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La réalisatrice Erika Lust lance Power Pussy, sa ligne de vêtements féministe

La réalisatrice suédoise de films pornos féministes Erika Lust lance sa première ligne de vêtements, Power Pussy. Interview express. 
© Erika Lust
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Des T-shirts, des totebags, des casquettes et des culottes. Dessus, des slogans comme “Pleasure is the purpose”, “Eat pussy, it’s organic” ou encore “It’s not gonna lick itself”. C’est drôle, impertinent et c’est Power Pussy, la première ligne de vêtements lancée par la réalisatrice suédoise engagée Erika Lust, pionnière du porno féministe, à l’occasion du 100ème court-métrage de sa série de films XConfessions. Son objectif? En finir avec la stigmatisation du mot “pussy” et lui redonner toutes ses lettres de puissance féminine. Nous lui avons posé quelques questions. 

 

Pourquoi lancer une ligne de vêtements aujourd’hui?

J’ai sorti le 100ème court-métrage de mon projet XConfessions en septembre dernier et mon équipe et moi voulions faire quelque chose pour fêter cette étape. Nous avons souhaité montrer que nous défendions des valeurs féministes et sex-positives. Donc nous avons cherché des slogans décomplexés, cash et puissants pour créer le débat. Et chaque personne qui achètera une pièce de la collection aura l’accès illimité aux films XConfessions pendant un mois! 

 

À qui s’adresse-t-elle? 

Notre objectif est de toucher les gens qui croient en l’importance de ce que nous faisons et ce dont nous parlons, les personnes qui assument leur sexualité et qui n’en ont pas honte. Le porno est souvent vécu comme un truc qu’il faut garder secret. Personne n’avoue en consommer mais je sais que celles et ceux qui regardent mes films le disent fièrement.   

La réalisatrice Erika Lust lance Power Pussy, sa ligne de vêtements féministe

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Pourquoi ce nom? 

J’ai su que je voulais l’appeler Power Pussy depuis le début. J’ai tourné un film qui portait ce nom-là il y a quelques années. J’ai toujours été consciente de la connotation vulgaire et négative du mot “pussy”. Ça m’a toujours beaucoup énervée. La société utilise ce terme pour se moquer de l’anatomie féminine et la rendre honteuse, mais aussi pour désigner les hommes  (Ndlr: en anglais) considérés comme faibles ou féminins. Le mot “pussy” a toujours été associé à la lâcheté et à la faiblesse. Je suis une femme, j’ai une chatte qui a donné naissance à deux enfants, je ne considère donc pas que c’est une faiblesse d’en avoir une. Je dis souvent ce mot en public avec fierté, ça ne me dérange pas. Je veux le réhabiliter. Depuis la Women’s March du 21 janvier 2017, il est clair que nous assistons à une “révolution de la chatte”. 

La réalisatrice Erika Lust lance Power Pussy, sa ligne de vêtements féministe

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Le slogan qui résumerait la marque? 

“Dans la rue, faire entendre sa voix. Sous ses draps, regarder les meilleurs pornos.” (“Make a statement on the street. Watch the most exquisite sex on screen in the sheets.”)

Propos recueillis par Julia Tissier


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