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5 créateurs incontournables pour fans de wax

Ils sont jeunes, parisiens et ont créé leur marque de vêtements. Leur point commun: ils utilisent tous du wax. Notre sélection non exhaustive de ces créateurs à découvrir d’urgence.
Ladyhood, DR
Ladyhood, DR

Ladyhood, DR


Cela fait plusieurs saisons qu’il a débarqué dans les rues et dans nos placards, et on ne s’en lasse pas. Le wax est à la fois une technique d’impression, consistant à imprimer les deux côtés d’un tissu grâce à de la cire (“wax” en anglais), mais également le résultat obtenu via cette technique, à savoir un tissu en coton, imprimé de motifs et aux couleurs vives. Créé par les Hollandais qui se sont inspirés du batik javanais d’Indonésie, porté depuis le XIXème siècle en Afrique, au point d’être considéré comme un tissu africain, le wax est à la croisée des cultures et des peuples.

En l’espace de trois ans, le wax est devenu un tissu tendance mais également un produit mondialisé. En effet, il s’impose aussi bien sur les podiums des grandes maisons de couture telles que Viktor & Rolf, Agnès B. ou Burberry, que sur les étagères des multinationales de la “fast fashion” tels que Zara, Asos ou Eleven Paris. Face à ces mastodontes, les petits créateurs ne sont pourtant pas en reste. Bien au contraire, ils se démarquent par leur créativité et leur choix de travailler sur des petites séries. Voici notre top 5 des designers à ne pas quitter des yeux.

 

By Natacha Baco

Natacha Baco styliste wax Paris

© Diane-Audrey Ngako

La styliste: Après avoir exercé plusieurs années le métier de commerciale, Natacha Baco, 40 ans, vit son rêve de petite fille en s’étant reconvertie dans la mode. Elle a commencé en 2008 avec la marque Les Initiées, avant d’embrayer en 2013 sur By Natacha Baco. Le wax fait partie des tissus qu’elle affectionne depuis toujours, c’est donc tout naturellement qu’elle l’utilise et l’associe parfois à d’autres matières.

Pourquoi on aime: Pour ses coupes ultra-féminines, aux lignes nettes et aux épaules hautes.

Le petit plus: Toutes les créations sont réalisées sur mesure. “Je travaille sur des coupes très près du corps et le wax n’est pas une matière extensible. Faire du sur-mesure m’a semblé la meilleure solution pour m’adapter aux corps de chacune. En plus, cela me permet de connaître mes clientes, de créer un véritable échange et un lien plus fort avec elles”, reconnaît Natacha Baco.

Où shopper: La créatrice reçoit sur rendez-vous à l’espace Nayenka au 9, rue de Turbigo, 75001 Paris. Il est également possible de passer commande directement sur son site. Prix entre 80 et 250 euros.

 

Ladyhood

Wax Ladyhood créatrices paris

DR

Les stylistes: Ladyhood, c’est avant tout une affaire de famille entre les sœurs Laura et Sylvia Taty (respectivement 26 et 27 ans) et Clarisse Taty, leur maman. Tout démarre en 2012, lorsque Laura Taty lance son blog nommé Ladyhood pour partager les créations qu’elle réalise à la main avec sa mère et sa sœur. À cette époque, elle est encore étudiante en chimie, sa soeur est responsable d’un restaurant et sa mère est à la retraite. Tout de suite, les pièces rencontrent un succès phénoménal sur Internet, ce qui pousse la fratrie à lancer sa propre marque en 2013.

Le choix du wax a été une évidence pour elles. “Avec ma sœur, nous avons toujours été entourées de wax et ceci depuis l’enfance. C’est un tissu qu’on adore, on a vu notre mère le porter quand nous étions petites et on a voulu le porter à notre tour aujourd’hui, mais avec notre propre vision de la mode”, explique Laura Taty. Ladyhood, ce n’est pas la fille du hood ou du quartier, comme pourrait le faire croire une traduction littérale. En fait, cela correspond à un moment dans la vie d’une femme où elle prend conscience de qui elle est dans sa féminité, de ses choix, de ses goûts et s’assume entièrement.”

Pourquoi on aime: Pour son vestiaire vintage, avec des pièces phares comme le cropped-top, le bustier ou encore la jupe plissée large.

Le petit plus: Ladyhood ne fonctionne pas sur un système de collections mais propose des nouveautés tous les mois en édition limitée.

Où shopper: Directement sur l’e-shop de la marque où lors des vide-dressing Violette Sauvage. Prix entre 30 et 80 euros.

