Taxi G7?

Uber, c’est tellement pratique. C’est un bonbon, cette appli: c’est moins cher et les chauffeurs sont adorables.

Ce que le Web a le plus changé dans ta vie?

Tout! Enfin non, ce n’est pas comme avoir des enfants ou se marier, mais ça a quand même changé ma vie de lancer ce blog. Quand j’étais à l’Essec, c’était le début d’Internet, je pensais que ça n’allait pas marcher. On était hyper réac’, on disait que c’était n’importe quoi, qu’on allait passer notre vie derrière nos écrans, etc. Je me souviens que notre prof d’urbanisme nous avait dit: “Si ça se trouve, vous allez avoir des émotions derrière vos écrans, vous allez interagir.” Et elle avait raison. On est souvent en train de dire que c’était mieux avant, mais là c’est trop génial!

Propos recueillis par Julie Hamaïde


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