 

Nash Prints It

Wax Nash Prints It créatrices paris

© Jérôme Jack

Les stylistes: Nash Prints It est la marque de vêtement créée par Nafi (la mère) et Shade (la fille) Affogbolo, en 2013. Plus connue sous le nom de La petite Shade, suite à son apparition très remarquée dans The Voice  en 2014, Shade Affogbolo se destinait pourtant à une tout autre carrière. Mais malgré une école d’art et l’obtention d’un master de journalisme, l’envie de créer un projet commun avec sa mère, styliste à l’origine, a été plus forte.

Lorsque ma mère m’a dit oui, on a tout lancé en très peu de temps, sans même faire de business plan. Je souhaitais un projet avec du sens, une démarche responsable et équitable en produisant nos pièces au Bénin”, raconte-t-elle. Le choix du wax s’est tout de suite imposé. “C’est d’abord un tissu de mon enfance. Ma mère est Sénégalo-danoise et mon père Béninois, j’ai donc eu la chance très tôt d’aller souvent au Bénin ou au Sénégal et mes grands-mères m’offraient systématiquement du wax. Et puis après tout, ce qui est à la mode en Europe se retrouve en Afrique et pourquoi pour une fois ce ne serait pas l’inverse?”, dit-elle en riant.

Pourquoi on aime: Pour son vestiaire éclectique, aux coupes amples et parfois androgynes.

Le petit plus: La série de kimonos-peignoirs en wax et en édition limitée.

Où shopper? Nash Prints It est disponible à La Botica, et sur les e-shops Nash Prints It et Moonlook. Prix entre 60 et 120 euros.

 

Bazara’pagne

Wax bazara'pagne styliste paris

© Cocoa Production

La styliste: Lodia Kpodzro est la fondatrice de la marque Bazara’pagne, créée en 2011, alors qu’elle n’était encore qu’une étudiante. Au départ, l’idée lui vient de se faire un snood (Ndlr: grande écharpe fermée en cercle) en wax. “Utiliser du wax dans mes créations a été un choix logique et naturel. D’abord, parce que je suis passionnée par ce tissu que j’avais envie de faire découvrir aux autres. Ensuite, parce que je suis la petite-fille de Nana Benz (Ndlr: la première femme entrepreneure à avoir commercialisé le wax dans toute l’Afrique de l’Ouest) et qu’une bonne partie de ma famille travaille toujours dans la commercialisation du wax au Togo”, explique-t-elle.

Ce sont d’abord ses proches qui tombent sous le charme de ses snoods et lui en commandent. Puis, le bouche-à-oreille fonctionne bien et enfin la puissance des réseaux sociaux la mène au succès, auquel elle ne s’attendait pas. Aujourd’hui, la jeune femme dessine ses collections à Paris, puis rentre au Togo pour choisir ses tissus et y produire ses vêtements, dans l’atelier qu’elle a monté avec des artisans locaux.

Pourquoi on aime: Pour son esprit vintage, ses longues robes et ses sexy trenchs.

Le petit plus: Une série de pop-up stores est prévue à partir du mois de mai 2015 à Paris.

Où shopper? Bazara’pagne est disponible sur rendez-vous à son showroom et sur www.afrikrea.com. Prix entre 30 et 80 euros.

 

Maison Château Rouge

Wax Maison Chateau Rouge Paris

DR

Le Label: Maison Château Rouge est un label créé par les frères Youssouf (25 ans) et Mamadou (27 ans) Fofana en 2015. Ce label s’inscrit dans un projet social plus large appelé “Les oiseaux migrateurs”, lancé en septembre 2014 et visant à participer de manière collaborative au développement de TPE et PME africaines. C’est dans ce contexte que les frères ont l’idée de créer Maison Château Rouge, un label qui ambitionne de rendre hommage et revaloriser l’image du quartier africain le plus célèbre de Paris: Château Rouge.

L’idée était de faire passer un message fort, en créant un symbole du mélange des cultures et donc du vivre ensemble. En Afrique, les femmes le savent très bien, le meilleur outil pour faire passer un message, c’est le pagne”, expliquent les deux frères. Tous les tissus wax sont achetés chez des commerçants de Château Rouge et la confection est réalisée à Paris. “Avant que le wax ne se retrouve sur les podiums de haute couture ou encore chez Zara, il ne faut pas oublier que les premiers commerçants de wax à Paris se trouvent à Château Rouge!”, insistent-ils.

Pourquoi on aime: Pour le concept et pour son esprit urbain et street.

Le petit plus: Le soin particulier accordé à l’emballage du produit. Chaque top est enveloppé dans un tissu de soie, le tout rassemblé dans une pochette en toile de jute estampillée “Maison Château Rouge”.

Où shopper? Les vêtements sont disponibles en ligne depuis le 27 avril sur www.maison-chateaurouge.com 

Chayet Chiénin

Cet article a été réalisé par une participante à la Street School, formation gratuite au journalisme par StreetPress.

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